30/1/2006 La stratégie de l'oubli
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Commentaires
Je pensais à un autre réalisateur russe chez qui le traitement du temps est passionnant. Sokurov, L'Arche russe. Ou bien encore Père, Fils, film où les deux personnages ont le même âge, licence qui introduit onirisme, poésie et fatalité.
Je ne parle pas de figurer le vieillisement mais ses effets physiques ou symboliques, à travers le montage, lequel introduit de la béance, des trous de mémoire, en somme. Ce que je reproche à Ang Lee et à la plupart des films classiques, c'est de se borner à la simple figuration.
c'est assez juste ce que tu dis sur "Brokeback Mountain", c'est effectivement la grande faiblesse du film, en plus de son académisme...
néanmoins le film me plaît quand même, par ce qu'il arrive à faire passer à travers les acteurs; les corps s'alourdissent certes, mais à mon avis c'est de la pure convention comme on en trouve dans pas mal de films hoolywoodiens et même si ça débouche sur un certain académisme, je trouve aussi qu'il y là une posture très humble qui laisse le champ libre à l'acteur, c'est l'acteur qui est au centre de tout...
telle moustache, tel habit est là pour signifier que le temps passe, mais on sent bien au fond qu'Ang Lee s'en fout, pour moi les deux personnages sont dans une sorte de présent perpétuel, je veux dire "entre eux", les signes du temps qui passe c'est juste pour la parade...
Ce n'est pas tant le postiche le problème, que le montage et les transformations qu'il génère.
Funèbre, moi ? Disons que je suis en plein dans Chris Marker en ce moment. Immemory. Ca me rend sans doute un brin mystique et désabusée quant au pouvoir de régénération des images....
sur Chris Marker, ce que tu dis est étonnant en même temps, parce qu'il est sans doute, de sa génération, le moins funèbre...il défend même les mecs de Kourtrajmé!
et en même temps ce qui tranche a toujours du charme à meux yeux
j'aime suivre, à travers le sujet du cinéma, les évolutions des humeurs du Mademoiselle Sandrine
"le secret de brokeback mountain" énonce sa vérité dans sa bande-annonce
américaine : "there are places you can't never go back to"
ainsi le temporalité au cinéma et le passé artifiellement reconstitués aux
(pauvres) moyens du maquillage
le "présent perpétuel" dont tu fais mention, js, aurait évidemment gagné en
force si les acteurs n'avaient pas pris une ride -hélas, les règles
hollywoodiennes veulent que l'on s'émeuve aussi de la transformation des visages
quand les corps demeurent invraissemblablement inchangés
l'envie d'en dire davantage ("the brokeback issue" est une constante de ma
correspondance électronique ces jours-ci) mais l'institution me réclame -et la
note de sandrine, bien au-delà...
lh.