27/9/2004 Pourquoi écrire sur le cinéma ?
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Ce texte a déménagé ! Vous pouvez désormais le lire à cette adresse.
A bientôt sur Contrechamp Media

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Commentaires
Néanmoins, je trouve l'exercice de déconstruction tout autant passionnant en matière de navets. Motiver ses détestations, expliquer en quoi, par exemple, le dernier Lelouch, par son mépris suprême du monde et du spectateur, ne saurait toucher le public, en dépit des stratégies publicitaires douteuses.
Je ne pense pas qu'il faille "taire" donc.
"Voir, en parler, écrire", c'est ainsi que Daney parle de la cinéphilie. Je crois à cette équation magique.
Cela me paraissait une raison suffisante..
Mais tes éclaircissements sont tres utiles.. Il faudrait sans doute poser la question à tous les critiques, et les réponses seraient différentes.
Ce que tu rappelles dans ton commentaire, c'est le travail de mise à l'écart. Non pas que je me méfie de mes émotions. Au contraire, elles font partie intégrante du travail analytique.
C'est vrai que quand j'ai écrit cette note, j'ai eu envie de retourner la question du "pourquoi écrire sur le cinéma ?" à mes petits camarades. Ce que je fais maintenant, en espérant trouver un écho chez eux. Sinon, j'irai les importuner sur leurs blogs respectifs.
On n'est donc rarement livré aux seules images, contrairement à cettes œuvres d'art.
Si vous me voyez pris dans les ornières du faux, je vous autorise à me tirer de là.
Pour l'instant, je suis davantage chagriné par une infection à la lèvre supérieure vraissemblablement due à un staphylocoque assez coriace. Je mets du Mupiderm® 2% dessus depuis tout à l'heure, mais il est encore trop tôt pour en apprécier le résultat. Ça me lance dans tout le côté droit. Comme quoi, c'est risqué d'embrasser une jument sur la bouche : la septisémie n'est jamais loin.
Sinon, je trouve qu'on écrit beaucoup de vérités sur le cinéma, et c'est assez agaçant — je ne dis pas ça pour toi.
J'aime bien cette idée de Oliveira, selon laquelle un film est comme une maison, avec différentes pièces, certaines étant plus ou moins secrètes, plus ou moins inacessibles.
Amen.
La source, encore la source, rien que la source.
Un seul bon mec en ciné : Boussinot.
AHAHAHAHAHAHAHAHAH !
Précisons que nous nous considérons comme "un amateur" n'ayant jamais ecrit de manière prof sur le cinéma; d'autre part n'ayant aucune idée "théorique" sur le cinéma, il nous arrive d'écrire sur des films et non sur le cinéma. Pourquoi?
1) Parce que tout simplement on aime le cinéma (le pourquoi de cet amour nous ne le connaissons pas vraiment...trop compliqué peut être..)
2) Les Goncourt disent quelque part,que face au tableau, aprés un certain temps il arrive que "la peinture se lève". Pour notre part, en raison d'une fréquentation assidue des salles, d'une certaine culture cinématographique, il arrive donc que "le film se lève" Alors on voit. On voit l'utilisation de l'opposition vertical/horizontal dans "Elle et Lui" de Mc Carey. On voit la beauté des changements de plan dans le Pickpocket de Bresson, on fait même la relation avec l'utilisation des portes dans les films de Lubitsch. On est sensible à la manière dont la parole se deploie dans les films de Pagnol ou de Ford. Et la encore on peut établir une relation entre tel plan des "Deux cavaliers" de Ford et tel plan "contemplatif" des Colocataires. Et tous ces effets sont pour nous porteur de sens, sens avec lequel nous sommes en accord ou désaccord.
Bref quand "le film se lève",quand on voit, quand on à l'impression d'avoir compris certaines choses (à tort peut être) cela nous fait plaisir.
3)Et ce plaisir nous voulons le faire partager à d'autres.
En conclusion nous dirons que si il nous arrive d'écrire sur des films, c'est justement pour NE PAS abolir la distance entre nous et le film.
That's all folks. (pas relu, scusez les fautes)
Skot', la jument dont tu parles n'est tout de même pas ta femme quand même ?
Hmmm, ça doit être un truc de la vie conjugale qui m'échappe....
La citation d'Oliveira tu la tiens d'où ? Intéressante. J'aime beaucoup le motif de la maison au cinéma. D'ailleurs, tu me donnes là des idées pour de prochains billets.
Lire sur le cinéma m'a toujours profondément ennuyée jusqu'à très récemment. L'impression que tout avait été déjà écrit. J'abohre par dessus-tout la sémiologie du cinéma ! Je suis sûre qu'à haute dose cette glose indigeste tue.
Boussinot, aux éditions Bordas ? Evidemment, toi , tu vas chercher tes références du côté des libertaires !
Voilà une profession de foi vibrante. J'aime assez cette conception érectile du cinéma ("le film se lève"). Plus sérieusement, quand je parle de mise à l'écart avec les films, c'est dans un contexte bien précis qu'il me faut repréciser. Je disais à Christie, lors de notre conversation, que le travail d'analyse filmique me permettait parfois de dépasser mes limites. Pour un film extrêmement malaisant comme Salo ou Les Damnés de Visconti, l'attirail critique me permet d'aller plus loin que mon dégoût ou mes préventions. De fait, en mettant cette distance, je m'approche aussi, paradoxalement, plus près du film.
J'aime ce que tu écris, ce jeu d'échos et d'analogies, quand tout soudain fait sens et résonne. Oui, c'est exactement cela. Quant au partage, c'est le maître mot, aussi complexe soit le processus de passation.
Bref, tu as de la matière ici pour un beau billet l'ami... See U.
Beaucoup de gens, je l’ai lu quelque part, passent leur vie à chérir les moments inoubliables de leur passé : la découverte du Parthénon à l’aube, la rencontre, une nuit d’été dans Central Park, d’une belle fille solitaire avec laquelle on saura établir des rapports tendres et naturels, pour parler comme les livres. Moi aussi, un soir j’ai rencontré une fille dans Central Park, mais je n’en conserve pas un très grand souvenir. Ce dont je me souviens par contre, c’est du moment où dans La Chevauchée fantastique, John Wayne tue trois personnes avec sa carabine, tout en se jetant sur le sol dans la rue poussiéreuse, et de celui où, dans Le Troisième homme, le petit chat découvre Orson Welles dans l’embrasure d’une porte. Tous ces moments (re)gardés relèvent de la quête. La quête, c’est ce que n’importe lequel n’entre nous entreprendrait s’il n’était pas absorbé par la quotidienneté de sa vie. Ainsi, ce matin, j’ai eu l’impression d’être quelqu’un qui se réveille sur une île inconnue. Et que fait un naufragé ? Bien sûr, il explore les alentours et rien ne lui échappe.
Etre conscient de la possibilité de la quête, c’est être sur la piste. Ne pas être sur la piste, c’est connaître le désespoir.
Les films (les bons) s’occupent de la quête. C’est pourquoi ils suscitent autant la plume et la parole.
Quelqu'un peut-il décrypter l'énigme ci-dessus ?
On n'est donc rarement livré aux seules images. »
Yes. Indeed.
No, mam'zelle, pas sûr qu'ça relève fondamentalement du visuel, si j'puis m'commettre. Much more complexe, la chose, I guess.
Espace and Time, Mémoire, Récit, Mouvement, Son and so on and on and on… Pas pour théoriser, pas pour polémiquer, mais sans rapport à l'écrit of some sort, ça s'appelle de la pub (some not bad), ou du clip (some are good), ou de l'arty contemporain, but, pas du ciné. I got nothing contre ceux-là (quoique), mais c'est juste pas tout à fait idem, le visuel pur et le cinéma (impur). NB : le ciné peut être on (real) tv, sometimes aussi.
Et, mamz'elle, juste, puisque Bresson est de service, lui qui tenait so âprement à dire « cinématographe » comme aux premiers temps, 'faut bien dire ce que ça veut dire : écriture en/du mouvement.
Yes, la graphie (et le théâtre).
Cela écrit (trop) vite. 'Night.
Pour alimenter cette discussion une citation de Kafka : "La salle obscure du cinéma est la lanterne magique de leur jeunesse manquée."
Je souscris totalement au propos de Scanner
Le truc d'Oliveira, c'est dans un bouquin d'entretien (édtions des Cahiers je crois) avec un journaleux du canard. Je l'ai piqué à O.J. qui ne me le réclame pas.
on est vraiment destinés à co-scénariser
Monsieur Scanner,
Toujours un plaisir d'accueillir votre prose atypique (un orthophoniste s'occupe de vous ?), je souscris aussi à votre définition du cinéma : art du temps, du mouvement et art d'aimer, pour citer notre ami Douchet. Je me suis mal faite comprendre sans doute. Le cinéma est une articulation de sons et d'images, of course. Ce que moi je prends en compte lorsque j'écris une analyse, c'est la dimension purement cinématographique de l'oeuvre : en somme, ne pas analyser un film comme un texte. Voilà ce que j'essayais de faire passer auprès de Skoty. Dans son propos, j'y ai perçu cette dérive très commune. Peut-être que je me suis fourvoyée. Auquel cas, mes plus plates excuses.
Willy,
Tu amènes un nouvel élément ici , au travers de la citation de Kafka: "la substitution d'un monde qui s'accorde à mes désirs". Un vaste sujet.
Tlon,
Il t'en reste encore un peu au coin de la bouche...
faut arrêter de fréquenter le dépot..
Peut-on être cinéphile sans ne voir aucun film ?
Je souscris pas mal à Tlon. Sauf que je n'ai pas la culture cinématigraphique suffisante pour bénéficier d'autant de révélations. Mais l'écriture - en tout cas bloguesque - est pas mal un partage pour moi. Amen.
Merci Mister Punky Dandy pour votre amabilité. Du baume au coeur, quand on lit les propos cinglés de mes petits camarades. Mais je les aime malgré tout, dans ma grande bonté d'âme, monsieur Skoty en tête !
Pour ce qui est du blog, il m'a permis de vous rencontrer et comme là où je suis les échanges "intellectuels" se font rares, tout cela n'est point désagréable...
J'adoure® !
J'adoure© !
Y'adourrrrrre® !
Y'adourrrrrre© !
:P