10/10/2005 L'Amérique du pauvre
Bonjour,
Ce texte a déménagé ! Vous pouvez désormais le lire à cette adresse.
A bientôt sur Contrechamp Media
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Commentaires
L'amour vache.
Le vernis qui craque.
La dépression maniaque.
Tout un programme...
Il y a des similitudes avec le visage de Nicole...
Et l'image de ma soircière n'est pas très loin de la ménagère désespéréee.
Mais ne vais-je pas trop vite une fois encore ?? :-)
Bien vu !
Damien,
Las ?! Tu n'as rien vu à Wisteria Lane !
Phil,
Télépathe !
A tous,
Le texte est prêt depuis hier soir mais je n'ai pas trouvé une minute pour sa mise en ligne. J'y remédie après ma 3è réunion du jour.
Et toi victime de la réunionite aiguë ? :-)
Si bien qu'en dynamitant le cliché de la famille (monoparentale incluse avec la mère célibataire), elle en utilise d'autres pour ne pas froisser trop l'audience WASP.
Ca n'a aucun sens aujourd'hui, me semble-t-il, de se revendiquer "téléphobe" quand on se dit cinéphile.
Je crois avoir démontré suffisamment, au fil des billets, l'importance du medium, en tant que laboratoire des formes, son ancrage dans un contemporain que peine à prendre en charge le cinéma.
Ce qui est curieux, c'est que ça n'a jamais suscité un début de réflexion chez toi. Quel hermétisme !
Je ne suis pas amoureuse de ma télévision mais des séries. Je ne crache pour autant pas sur la trash TV qui a certainement des choses à nous enseigner, au plan socio-culturel. Sur le plan esthétique, on connait mes réserves.
Enfin, et désolée, je suis obligée de convoquer la biographie : tu regardais Urgences à la TV avant même que je m'y mette... Amnésie temporaire ou schizophrénie ? Ils sont peu nombreux les vrais téléphobes.
Samy Z (myasz),
Ce que vous dites est faux. Gabrielle Solis, la belle latino, n'est pas la seule à cocufier son époux.
Mezzie Gibbons, pur produit WASP, parfaitement intégrée dans la société, se prostitue, comme je l'écris dans la note,
Elle couche avec une partie de la communauté masculine, au nez et à la barbe de son mari. Le personnage est d'ailleurs passionnant puisque dépositaire de tout le refoulé communautaire. D'ailleurs, le mari de Bree Van de Kamp est son plus fidèle client. Il n'y a pas que les femmes dans la série qui usent du mensonge .. Votre vision est bien négative !
Ceci dit, j'avais un doute sur le positionnement politique de la série. JS s'interrogeait aussi : série du repli ?
Au fil des épisodes (que je découvre comme vous "en direct"), je me rends compte que Desperate Housewives réalise un vrai tour de force : combler effectivement l'audience la plus large, tout en dénonçant (et c'est manifeste) les turpitudes de la classe dominante. Une schizophrénie salutaire.
Et puis, le summum a été atteint avec la petite phrase de Bree Van de Kamp : les pauvres ne nous déçoivent jamais ! On peut compter sur leur dénuement !
Phrase vacharde, tellement cynique, mais qui témoigne d'un état d'esprit bien présent au Etats-Unis.
Effectivement j'eus regardé la télévision, mais puisque tu veux entrer dans le détail biographique, c'était par convenance conjugale et non par désir. Mon désir télévisuel s'est achevé à la fin des années 80, après une surdose à l'adolescence et surtout le choc de la découverte du Cinéma avec Carax, Rochant, Lynch, Godard et tant d'autres...
Donc j'ai suprimé la télévision de ma vie et n'est certainement pas l'intention de la reprendre. Et ceci malgré tes textes, qui sur la télévision m'importe peu pour être franc.
Que j'ai des oeillères quasi stalinienne, c'est fort possible mais ta bonne volonté n'y changera rien. Si cela vous amuse de réflechir sur la télévision, tant mieux pour vous, moi je préfère utiliser mon temps à d'autres choses...
Enfin pour jouer au malin, un de tes films préférés, de G.V.S., parlait déjà, en 1995, de ce qui est évoqué par cette série et de manière tout aussi cruel, tu te souviens forcément de Nicole...
Alors qu'est-ce que peut m'apporter de plus la télé que je n'ai déjà vu au cinéma...
Donc je garde ma cinéphilie (encore que je ne suis même pas sûr de l'être) et te laisse la téléphagie...
Ma cinéphilie se porte bien. Pour ton info personnelle, les chaînes cinéma du câble me permettent de l'alimenter quotidiennement. Je vois des raretés, et si tu me cites Rochant ou Carax comme références, je ne prends pas même la peine de t'entretenir de mes découvertes. Je pourrais néanmoins te répondre Ford, Hawks, Tarkovski, Mann tout en sachant que tu n'y comprends rien comme pour la télévision qui est bien le medium à questionner aujourd'hui.
Les plus cinéphiles des universitaires ou essayistes de cinéma ont mis en évidence les relations esthétiques évidentes entre les cinéma et télévision (cf Jean Mottet), leur hybridation. Ne pas prendre en compte ces rapports, c'est passer à côté de la compréhension des formes actuelles cinématographiques, c'est patauger dans des a priori stériles - les tiens.
Je m'intéresse à l'image sous toutes ses formes et ça m'ennuie, au bout d'un an de blog, de devoir refaire ma profession de foi cinéphilique. Je me suis largement exprimé là-dessus. Impression de vacuité quand l'interlocuteur en face n'arrive pas à aller au-delà de la réaction.
Ce blog accorde aussi la place aux films de patrimoine, aux clips, à la photographie... C'est un festin d'images et je n'ai jamais convié à ma table quelqu'un qui n'apprécierait pas le menu.
PS : quelle mauvaise foi, cette histoire de "convenance conjugale" à propos d'Urgences ! Je ne regarde pas le foot par convenance conjugale !
Suis je hors sujet ?
Moi ce qui me dérange dans la télévision c'est le flux...
Ce qu'il y a de beau dans la salle et par extension la cinéphilie, c'est la démarche volontariste, on sort de chez soi, on sort de soi, pour entrer dans un autre univers, pour se faire chahuter, alors qu'avec le flux télévisuel, on reste chez soi, on est passif, il contamine notre intimité, sans qu'on ne lui ait rien demandé.
Je suis désolé, mais je le vois comme une pollution. C'est d'ailleurs bien la fonction qu'il a chez beaucoup, puisqu'il sert de bruit de fond à beaucoup de foyers, comme la musique dans les supermarchés.
Mon menu, je le préfère sur grand écran et Hawks, Ford ou Tarkovski, on a la chance de pouvoir les voir à Paris, alors pourquoi se restreindre à un écran cathodique...
Quand à ton blog, j'en ai bien compris la démarche, (pas besoin de me le renvoyer à la figure à chaque fois), et si je continue à le lire, ce n'est sans doute pas pour rien (et certainement pas pour envoyer des piques, je ne suis pas Docteur No), je faisais juste une glissée entre télépathe et téléphobe, plus pour plaisanter autour de allitération, je me suis planté, soit...
Merci de laisser ma vie personnelle hors de cela la prochaine fois, où alors on en parle hors blog car je suppose que les autres n'y comprennent rien... :-)
Encore hors sujet ?
CineCinemas et TSPcinema, sont des très bons bouquets (un choix de ouf mais c'est peu être là qu'est problème).
Ces chaines du cable/sat, sont élitistes (au niveau de l'abonnement), et la télévision est un medium populaire dénué de tout prestige (et souvent d'élégance).
A l'inverse le cinéma a ce quelquechose d'à la fois prestigieux mais aussi populaire (par son accessibilité (tarifs réduits, une multitude de cartes d'abonnements, salles associatives etc.).
Le problème que je relève sur ce blog mais je me répète, c'est le côté donneur de leçon sur le cinéma (et l'image dans une plus grande mesure).
Parceque sa rédactrice lit des livres ou écoute des personnes influentes sur le plan culturel, elle relaie et impose leur discours dans son blog.
Si bien qu'à la fin, le forum du dit blog ressemble plus trop à un forum, mais à un espace d'auto-congratulation et de monologue pas très marrant.
Phil, elle manque d'amour cette petite, reviens!!!
Hé ! une amorce de débat ici !
Moland und Tlön,
Tlön n'est absolument pas hors sujet. Le personnage de Marcia Cross dans Melrose Place (médecin et schizophrène) est aussi flippant que celui qu'elle incarne dans Desperate Housewives. D'ailleurs, c'est sur la base de ce personnage qu'elle s'est vue confier le rôle de Bree. Quant à Sirk, la référence s'impose tout particulièrement avec All That Heaven Allows. L'héroïne se voit offrir une télévision, ce qui signe son renoncement au monde. Mais pensais-tu à cela, Tlön ou à l'oeuvre de Sirk en général ? (je te rejoins).
Phil,
Je n'ai jamais rameuté ta vie privée. C'est toi qui a parlé de conjugalité quand je te signalais simplement que tu regardais Urgences, série dont nous avions parlé ensemble. Je pense n'avoir commis aucun crime de lèse-majesté. Tu t'y es mis tout seul ! :-)
Sinon, ce que tu dis sur le "flux" et le "bruit de fond" est très juste. D'ailleurs, le soap, dans sa forme, intègre cette vacance, ces moments où la ménagère vaque à ses occupations et ne regarde le poste que d'un oeil. C'est assez passionnant.
myasz,
Malgré vous, vous me faites un beau compliment. Si je donne des leçons, c'est que j'ai quelque chose à transmettre. Quant à mon manque d'humour supposé, je vous laisse à vos spéculations....
La banlieue américaine, telle que je la nomme, est à envisager dans l'acception la plus large, sans connotation aucune ou sans se référer à notre équivalent français bien sûr.
Je vous rejoins sur cette idée d'enclave, topos tant au cinéma, qu'à la télévision ou dans la littérature. Je lisais un reportage sur la nouvelle topographie américaine : le développement de villes qui fonctionnent de manière autarcique (tous les services sont intégrés à l'espace de vie), en marge des grandes villes où règne l'insécurité. De plus en plus d'américains optent pour ce modèle de vie, en réaction à la délinquance, se constituent en ilôts humains.
Je voulais dire..... (hum) "quant à mon manque d'amour supposé, je vous laisse à vos spéculations".
Euh....
Si bien qu'à la fin, le forum du dit blog ressemble plus trop à un forum, mais à un espace d'auto-congratulation et de monologue pas très marrant.
Quant au forum, vous pouvez critiquer, il n'y en a même pas sur votre blog.
Et encore mieux, quand vous parlez de monologue pas très marrant, vous parlez pour vous ? Parce que lorsque je lis "L'Homme est un loup-garou...pour l'Homme", moi, au contraire, j'ai plutôt envie de rire. On a l'impression de se retrouver face à un poème du métro parisien.
Allez, comme dirait encore certains, je vous autorise à élever votre esprit devant le visionnage de "Pokémon 2 - Le pouvoir est en toi" ou "Trouble jeu". Attention, dans ce dernier, il y a un twist. Du grand cinéma !
(ouch ! Je sens que la maîtresse de maison va censurer tout ça...)
Non, et vu l'entetement irrationnel de Phil a considerer qu'un ecran de television ne peut pas diffuser d'image, il n'y a pas lieu.
A propos de lieu, quand meme, Sandrine, jDocteur No trouve l'analyse géographique que vous proposez de cette serie, qui comme toute serie a besoin de quelques episodes pour enrichir ses personnages, devenant ainsi reellement productive en termes de conflit (sésame convoité par tout créateur de série) comme Desperate Housewives commence a l'etre, Docteur No trouve cette analyse, donc, d'autant plus interessante qu'elle incite a revoir d'autres series sous cet angle (Six Feet Under, par exemple). C'est bien une lecture ideologique que vous proposez la, celle de la lutte des classes ramenée a la question du territoire. A ce propos, j'ai le souvenir que dans l'épisode que vous invoquez pour appuyer votre idée, la voiture du fils de Bree n'est pas seulement abandonnée dans un quartier défavorisé, mais aussi et surtout en ville, territoire du vice et du danger, de meme que l'endroit ou les hommes gagnent l'argent qui conduit les desperate housewives a etre ce qu'elles sont.
En fait, je souhaitais, quand j'ai écrit cette note, qu'on batte en brèche mon argumentaire sur la question du repli.
J'ai eu, à ce sujet, une intéressante conversation téléphonique avec Esther aujourd'hui, qui me conteste intelligemment certains points. Les voici :
- Sur la naissance de la télévision et de la banlieue aux Etats-Unis. 20è siècle certes, mais après-guerre plus précisément. En France, la TV n'en prend acte que très tard.
- sur la critique sociale. Esther ne voit guère cet aspect dans Despertae Housewives et se demande même si la TV est apte à produire ce type de discours. Question qui mérite vraiment d'être réfléchie, peut-être à l'aune d'un Pierre Carle... Il est vrai qu'il n'y a plus d'espaces de contestation à la TV (cf les émissions de cinéma, plus prescriptives que critiques).
Une série politiquement incorrecte est vouée à rester dans les cartons, selon elle. Je lui ai rétorqué NYPD ou The Shield, mais pour elle, la police n'est pas remise en cause.
- sur l'idéologie et la lutte des classes. Pour Esther, cela relève plus d'un constat que d'une vraie critique sociétale. Il s'agit d'un enregistrement d'un certain climat politique. Elle me disait que la série s'adressait avant tout à la frange de population mise en scène. Pour elle, on s'attache, à travers la description des pulsions (instincts meurtriers, sexuels) à rendre ces personnages humains.
Pas faux. L'identification passe d'ailleurs par là. Mais, il m'apparaît évident que la série est démocrate.
- sur les pauvres et l'épisode que je décris. On ne les convoque, selon elle, que quand on en a besoin, la série se circonscrivant à son territoire initial.
Voilà ce sur quoi, on peut peut-être repartir, au-delà des réglements de compte personnels.
Phil,
On avait parlé de l'épisode où ce benêt de Mark Green court après le train qui emmène Susan Lewis, son grand amour. Du mélo de la plus belle eau.
Ca va faire de la pub pour mes blogs;
Hihi.
C'est comme lorque l'on parle de Jean-Marie Le Pen, même avec un discours en sa défaveur , ça lui augmente la diffusion de ses propos.
DrNo: le centre-ville ricain, le "downtown" est surtout le creuset de la pauvreté car délaissé par les riches. Je ne parle evidemment des premières grandes villes: Boston, NYC ou LA.
Je reste sur mes positions, le site de morlan est assez laid, je pense surtout à la couleur et à la typo utilisées, mais c'est tout à fait subjectif.
quant à mes photos, elles sont prisent avec un téléphonne portable : je ne suis pas Bresson ou Avedon, mais un photographe de comptoir, comme se plaît à me catégorisé morlan.
métro, comptoir, des termes populaires et chèrs à morlan...racisme social en filigrane .
Tout comme la séléction très peu objective de certains de mes billets : pokémon est un des héros de mon petit frère qui a...9 ans.
mes monologues ne sont pas sur un forum, car je ne peux pas en mettre : espace discursif et interactif.
Ca manque d'honnêté tout ça.
Mais vous avez raison, revenons à ce qui "nous" interrese, c'est-à-dire VOUS.
- La place donnée aux pauvres dans "Desperate" sert de fait à la fiction, objectivée par conséquent. Elle n'est pas un sujet. Parce qu'elle ne peut l'être : la série en prend acte, politique par la bande, le constat ironique (suspense de pacotille, lorque Bree et son mari attendent dans la voiture le forfait qui ne manque pas de s'accomplir sous leurs yeux). La pauvreté n'a pas droit de cité, mais (cynisme évident de Bree) elle "brille" par son absence : dans l'épisode en question, on peut dire qu'elle fait "retour" : "Desperate Housewives", c'est avant tout une série du refoulé. La pauvreté aussi bien, au diapason des tares tour à tour révélées.
- Série démocrate of course. Mais, of course aussi bien (JS), son questionnement idologique dépasse la question de son appartenance politique à telle ou telle obédience. Génie du cinéma comme des séries US : le politique est d'abord affaire de genre, et par là de contrebande (cf. Scorsese)
- Pour finir, ne pas confondre TV comme médium (= flux, vieux serpent de mer) et réceptacle (si je regarde "Desperate" en DVD, est-ce que je regarde pour autant la télévision ? hein ?)
- La TV est une industrie (ouh, la vilaine !). Ben ... Le cinéma aussi.
Le politique, affaire de genre effectivement et de territoire. D'accord avec toi sur la pauvreté comme refoulé.
Quant à l'idéologie, il m'importait de démêler tout de même cette affaire. Dans Desperate, il y a une réelle ambiguité mais qui n'atteindra jamais le même niveau que 24, comble de l'ambivalence politique.
(si certains s'inquiètent de la disparition de leurs commentaires, sachez qu'il n'y a pas lieu : je les ai effacés. Marre des combats de coqs).
DH n'est-elle pas à ce titre une série de l'objectivation radicale (pour reprendre le terme de Sébastien) ? Elle ne se contente pas d'épouser l'imaginaire de ses personnages, mais en fait son propre dispositif, le transforme en un système d'enjeux formels - l'objective donc à son tour - et exclut dès lors toute forme de commentaire et d'extériorité. D'où la fonction démiurgique (à différents égards) de la narratrice. Finalement, en dépit des références manifestes à Lynch ou Burton première manière, c'est peut-être, dans l'esprit, de Verhoeven que la série tiendrait le plus.
Et encore pour la CIA et le FBI, c'est évidemment pour de mauvaises raisons, protéger les intérêts de l'Etat, des coups tordus pour éviter la propagation à ces frontières des révolutions bolcheviques (voir les nombreux coups d'état en Amérique du Sud), et les actions militaires ne sont motivées que pour favoriser les intérêts de l'Etat (pétrole en Irak, terrorisme en Afghanistan...).
On attendrait de les voir intervenir en Côte d'Ivoire, au Darfour ou ailleurs sans arrière pensées mercantiles ou protectionnistes...
Donc je ne crois pas qu'il y ait un repli de l'Amérique, puisqu'elle ne s'est jamais dépliée. Et ne me donnez le 11 septembre comme justification, je vais vous exposer un exemple qui m'est revenu hier soir, qui prouve le côté réactionnaire de la défense de cette frontière : Maman, j'ai raté l'avion (Home alone en V.O. c'est encore plus significatif), je vous rappelle le message du film qui date quand même de 1990, donc bien avant l'ennemi intérieur d'Oklahoma City et du 11/9/01, était de dire que lorsqu'on abandonne la maison (pour partir chez ces macaques de Français, déjà la stigmatisation), eh bien les méchants cambrioleurs (qui n'ont rien de gentlemen, ils sont d'ailleurs proche physiquement et vestimentairement des homeless ou des arabes) en profitent pour prendre possession du home sweet home. Donc la conclusion c'est qu'il ne vaut mieux pas abandonner le foyer et sa progéniture. Là aussi, il y a un doux message, un petit américain blond arrive seul à se débarrasser des méchants, la bonne propagande individualiste…
Je me demande d'ailleurs si l'individualisme forcené qui court aujourd'hui dans nos sociétés n'est pas hérité du modèle américain qui défend coûte que coûte ses frontières et par simplification son foyer, sa vie privée, au mépris du reste du monde.
Enfin pour revenir sur l'expression "home sweet home", la douceur est enchassée par le foyer, comme une frontière (la seule mythologie de l'histoire américaine), une muraille, le dernier retranchement pour son individuelle tranquilité.
Donc les séries américaines ne témoignent de rien, Rio Bravo et tant d'autres diffusaient ce doux message avant l'entrée des télévisions dans les fameux home sweet home…
J'espère que tout cela n'est pas trop confus, car j'ai essayé de rassembler mes pensées d'hier soir, mais le sommeil a peut-être entre-temps dilué mon argumentaire…
Ensuite, ce n'est pas un repli subordonné à une logique d'intérêt mais un repli symbolique : enfermement dans un imaginaire fondateur.
Enfin, ce n'est pas un repli volontaire mais un repli subi, relatif à l'inéluctable circularité de la production mythologique qui institue le lieu commun, devenu lieu insulaire (Lost, encore une fois).
Mais je ne vois pas en quoi cette "insularité" serait subie puisque c'est quand même la société américaine qui a choisi de s'isoler et de se protéger (toujours plus) derrière un protectionnisme radical. D'autant que les Etats Unis ne sont pas une île, me tromperais-je ? A moins que vous fassiez allusion à l'héritage irlandais, britanique ou scicilien des WASP.
Mais je ne vois pas en quoi cette "insularité" serait subie puisque c'est quand même la société américaine qui a choisi de s'isoler et de se protéger (toujours plus) derrière un protectionnisme radical. D'autant que les Etats Unis ne sont pas une île, me tromperais-je ? A moins que vous fassiez allusion à l'héritage irlandais, britanique ou scicilien des WASP.
Pour faire de l'info, vous avez vu sur libé.fr, bientôt votre série sera téléchargeable et visible sur un iPod, trop cool, au boulot, entre deux réunions, Miss S. regardera Desperate Housewives... :-)
La ménagère sera téléporté au boulot, ça va en faire des belles réflexions pour tous les analystes des images et de leur réception.
Maintenant, quel est l'intérêt de cette série ? La virtuosité dont elle fait preuve, tout d'abord : sa capacité à faire de l'idéologique un dispositif formel, à le désubstantialiser en quelque sorte - procédure de nature à renouveler le rapport au politique. Comme Alias (mais en moins poussé) sa faculté également à ingérer, digérer, recycler, détourner, féconder, combiner des imaginaires hétérogènes, propres, le plus souvent, au cinéma. Tandis qu'Alias développait un art (surréaliste) de la vitesse, de l'enchaînement et du contraste (principe du zapping), il y a davantage dans DH une ambition synthétique, qui fonctionne sur le mode de la dilution, de l'interpénétration et de la mise en équivalence. En résulte une fluidité qui est l'essentiel de ce à quoi travaille la série, là encore en totale cohérence avec son médium (ou réceptacle).
Je peux vous citer des dizaines de telefilms meilleurs que tous les films sortis en salles cette année (Rosselini, Renoir, Spielberg, Antonioni...).
Voila. Ce n'était qu'une parenthèse dans votre petit blabla, pour dire que vous vous trompez, Phil, votre élitisme vous trompe. Gravement. L'art ne vous attendra pas pour prendre d'autres formes.
Je suis amusé par vos exemples Rosselini, Renoir... des grands cinéastes...
Je suis conscient qu'il y a de belles choses à la télévision mais comme dans d'autres arts et on ne peut s'intéresser à tout donc j'ai des choix.
Je n'ai pas la prétention de penser que l'art m'attente, je ne suis même pas artiste, alors...
Mais mon plaisir je le prend en salle c'est tout.
Mais effectivement cette année, il n'y pas eu grand chose de passionnant sur les écrans, je dirais même que cela fait plusieurs années que cela dure...
je ne comprends pas Esther quand elle parle de NYPD ou The Shield : l'objet de ces séries n'est pas la "remise en cause" de la police; remise en cause de quoi d'ailleurs? il me semble que ces séries sont au contraire très honnêtes dans leur description, c'est cela qui importe...le problème c'est qu'on cherche à tout prix du discours, lisible, identifiable, dans le sens où il faudrait que la série discours "idéologiquement" sur son sujet, que sa critique sociale soit idéologique...mais ce qui est beau dans DH précisément, c'est qu'il n'y a pas des problèmes d'idéologie, il n'y a que des problèmes de conscience; qu'une idéologie se dégage de cet ensemble, ensuite, est largement secondaire...
Ne pas oublier non plus qu'il s'agit d'une comédie, et qu'elle ne peut êttre l'équivalent de, par exemple, "La fièvre dans le sang" (si on s'en tient à une critique de la famille comme cellule de base)...De toute façon ça ne pourrait pas être le cas, parce qu'une série a besoin de durée, et donc de faire perdurer ses personnages, pas de faire éclater au bout de quelques épisodes les structures qu'elle a habilement tissées...la critique sociale y prends donc d'autres chemins...que la critique s'immisce dans une émission "mainstream" et wasp est plutôt encourageant, plutôt sain pour une démocratie...en France on ne peut pas en dire autant...
(et puis, aux pourfendeurs de DH : pourquoi demande t'on à cette série ce qu'on ne demande pas aux Sopranos?)
rph,
Merci de vos belles contributions. A noter que le déplacement de la frontière occupe largement le cinéma américain contemporain. On retrouve le motif dans pas moins de 3 films récents : Don't come knocking de Wenders, Les Trois Enterrements (...) de Tommy Lee Jones et History of Violence de Cronenberg, avec le western qui fait retour. Bonne intuition en effet que le rapprochement de l'artère centrale du quartier résidentiel de DH avec la rue centrale du western. Vosu parlez, à juste titre, de re-territorialisation.
JS,
Pas entièrement convaincue. L'idéologie importe d'autant plus dans DH qu'elle écrit jusqu'au territoire, infuse la fiction. Je ne pense pas que ce soient des cas de conscience qui travaillent les personnages mais bien la manière dont ils sont travaillés par l'idéologie. C'est-à-dire, comment ils se situent en rupture avec celle-ci, selon différentes contingences. Je dirais même que parce qu'ils sont dépositaires de cette idéologie, ils basculent dans les travers réprouvés précisément par celle-ci. C'est toute la perversité de la série, son ressort dramatique.