31/3/2006 Lost, saison 2 : le contrat social à l'épreuve
L’utopie du projet collectif, tel est l’enjeu de Lost, affirmé avec plus de précision encore dans la saison 2.
La série, qui prêtait jusqu’à maintenant le flanc aux critiques les plus sévères, au motif de ses effets de manche scénaristiques et de la résolution sans cesse différée de ses intrigues, énonce une cohérence souveraine, inattendue. Chaque motif entre en résonance dans un dispositif où l’arbitraire vacille. Au point que ce singulier objet sériel pècherait même par excès de sur signification. Luxuriante forêt de signes, Lost foisonne de questions, dont la valeur ne tient pas tant dans les réponses que dans leur formulation même.
Dans cette deuxième saison, la question du territoire et de son partage irrigue de bout en bout le scénario. Au fur et à mesure que s’esquissent les contours mystérieux de l’île, qu’une frontière arbitraire est décidée par les Autres, menace maintenant incarnée, la vraie problématique fait jour : comment vivre ensemble ?
S’agréger en communauté, cohabiter : projet sociétal coercitif qui appelle immanquablement un choix politique, dans lequel l’altérité n’est pas irréductible, mais subsiste comme objet de fantasme, de peur ou de désir.
Comment vivre ensemble et a fortiori après un traumatisme ? Ici, un crash aérien et par équivalence le 11 septembre. La série ne cloisonne pas la proposition, bien au contraire. Deux modèles entrent en concurrence, se défient et s’incarnent, à travers les personnages de Locke et Rousseau.
Aurélien Allin, dans le hors série de Mad Movies (Les Séries cultes, mars 2006), en livre une analyse assez pertinente : « Locke le philosophe considérait que l’homme s’agrégeait en groupe car il était naturellement sociable. Dans cette société, les hommes sont libres et égaux et ne peuvent, ni ne doivent être assujettis : l’Etat est un consentement de volontés libres. Toutefois, l’homme doit respecter la loi de la nature, découverte par une révélation d’ordre divine, symbolisée dans la série par le face à face avec le monstre. (…) A bien des égards, la théorie de John Locke, en sublimant les droits individuels, cherche à se prémunir des conséquences du futur système créé par Rousseau. Car pour ce dernier, les hommes doivent, dans le contrat social, abdiquer leurs droits à la communauté afin de conserver leur liberté, leur égalité et l’intérêt général. ».
La soumission à l’autorité, son adhésion, garantissait jusqu’alors l’équilibre communautaire dans la série. Mais la saison 2 dépasse les schématismes, au profit d’un déplacement : la contestation de ce pouvoir au sein même du groupe de rescapés.
Glissement captivant : le "même" devient un "autre". Sawyer, l’anarchiste, aidé de Charlie, le rebelle, s’inscrivent en rupture avec l’ordre établi et organisent un putsch, tandis que John Locke compose de plus en plus difficilement avec le commandement de Jack, lequel s’apprête à lever une armée. Rousseau, isolée, observe de loin une communauté qui se débat pour échapper à la tentation du totalitarisme, son propre système, un monstre tapi prêt à bondir de la jungle.
Ce que Lost donne à voir, c’est, ni plus, ni moins, la naissance d’une nation, jusque dans sa dimension cosmologique et mythologique. Une civilisation émerge ex nihilo et s’interroge sur les conditions de sa pérennisation, face à la précarité d’un territoire et à la fragilité des hommes qui l’occupent.
Photogramme : Matthew Fox (Jack) dans la saison 2 de Lost, épisode 1.




Commentaires
- "Ben oui mon gars, c'est toujours mieux que le contraire..."
- ...
Mais peut-être que mourir ensemble est plus facile que de vivre ensemble ! Je brise là, on va m'accuser d'appartenir à une secte et de faire l'éloge de l'apocalypse, après celui de la copie.
Que fais-tu à 2h37 devant l'écran, Frédéric ?! (moi, on ne pose même plus la question).
C'est très efficace pour juger de la qualité d'un film ou d'un spectacle... si ce n'est pas assez bon, je m'endors...
(discrètement bien sür...)
Sinon, je ne connais pas LOST...
(mais ne va pas me prendre pour le crétin des Alpes... je sais ce que c'est quand même... c'est juste que je ne l'ai jamais vu...)
Depuis quand une série avait-elle à ce point rassemblé cinéphiles exigeants, internautes compulsifs et "nerds" de tous pays, téléspectateurs lambda de TF1 sur trois générations, amateurs de robinsonnades, et sociologues et philosophes de tout poil qui tentent de décrypter le phénomène?
C'est pour moi le seul et véritable mystère de cette série...
Et par ailleurs y aurait-il quelque part, perdue dans le concert de louanges, une voix pour faire entendre son peu de goût pour la série?
Je reprends dans l'ordre.
Exitoption,
Le billet vous répond déjà partiellement. Sur le maintien du lien social, j'émets des réserves, de pures spéculations, en même temps car je n'en suis qu'à l'épisode 17. Mais effectivement, l'équilibre est fragile, qui passe par l'adhésion à une autorité de plus en plus contestée et une croyance inaltérable. Ce qui me laisse supposer un renversement, déjà en germe.
Frédéric,
Je crois qu'il est en train de se passer quelque chose entre nous.
Yoan,
Les détracteurs de la série ne manquent pas et j'en fus. Ce billet intègre d'ailleurs mes propres réticences, lesquelles s'estompent au fur et à mesure du visionnage de la saison 2. On peut ne pas aimer mais admettre au moins la capacité de la série à instiller un vrai climat de peur et de paranoïa, en plus d'interroger le politique.
Seby,
Je ne saurais vous contredire et ma rubrique "série" en atteste. Mais j'avoue ne pas connaître tous les titres que vous mentionnez. Vais y regarder de plus près.
Simon,
J'aurais du l'annoncer sur mon blog car JL Costes m'en avait informée. Je n'en ai pas eu le temps. As-tu regardé ? Je suis arrivée juste à temps pour voir ses mains trembler. C'était beau et touchant. Evidemment, on a très peu parlé du livre mais rien d'étonnant, le format de l'émission veut ça malheureusement. "Tout le monde en parle" est un vrai rouleau compresseur et je trouve qu'il s'en est bien sorti.
Quant à ce coup d'avance, ce n'est pas la 1ère fois, n'est-ce pas ? :-)
avoir hâte, saison 2
rejoindre seby sur l'expérience de la série télévisée, envier ceux qui avancent à pas de loups dans les diffusions, m'obliger seul à ne pas aller trop vite, savourer (et votre 'temps pax' dynamique me file la pêche de bon matin, merci)
lh.
Seby> pas sûr que la comparaison vaille la peine, à moins de vouloir déplacer sur la scène télé ce débat un peu surfait qui oppose, ailleurs, néo-classicisme et post-modernisme (pour ce que valent ces catégories). Deux sphères inconciliables et je crois qu’aucune ne peut se prévaloir de qualités intrinsèques. Selon des conceptions classiques, des séries comme Deadwood ou The Wire sont effectivement plus riches que Lost, mais cette dernière a pour elle l'avantage de la rupture, de la mise en abîme théorique, de sa pauvreté même qui en fait cet objet un peu conceptuel, sur-signifiant et infiniment malléable, susceptible d'être mobilisé par un public aussi hétérogène.
En saison 2, on bascule du PARTIR au RESTER, qui devient la dominante. Et rester amène à trouver un enracinement, une mythologie collective ("les Autres" en est un morceau) d'instituer et de légitimer quelqe chose qui va plus loin que la collaboration des individus : une société.
Donc on voit autrement. Comment cette société s'institue elle-même ? Quelle est la part des présupposés qui appartiennent aux scénaristes ? Parce qu'il y a cela aussi. D'in point de vuie "épistémologique", la série est comme une expérience en laboratoire, elle est du in vitro et pas du in vivo. Il y a donc 2 niveaux d'observation : comment ça se construt, et comment ça se fait construire. Pas de ex nihilo, et pas seulement parce que l'on peut dire que les personnages arrivent sur l'île avec leur backgrounf social ; mais aussi parce qu'ils arrivent avec le background de leurs créateurs.
Tenez, à cet égard, je me demande si la série ira jusqu'à aborder le thème de la religion : ce thème entre en corrélation directe avec celui de la création.
ah, et puis autre chose que je voulais dire : il y a un truc frappant dans Lost, c'est la force de la chose racontée, qi aspire le regard et force vers l'épisode suivant. "Je vois un épisode, j'ai besoin de voir le suivant parce qu'il faut que je sache ce qui arrive à untel, ce que va faire unetelle"... comme pour un "page turner", davantage qu'un suspense : une abduction du regard du spectateur. On est pris dedans, comme eux sont pris dans l'île. Les "défauts" vont jusqu'à servir la narration, pas de "barrière esthétique" (mais je ne dis pas qu'il n'y a pas de choix esthétique de Lost, ok ?).
Vous avez raison tous deux à propos de ce "ex nihilo", somme toute inadéquat.
Pertinente également la question de la religion. Pour l'instant, les personnages sacrifient au "magique", se débattent dans la mystique.
Locke a regardé le monstre dans les yeux : contrecahmp invisible dont on diffère le dévoilement, autrement dit la "révélation" au sens religieux du terme.
A noter tout de même la présence de Eko, le prêtre ambivalent, investi progressivement de sa mission et les références explicites de la Bible (le 23è psaume, Claire, la vierge à l'enfant, les différents miracles fondés sur la croyance etc..).
Socle de toute société, ses différentes instances :
- la santé (Jack)
- la Loi (Ana Lucia, l'ex flic)
- la force militaire (le projet d'une armée constituée par les rescapés)
- la religion (Eko, le prêtre)
- l'inconscient (la psy)
- l'économie (Sawyer et son système de troc)
- la Justice (l'île)
Concernant cette question du totalitarisme, Exitoption évoque (à raiosn encore) Hobbes, mais le système de Rousseau me paraît totalitaire à bien des égards, sur l'aspect de la soumission à l'autorité notamment (mais je n'aime pas beaucoup Rousseau).
Au-delà des théoriciens du contrat social, c'est aussi toute l'imagerie des pionniers qui est mobilisée, de ces puritains fuyant une Angleterre intransigeante (il faut dire que j'ai eu la bonne idée de rattrapper mon retard dans la série le jour où je suis allé voir le dernier Malick).
Ce qui est intéressant, c'est précisément que ce nouveau monde connaît d'emblée un semblant de différenciation institutionnelle, il en reprend la morphologie mais de façon un peu surjouée, pas vraiment sérieuse (Sawyer et son "il y a un nouveau Sheriff en ville").
Expérience in vitro comme le dit très justement writ - et je partage également totalement son sentiment quant à la nature assez singulière du suspense devenu ressort mécanique. L'île elle-même semble être la scène d'une représentation, avec ses coulisses, ses figurants, ses costumes (la barbe postiche portée par l'un des autres), qui renforce ce caractère artificiel, l'idée de double-fond.
Est-ce seulement parce que la (re)fondation d'une communauté passe par un "rejeu" de l'histoire ? Je n'en suis pas sûr, j'ai l'impression qu'autre chose se dessine, sans parvenir vraiment encore à le saisir.
Dans « Twin Peaks », on comprenait rapidement que le vrai sujet n’était pas l’enquête policière mais la description de la ville et de ses habitants, et si j’ai accroché c’est bien par ce côté soap de la série. Dans le premier « 24 », il y avait une vraie tension, liée pour une bonne part au concept de base : le déroulement en temps réel, mais surtout parce que la structure ne s’éclatait pas, elle restait linéaire, tout allait dans le même sens comme une autoroute avec ses bretelles d’accès, convergeant vers le final, accélérant même à mesure qu’on s’en rapprochait. Et c’était génial. Beaucoup moins dans les saisons suivantes.
Dans « Lost », c’est différent. Là on est dans la prolifération permanente (accumulation de personnages, d’intrigues, de situations, de références…). « Lost », c’est plutôt l’échangeur américain avec ses raccords à n’en plus finir sur plusieurs niveaux. Il y a quelque chose de monstrueux dans la série et, à ce titre, je comprends que cela puisse fasciner. Sauf que l’hypertrophie fictionnelle finit par tout dévorer sur son passage, à commencer par la mise en scène. « Lost 2 » changera-t-il cette impression ? A vous lire, j’en doute un peu…
PS. Sandrine, NOOON, Rousseau n’est pas facho !!! Et puis quoi, encore…
Mes hommages de la nuit...
S’agréger en communauté, cohabiter : projet sociétal coercitif qui appelle immanquablement un choix politique, dans lequel l’altérité n’est pas irréductible, mais subsiste comme objet de fantasme, de peur ou de désir.
vous voulez dire, à l'intérieur d'un choix politique, "plutôt que d'être vécue comme irréductible, dans son irréductibilité, la communauté est vécue comme objet de fantasme, peur ou désir"?
est-ce que vous voulez dire que c'est le projet politique qui nie l'irréductibilité (pfuit) de l'autre?
pour vous, l'altérité, elle l'est, ou non, irréductible?
vous dites "projet sociétal coercitif" : est-ce que vous voulez dire que, pour vous, un projet de communauté, c'est coercitif?
sinon, lost, connais pas
S’agréger en communauté, cohabiter : projet sociétal coercitif qui appelle immanquablement un choix politique, dans lequel l’altérité n’est pas irréductible, mais subsiste comme objet de fantasme, de peur ou de désir.
vous voulez dire, à l'intérieur d'un choix politique, "plutôt que d'être vécue comme irréductible, dans son irréductibilité, la communauté est vécue comme objet de fantasme, peur ou désir"?
est-ce que vous voulez dire que c'est le projet politique qui nie l'irréductibilité (pfuit) de l'autre?
pour vous, l'altérité, elle l'est, ou non, irréductible?
vous dites "projet sociétal coercitif" : est-ce que vous voulez dire que, pour vous, un projet de communauté, c'est coercitif?
sinon, lost, connais pas
Natacha, vous pouvez répéter ?
"Ne faisiez qu'un", chéri ! Quand on propose un projet de gouvernement, on se doit de parler correctement la langue de Voltaire !
Mais néanmoins, cher Tlön, je partage la même intuition que toi. Orphée/Slothorp s'ingénient à m'endormir, si je puis dire...
Writ, Exitoption,
Impression d'un décor à double fond également où seules les coulisses nous seraient accessibles. Appréhension du "twist" grossier, du chausse trappe fictionnel. Tant, que je rejoins Writ sur le caractère d'inachèvement de ce produit sériel. Lost est une série qui ne peut pas finir, contrairement à 6 Feet Under, laquelle a su entrevoir son terme et l'entériner.
Orphée,
Pertinent recours métaphorique. Je ne saurais effectivement vous détromper quant à la saison 2, puisque le dispositif se maintient, dans sa posture élusive et accumulative, à cette restriction que les motifs s'emboîtent et que des correspondances se tissent peu à peu.
Réseau dense, mais qui a l'intelligence de sa spécularité.
Frédéric,
Cesse de nier, voyons ! Nos RDV nocturnes... L'écran ou le lit de nos insomnies communes ou du sommeil volontairement empêché. Pourquoi mettre en doute cette belle histoire qui s'ouvre à nous ?
Natacha,
Ce n'est pas la communauté qui est vécue comme objet de peur, de désir ou de fantasme, mais bien l'individu - l'autre - au sein même parfois de cette communauté.
Je ne dis pas que c'est le projet politique qui nie l'altérité, mais qui détermine, au contraire, la posture vis à vis d'autrui. Choisir de vivre ensemble implique de prendre en compte autrui dans un rapport égalitaire, ou pas, du moins de manifester, à son égard, une forme de tolérance, d'être mû par une même dynamique : faire société, de se référer à l'autorité (l'Etat, la Loi), à laquelle on choisit de se soumettre ou pas.
En cela, il y a coercition. On ne vit pas ensemble par choix, mais parce qu'on n'a pas le choix, à moins d'opter pour la voie extrême (la désocialisation) ou la voie médiane (l'individualisme).
Il ya dans ce "vivre ensemble", une vraie injonction qui m'interroge.
Slothorp,
Ah, mais suis-je bête : je t'ai déjà répondu plus haut !
Cela dit je ne suis pas Slothorp, comme je ne suis pas Damien, Alex ou Ludo (qui encore ?). Je ne suis pas Morphée, non plus. Je ne cherche à endormir personne et n’ai pas le don de la métamorphose. Le pire (ou le plus drôle, c’est selon), c’est que je m’appelle vraiment Orphée (du moins en français)…
Sinon, sur « Lost » je n’insisterai pas. J’attends pour juger sur pièces (mais attendrai-je jusqu’au bout ? that is the question…)
Enfin, puisqu’il était question de Rousseau, qui reste aujourd’hui encore victime de nombreux malentendus, j’en profite pour rappeler la sortie le 19 avril du premier film d’Axelle Ropert, « Etoile violette », un petit bijou d’intelligence et de délicatesse. Que les amoureux du film fassent passer le message : il faut absolument aller le voir, et sans tarder. Détracteurs s’abstenir.
Certes, je n'arrive pas à vous confondre, mais je guette votre chute. A l'instar du héros mythologique que vous incarnez, le volte-face vous sera fatal !
Je compte bien aller voir L'Etoile violette d'Axelle Ropert. Mais il me semblait que le film était assez critique, à l'endroit de Rousseau. Qu'en est-il exactement ?
Prenez garde : dans votre enthousiasme, vous devenez aussi extrémiste que... Rousseau ?
Sinon, chère Sandrine, dites-moi ce que je dois faire pour ne plus vous échauffer les oreilles ? A part me taire, ou renaître sous un pseudo, je ne vois pas…
cependant que je crains que la foi en l’égalitarisme n’engendre bien des totalitarismes, qui tend à araser les différences, se fonde sur leur dénégation.
quand les avancées scientifiques nous ont dévoilés égaux, en tant qu’objets scientifiques - autant d’ego répondant aux même lois scientifiques-, il a fallu qu’elle nie, et nous entraîne dans son déni, tout ce qui fait les particularités de chacun et à quoi s’intéressaient les religions : le désir et la jouissance, des individus la position sexuée. et elle est même arrivée à nous faire croire les mêmes comme homme ou comme femme, à un nombre X de gamètes près. l’égalitarisme va s’avérer nouvelle source de totalitarisme dans la mesure où il ne sait faire que dans le directement comptable, dans l’identificatoire : d’où la résurgence des religions.
puisque le « vivre ensemble » est impossible parce qu’il n’est aucun universel qui puisse le régler, la position éthique, politique donc, renvoie donc à chacun la responsabilité de son rapport à l’autre,
respectueusement cordialement etc
Le projet collectif est coercitif en ce qu'il relève, la plupart du temps, de la volonté de technocrates, lesquels institutionnalisent le "mélange", prouvant, par là même que le "vivre ensemble" ne s'inscrit pas dans un ordre naturel des choses. Les histoires de "discrimination positive" en apportent la triste illustration.