23/3/2005 Le temps et la violence

Photo de Kiko Goifman, exposition "Le temps et la Violence", Toulouse.
Un flux de voitures, à la nuit tombée. Pare-chocs contre pare-chocs. Un serpentin infini de lumières. Miracle technologique et décadence des sociétes occidentales. Le cortège mécanique s'ébranle. La suffocation se mêle intimement à la fascination.
Contrechamp à cette photo : Deborah Unger au balcon, observe l'autoroute dans Crash de D. Cronenberg. Elle s'adresse à James Spader : "Il y en a plus de jour en jour". Prolifération de la voiture, fétiche qui cristallise le désir érotique et son empêchement tragique. L'amour fou.



Commentaires
condition nécessaire pour que la fascination prenne corps : que le bruit soit gommé, remplacé (distance de la terrasse de l'appartement de unger et spader dans "crash", bande-son dans les autres films)
ou images de la nuit new-yorkaise, ridley scott, le générique de "someone to watch over me", files de voitures le long des avenues, sapins, horizontalité brillante contre les tours illuminées, verticales...
je poursuis plus tard, loin de la fnac ;-)
lh.
Il est paradoxal qu’à l’heure du « tout-est-flux » (télévisuel, financiers, information, images, réseaux …) donc circulation, nos corps soient de plus en plus immobiles car télé-transportés en fait (voitures, ascenseurs, escalators …mondes virtuels ?).
« La plus grande richesse c’est l’espace » dit la pub. Et bien non (ou pas seulement) la plus grande richesse c’est le temps (le temps que procure l’argent bien sûr).
La plus grande violence que m’inflige le temps est celle du temps contraint i.e. le salariat.
J'accueille vos magnifiques commentaires et les reçois comme un don. Cette photo inspire décidément. Le temps/la violence, deux polarités qui condensent de manière éloquente le contemporain. La société contre le monde, pour reprendre Daney. J'y reviendrai...
Voilà que je bavarde encore. Merci pour votre accueil ici ou là, Sandrine.
"Plus on habite l'instant plus l'espace se fait grand, l'espace de la disponibilité, du possible, de l'inconnu apprivoisé, du champs d'action, d'accueil, de réception et de contemplation" : c'est très beau. Merci !