10/4/2007 Les gisants et les morts.
Bonjour,
Ce texte a déménagé ! Vous pouvez désormais le lire à cette adresse.
A bientôt sur Contrechamp Media

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Commentaires
J'ai posté à la hâte, avant de sortir, ce qui m'a fait négliger de citer les sources. Mais, fine mouche, vous avez déjà reconnu le photogramme de The Rope. Le tableau est de Jean Hélion, dont les oeuvres avaient fait l'objet d'une rétrospective à Beaubourg, il y a 2 ans je crois.
Je ne peux pas me mettre immédiatement à l'écriture du billet mais je vois un lien également. Dans les deux cas, tableau et film provoquent chez moi un certain malaise.
La citation est-elle extraite de The Rope ? Elle pourrait s'appliquer à tous les films d'Hitchcock. Bien vu.
Catherine,
Heureuse de vous faire rêver et flattée aussi. Je me reconnais dans votre commentaire, à vrai dire. Car quand j'ai ouvert un blog il y a 3 ans, je ne croyais même pas à l'idée de communauté. Pour moi, l'altérité est quelque chose de physique et d'incarné. Mais finalement, j'en suis revenue, à ma grande surprise. Je vais tâcher de faire un effort de simplification stylistique, même si l'hermétisme ne semble pas vous rebuter ! :-)
Sinon, pour ceux qui rédigent et fréquentent Contrechamp , j'ai ouvert un blog cinéma: www.365joursouvrables.blogspot.com
J'espère vous y retrouver nombreux ainsi que vos commentaires.
A bientôt
Je pousse un gros "ouf" de soulagement car je me demande toujours si ce que je vois n'est pas le seul fruit de mon imagination. Que vous ayez observé ce détail me comble donc et m'encourage à ne pas différer l'écriture du billet, même si j'ai autre chose sur le feu (un succulent boeuf bourguignon en l'occurence - non, en fait pas mal d'articles à rédiger encore).
Vous m'aviez signalé l'ouverture de votre blog par mail mais le lien n'était pas actif à l'époque. Je vous souhaite donc beaucoup de succès. J'aurai plaisir à venir vous lire.
Allez tiens, je vous embrasse tous les deux.
À croire que nous aimons scotcher devant nos écrans en nous creusant les méninges... Rectification: oui nous adorons ça ! (Je cesse avec la schizophrénie)
Par ailleurs, j'ai lu aussi ce texte là qui est très bien, toujours sur votre site :
http://www.critikat.com/article.php3?id_article=69&var_recherche=la+corde
Allez sandrine courage déploie nous tout ton talent :-)
C'est que j'étais incapable de franchir le seuil de mon appartement. Ma tête est si grosse devenue qu'elle ne passe plus les portes !
Mais la vérité cependant dépasse la fiction. Qu'on en juge : j'ai passé ces dernières heures dans... un aquarium géant. Et ce n'est pas une métaphore.
Le texte sera mis en ligne cette nuit, promis Julien !
J'ai du me limiter cependant car le texte était trop long. Mais il y avait beaucoup à dire encore. A la fois sur le crime et la notion d'acte gratuit. Est-il si gratuit que cela ? Un parallèle intéressant était à établir avec Les Caves du Vatican de Gide. D'autre part Hitchcock disait avoir une "religion de la gratuité" qui participe de son cinéma (les fameux mac guffin). Ca méritait d'être creusé. Ca et l'ombre du nazisme qui plane sur l'entreprise.
Dans le photogramme, la peinture qui représente une femme (la mère ?) en arrière-plan est intéressante à bien des égards. La peinture est figurative mais la composition recèle des éléments géométriques. Bien que passé au figuratif, Hélion garda un goût pour les formes géométriques (ses visages notamment, peints à la manière abstraite). Etc...etc..
Mais il y a un mais (bien que je me sois volontiers adjoint au concert de louanges consécutif au fameux article du Monde)... il manque, ce me semble, à cet ensemble de qualités tant exquises que réelles un battement de cœur.
L'"objet-film" (ce vocable me tord le clavier) n'est pas uniquement destiné aux théoriciens de l'image, mais fait également sens, essence, s'incarne en chaque singularité qui le reçoit et le "vit". Ici intervient, selon moi, la critique d'humeur. Celle qui, je crois, irrite le vôtre, de clavier.
Ah, si vous osiez pourtant lâcher la bride des convenances pour déclarer votre amour fou - clairement manifeste - au rejeton des Lumière... qu'il serait doux de lire ces lignes !
Thierry
Il y aurait d'intéressants parallèles à faire avec ce photographe et Lynch, qui, je suis sûr, l'a beaucoup regardé.
Bien belle analyse. Une remarque d’abord sur le terme après-guerre par lequel tu rapproches les deux artistes. Il ne faut probablement pas y entendre que Hélion et Hitchcock sont deux artistes modernes marqués par la rupture de la seconde guerre mondiale où après l’holocauste et Hiroshima plus rien ne sera jamais comme avant. Le terme de gangrène du visible que tu utilises pour Hélion a effectivement plus à voir avec la crise de l’image-action concept par lequel Deleuze analyse le cinéma de Hitchcock, lorsque le mental, le tissage des relations vaut plus que l’action elle-même.
Une question ensuite : tu ne dis mot de la peinture du photogramme de La corde : un portrait de Jacqueline par Picasso ? Hélion et Hitchcock ont certainement vu et apprécier une modernité plus radicale que celle qui s’accordait à leur désir et qui, in extremis, les rattache encore au classicisme. A moins, pour rester dans les termes de ton analyse, qu’ils prouvent une vie entre le classicisme et la modernité.
Bonne et régulière continuation
Vous avez tout à fait raison. Que seraient les films sans l'émotion qui accompagne leur réception ? On m'a souvent fait le reproche de textes un peu trop denses, dépourvus de ce "battement de coeur" que vous stigmatisez. Parfois, l'analyse a de ceci de commode qu'on peut s'abriter derrière elle, pour ne pas révéler les raisons intimes qui vous font tomber en amour avec une oeuvre, un comédien. J'ai encore du mal avec ce truc de l'exposition, même si, en filigrane, ce blog documente de plus en plus mon quotidien, et pas seulement de spectatrice.
Cependant, parcourez plus avant ce blog. Vous y trouverez tout de même quelques déclarations d'amour et autres pétages de plombs.
Joachim,
Je vois tout à fait la série à laquelle vous faîtes référence. Lynch/Bourdin ? Le lien ne me paraît si évident cependant. Pourquoi les rapprochez-vous de manière si évidente ?
Jll,
Quand je signale que les oeuvres se situent après-guerre, c'est surtout pour les contextualiser idéologiquement et politiquement. On est dans une période de chute des utopies, où toutes les idées humanistes ont été battues en brèche par le nazisme. Je me trompe peut-être, mais il me semble que ces deux oeuvres portent en elles ce traumatisme.
Maintenant, sur le tableau que j'évoque dans un commentaire plus haut. Il a effectivement son importance mais j'ai été incapable de l'identifier. Je crois plus à une création originale pour le film. Petit aparté : il y aurait beaucoup à dire sur l'utilisation des tableaux ou litographies dans le cinéma d'Hitchcock, qui révèlent ou surlignent l'état de conscience des personnages.
Maintenant, sur cette question de classicisme et de modernité, je crois que c'est un peu plus compliqué. Dans sa peinture figurative, Hélion conserve des traces de sa période abstraite (les compositions ou formes géométriques). De même, dans La Corde qu'on pourrait voir comme un film abstrait (ou expérimental), Hitchcock conserve d'une certaine manière le découpage classique mais qui s'exprime ici par "le maintien du principe de changement de proportion des images en fonction de l'importance émotionnelle des moments donnés".
Dans les deux cas, ces oeuvres forment un point de passage entre différentes manières de figuration, qui en font, effectivement des productions modernes. Mais en même temps, je n'ai su ce qu'était vraiment la modernité...
"He looked exactly the same when he was alive, only he was vertical."
Quant à l'idée du "cadavre tombé de rien", Spielberg en a fait quelque chose, moins la gratuité, dans "Minority Report", lorsque Tom Cruise s'enfuit dans une voiture fraîchement assemblée.
J'ai effectivement pensé à Harry et ce cadvre dont on suit les déplacements grotesques. Mais je n'avais pas fait le lien avec Minority Report. C'est chose faîte grâce à toi. Merci !
Joachim,
Ton point de vue s'éclaire à l'aune de tes explications. Mais je reste circonspecte. Par aileurs, je tenais à te dire que je n'arrive quasiment jamais à me connecter sur ton blog. Un problème d'URL ?