23/8/2005 Home sweet home
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Commentaires
n'y avait-il pas avant une explosion similaire dans le cinéma américain dit classique, mais une explosion qui venait de l'intérieur? la cellule familiale, lieu de crise, explosait -je pense à "la fureur de vivre", aux films tirés des oeuvres de tennessee williams par exemple
ils impliquaient en effet ce mouvement du dedans vers le dehors nécessaire à la survie de chacun -ou à sa destruction, mais c'est le même mouvement, salutaire : l'échappée
aujourd'hui, le mouvement dont tu parles, du dedans vers le dehors, est conséquent à une attaque extérieure, une agression, toujours la même : l'étranger, l'extérieur justement qui vient faire exploser le noyau, la cellule, l'intime -qu'il y ait à partir de là construction du personnage, comme c'est le cas dans "la guerre des mondes" n'est à mon sens qu'une implication dudit mouvement, une résultante obligée
il n'empêche, et depuis le 11 septembre, l'enfer reste les autres
chez lynch, l'enfer était la maison
chez hitchcock, c'était soi-même
je me sens plus proche de ces explosions-là
lh.
il suffisait de voir les films cannois, notamment le Hanecke, le Moll ou le film de Caumont à la quizaine ou, d'une certaine façon, le foyer (le couple) est menacé, mis en danger par un tiers...
signe des temps sans doute...
moi mon must de home sweet ome, c'est dans American beauty, Kevin Spacey se masturbant dans sa douche, alors que sa femme vieillissant dort dans la pièce à côté..
lo et JS,
Je ne parle pas ici de la faillite de la famille, où de son implosion (thème classique, en effet), mais bien d'un décor qu'on saccage, donc, d'un espace symbolique mutilé à dessein. Les délimitations du foyer à l'américaine volent en éclats. Le foyer n'est plus le lieu du refuge (les attaques du 11 septembre l'ont prouvé) puisque c'est le coeur névralgique de la cité qui a été sciemment détruit.
Tu as raison de citer Lynch, lo, le cinéaste jouant depuis Blue Velvet sur les topoi du foyer américain pour installer ses ambiances suaves et délétères. Et le mouvement dedans/dehors, intérieur/extérieur est prégnant dans sa filmographie. A la surface, le jardinet délimité par la fameuse "picket fence". En dessous du tapis herbeux, une oreille humaine, comme métaphore de la pulsion et du refoulé.
Et Haneke, JS, en effet, mais, pour ce qui me préoccupe ici, ce serait plutôt le Haneke du 7è Continent, avec la famille qui détruit méthodiquement la maison, avant de se suicider.
Willy,
Je serais même plus pessimiste que toi concernant la porosité de l'espace domestique, à mon sens, déjà largement investi par l'extérieur, si peu que tu aies une télévision et un ordinateur ! Mais cette porosité là dont prend acte le cinéma (qui a toujours un temps de retard par rapport à la télévision - j'y reviendrai) me paraît intéressante, sinon bénéfique tant au plan politique qu'esthétique.
(by the way, sur Paris bientôt ?)
Christie,
Bien oui, j'étais rentrée à la maison, toujours en parfaite cohérence avec mes billets. Sur American Beauty, je vais te faire une réponse à la JS like : "ce drame petit bourgeois, quelle horreur ! C'est tellement caricatural". Et je serai d'accord avec lui. :-)
(PS : on se voit bientôt ?).
Le meilleur du pire des clichés cinématographique, encore pire que "True Lies" (1994).
Un sitcom ? Le foyer ? Autant de prétextes pour remplir ce billet inutile.
A moins que ce ne soit une manière détournée de vouloir parler de l'après 11 septembre?
Dans ce cas "Punishment Park" fera très bien l'affaire...
Quelle véhémence ! Vous aurez au moins appris au passage les origines de la sitcom.
J'ajoute à cela que j'aime beaucoup True Lies et le cinéma de Cameron en général.
Ne cherchez pas : on ne me refera pas !
:-)