26/6/2005 L'impressionnisme, un train d'avance sur le cinématographe



De haut en bas, La Gare Saint Lazare par Claude Monet, L'Arrivée d'un Train en gare de la Ciotat des frères Lumière, Bronco Billy de Clint Eastwood.
On en avait déjà eu l'intuition ici, mais impressionnisme et cinéma entretiennent bien des correspondances secrètes, à en croire l'exposition qui se tient au musée des Beaux Arts de Lyon en ce moment même :
"Il devait revenir à un cinéaste de présenter le Cinématographe comme l’héritier direct de l’impressionnisme. En effet, en 1967, Jean-Luc Godard n’hésite pas à faire dire au personnage interprété par Jean-Pierre Léaud dans La Chinoise, que Lumière était « un peintre », en fait « le dernier peintre impressionniste ». Et, en 1998, dans son Histoire(s) du cinéma, Godard reprend : « […] avec Edouard Manet commence la peinture moderne, c’est-à-dire, le Cinématographe ».
Cette exposition, organisée en partenariat avec l’Institut Lumière, invite à s’interroger sur la diversité et la complexité des rapports entre deux arts, révélés à vingt ans d’écart :
- entre la peinture impressionniste dont la première exposition de groupe est présentée à Paris, le 15 avril 1874, dans l’atelier du photographe Nadar, avec notamment le tableau manifeste de Claude Monet, Impression, soleil levant,
- et le Cinématographe des frères Lumière inventé en 1895, dont la première projection publique se déroule à Paris le 28 décembre de cette même année.
C’est dans la représentation de la vie moderne, que le Cinématographe à ses débuts prolongerait l’impressionnisme. Des scènes de l’intimité familiale à la description de l’agitation de la vie urbaine, de l’évocation de l’industrialisation et du monde du travail à la fascination exercée par le chemin de fer, ces thèmes sont autant de laboratoires pour la restitution de la modernité, saisie dans la diversité du rendu de la lumière et de l’espace."



Commentaires
Précisément, cette mentalisation nous éloigne un peu du sujet qui nous intéresse ici, à savoir comment le cinéma s'origine dans la peinture impressionniste.
Sinon, je profite de ce temps limité de connexion pour vous dire que je cesse pour raisons techniques d'émettre.
Un virus féroce a grillé mon sytème. Je n'ai plus d'ordinateur pour l'heure et trop de boulot au bureau pour poster de cet endroit.
Et le moral ?! Down !
L'angoisse ne nait pas de l'arrivée du train en gare mais bien de la disparition progressive du décor au profit d'un espace mental.
Tu aimes Spider ? Je trouve le film trop explicatif. Dans la filmo de Cronenberg, il est pour moi un peu l'équivalent de Marnie ou la Maison du Dr Edwardes pour Hitchcock.
Quant à mes déboires technologiques, je ne suis toujours pas d'humeur rigolarde. Mais je garde bon espoir et travaille à une alternative.
Et oui, j'aime Spider, mais j'ai des circonstances atténuantes, j'aime aussi le Dr Edwards et Marnie.
Bon courage pour tes soucis informatiques
Mais alors que dire de Dead zone ?
Je ne vois pas cet effroi ...dans Spider bien sûr ! Je sais que le film des Lumière a provoqué une belle panique, à l'instar de cette arme à feu pointée sur une assistance choquée dans L'Attaque du Grand Rapide.
Depuis quand d'ailleurs n'avons-nous pas éprouvé cette puissance physique du plan au cinéma (je n'ai rien vu de satisfaisant ces derniers temps en salles) ?
Quand je parle de Marnie ou de La Maison du Dr Edwardes, pachydermes psychanalytiques, je ne les mets pas au rebut pour autant.
Aussi, je n'abonde pas tout à fait dans le sens de la provocation de Damien ! :-)
Pour moi, ce sont des oeuvres à part dans la filmo de leur auteur : de grands films ratés !
Marnie est un film très laid, avec ses décors cartons pâtes, mais j'ai conscience que cette laideur là participe à la force du film. Il n'empêche, que c'est lourd !
Je n'aime pas Spider car le film manque d'opacité, tourne au système, donc à vide. Détrompe-toi, Phil : la dimension organique est bien là, logée dans les différents avatars (cf double rôle tenu par Miranda Richardson). Le jeu de Fiennes m'insupporte, trop dans la performance.
Mais pourquoi défendez-vous Marnie si férocement, JS et Tlön ?
"Quel que soit le père de la maladie, un mauvais régime en fut la mère", citais-je dans un précédent billet.
Il se trouve qu'ici, la mère de Marnie est responsable du traumatisme. Donc, le film est tendu encore ici par un principe féminin. Connery doit délivrer Marnie du sortilège maternel (c'est presqu'un conte - le chevalier, l'adjuvant, la méchante sorcière, la princesse).
Ma théorie tend à se vérifier.....
Film misogyne ? Assurément !
Mais infesté par le féminin, quel que soit le rôle "d'accoucheur" de l'homme.
Francesco Truffaldo disait « grand film malade » not raté… and see « Marnie » again, siou'plaît : cette ugliness-là contre toutes les fausses beautés, j'échange at once !
First, Tippi Hedren is simply astounding. La scène when she kills son cheval blessé est one of the things les plus poignantes ever seen.
Second, it is un film entièrement axé sur la concupiscence (Sean Connery towards Marnie). La psychanalyse is not much more than a cache-sexe MacGuffin. In my idea, what this film is really about : un viol.
Et le reste is litterature.
Sean Connery les contient tous en puissance, ces hommes. Au fond, il veut Marnie et l'obtient. Il ne s'agit pas de savoir si le principe du cinéma en général est féminin ou masculin ("Marnie" comme contre-exemple était une boutade, tu aurais eu beau jeu de m'objecter qu'étant un film sur le désir, la femme en est le centre, c'est à cela que je m'attendais) mais d'insister sur l'idée qu'il parle aux garçons, que c'est un film qui ne pouvait être fait que par un homme, qui plus est un homme amoureux qui n'obtenait pas, lui, ce qu'il voulait (en l'occurence Tippi Hedren qui refusait ses avances, mais tu connais l'histoire). Pour moi, je maintiens, c'est la mise en oeuvre d'une psyché d'homme sous couvert d'une psyché féminine...
Pas sûr que le film soit si mysogine que ça d'ailleurs : à mon sens le film nous fait croire que la "folle" c'est Marnie mais Hitch sait très bien au fond que le vrai "fou", le vrai pervers, c'est Sean Connery (enfin le personnage dont le nom m'échappe), et par extention Hitchcock lui-même...
film beaucoup plus retors qu'il n'y paraît (et sa "hideur" formelle est tellement merveilleuse)
Séb,
Marnie "le plus beau film qui soit sur le désir masculin" ? Je lui préfère Vertigo auquel fait référence fort justement notre ami Tlön.
Arguments imparables de Scanner, comme toujours. Par "fausses beautés", vous pensez à quoi précisément ? Parlez-vous d'une technique en particulier ? d'un genre ? d'un formalisme outrancier propre à certains auteurs ?
JS,
Pas faux, en effet ! Connery est encore plus atteint que Heddren manifestement ! :-)
3è jour sans ordinateur on my own. J'enrage littéralement. Seule la diffusion de Lost saura m'apaiser. Du moins, ce soir !
Fausses beautés… good question. Going to sleep là-dessus mam'zelle. True beauty, c'est le nez de Cléopâtre.
Or ?
A beautiful night.
Je suis secrètement amoureuse de vous.
Long live the new flesh !
Et puis, je rappelle que c'est Damien qui, le premier, a émis ce lien entre impressionnisme et cinéma. (cf le regard croisé antérieur à cette note).