Ah, lecteur ! Je te vois déjà vouer aux gémonies Contrechamp, cette demi-mondaine honteuse qui alla s’encanailler jeudi dernier au Showcase, en robe de soirée, négligeant à cette occasion le port du soutien-gorge (dos nu oblige).
Tout cela pour aller boire le champagne d’un magazine qu’elle n’a même jamais lu et qui fêtait ses 20 ans d’existence. Précision tout de même : Studio ne se lit pas mais se regarde. Ca tombe bien, j’étais là pour regarder moi aussi !
Red carpet : les flashes crépitent à l’entrée. J’ajuste ma mise mais c’est Vincent Cassel que l’on photographie derrière moi. Je suis pourtant bien coiffée et rasée de près, contrairement à lui. Il est des mystères insondables...
Je veille à ne pas chuter du haut de mes 10 cm de talons et retrouve Sabrina Mireille, munie du précieux carton d’invitation. A l’intérieur, c’est la remise des César ! Toute la fine fleur du cinéma français transpire de concert et s’embrasse. Tant de chaleur humaine fait vite monter la température ambiante. L’open bar champagne étanche ma soif inextinguible et me rend tellement…sociable !
Au bout de deux heures, j’ai fait la connaissance de tout Canal+, du journaliste du Grand Journal au photographe de plateau. Je maîtrise absolument tous les sujets de conversation : de l’état du documentaire en France à la boxe ! Sujet que je mets en pratique pour me mouvoir parmi la foule démentielle qui se frotte sans vergogne contre moi.
Je retrouve régulièrement Sabrina Mireille, en grande conversation avec Shirley Bousquet, Ludivine Sagnier ou Mélanie Laurent. Alain Chabat manque, dans une bousculade, d’emporter ma robe qui ne tient qu’à un nœud.
A côté de moi, un jeune homme coince Virginie Efira pour lui dire que La Nouvelle Star est la meilleure émission du PAF. Laura Smet a l’air nerveuse et disparaît très vite. Jérémie Régnier m’envoie promener. J’aperçois la discrète et néanmoins excellente actrice Florence Loiret Caille (Trouble Every Day, J’attends quelqu’un), dont la seule apparition me console de ma belge rebuffade. Régis Wargnier se demande ce qu’il fait là. Je l’ai entendu le penser.
On ne serait pas tout à fait VIP si l’on ne se voyait pas remettre de petits sacs cadeaux à la sortie. Parfum, bijou, magazine. Me voilà Muglerisée, Pilgrimisée et Studiosée, comme Gaspar Noé qui a l’air très content. Je l’aurais été également si je n’avais pas oublié mes clés à l’intérieur de mon appartement. J’ai donc erré, clocharde chic, à travers les rues parisiennes. J’aurais toujours 20 ans.