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<wml xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><head><meta http-equiv="Content-Type" content="text/vnd.wap.wml;charset=ISO-8859-1"/></head><card id="main" title="KAYWA"><p><big>Contrechamp</big><br/>Voyages en cin&#xE9;philie<br/></p><p><small>23.4.2007,&#xA0;22:28</small><br/><b><a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/conversations-secretes/quelques-variations-sur-ozu.html">Quelques variations sur Ozu. </a></b></p><p>[<a href="http://contrechamp.kaywa.com/files/images/2007/4/30/mob1521_1177360215.gif">image</a>]
Jacques Sicard est l'auteur de tr&#xE8;s beaux cin&#xE9;-po&#xE8;mes qu'il a eu la gentillesse de m'adresser. Frapp&#xE9;e par l'acuit&#xE9; de son regard et l'intensit&#xE9; de l'expression litt&#xE9;raire, j'ai eu envie de l'inviter sur ce blog. Voici donc quelques extraits de ses variations sur Ozu.
2-&#xA0;
&#xA0;
Il n&#x2019;y a pas de passage du temps, chez Ozu &#x2013; en v&#xE9;rit&#xE9;, le temps y passe comme toujours il passe, insensiblement, selon des diff&#xE9;rences infimes &#x2013; mais c&#x2019;est la perception exclusive de cet infime qui, dans ses films, immobilise le temps.

D'un film l'autre, d'une s&#xE9;quence l'autre &#x2013; Ozu joue sur des diff&#xE9;rences infinit&#xE9;simales &#x2013; sur ce qu''est l'infime (un exc&#xE8;s du rien) au d&#xE9;triment de ce sur quoi il ouvre (l'espace et le temps).
&#xA0;
Les diff&#xE9;rences infimes par quoi se marque le passage du temps &#x2013; se fixant sur elles, Ozu les change en une suite de rimes et d&#x2019;&#xE9;chos &#x2013; un ruban de M&#xF6;bius o&#xF9; moirent hypnotiquement, la fuite, le songe et leurs infinies d&#xE9;clinaisons.<br/>
Voir &#xAB;&#xA0;Il &#xE9;tait un p&#xE8;re&#xA0;&#xBB; d'Ozu, pour savoir &#xE0; quel point c'est beau de voir un homme qui s'&#xE9;loigne, dos tourn&#xE9;, dans la claire lumi&#xE8;re de l'&#xE9;t&#xE9; japonais.
O&#xF9; qu'on aille, c'est vers une corv&#xE9;e qu'on va. Le f&#xE9;tu d'homme, ici, ne d&#xE9;roge pas. La rigidit&#xE9; morale de sa tradition entra&#xEE;ne &#xE0; y consentir avec le sourire. Et pourtant, rien ne peut faire que, par rapport &#xE0; cela, ce ne soit un &#xE9;loignement qu'on voit.
La singularit&#xE9; de son allure ressemble &#xE0; la visualisation par Hitckcock du vertige de Scottie dans &#xAB;&#xA0;Vertigo&#xA0;&#xBB;, son pas combine un mouvement avant et un mouvement arri&#xE8;re, l'un dans l'autre : visiblement, il va &#x2013; sensiblement, il s'&#xE9;loigne de l&#xE0; o&#xF9; il va. Mais aucune t&#xEA;te n'en tourne. Juste vient la tranquillit&#xE9;, comme vient le soir &#xE0; la pointe extr&#xEA;me des feuilles.
Ce double mouvement, le fils de cet homme en donne l'impulsion. Car le film, en forme de folie douce, est l'hommage paradoxal &#xE0; son p&#xE8;re d'un fils peu d&#xE9;cid&#xE9; &#xE0; le devenir. Fils qui veut rester fils aupr&#xE8;s du p&#xE8;re. Fils, seulement fils &#x2013; donc, plus du tout un fils. Aupr&#xE8;s du p&#xE8;re, seulement p&#xE8;re &#x2013; donc, plus du tout un p&#xE8;re. L'un emp&#xEA;che l'autre de devenir autre chose, et au fond de dispara&#xEE;tre.&#xA0; Il le retient au bord du sort commun. Il lui fait faire un pas en arri&#xE8;re. Un pas qui, au sens le plus absolu, &#xE9;loigne. Autrement dit, sauve, conserve et d&#xE9;nature. Cela qui est fou. On n'en dira jamais assez la violence rentr&#xE9;e. Sous nos yeux, le petit homme en all&#xE9; trottine dans le lumi&#xE8;re de plus aucun &#xE9;t&#xE9;.
&#xA0;
11-
&#xA0;
Puissions-nous nous tenir o&#xF9; nous croyons vivre comme au milieu des maisons d'Ozu.
Ou l'insistante multiplication des cadres, dans le cadre du plan, ne signifie pas la r&#xE9;duction carc&#xE9;rale du mouvement,
mais la possibilit&#xE9; d'une cachette d&#xE9;multipli&#xE9;e par les objets domestiques, ces&#xA0; sabliers en forme de cloisons, de fen&#xEA;tres, de portes, de meubles, de vases.
Cachette magnifiquement imprenable, de l'&#xEA;tre &#xE0; l'aide de grains de sable, o&#xF9; l'expansion de l'univers,
la rotation du monde, l'histoire des soci&#xE9;t&#xE9;s, l'&#xE9;conomie de la boutique ni&#xA0; l'impudence des regards
ne sauraient venir traquer jusqu'&#xE0; la crise finale, celui ou celle qui, sans passer par le cimeti&#xE8;re, r&#xEA;ve d'arr&#xEA;ter tout.<br/>
<br/>
&#xA0;&#xA0;</p><p><small><a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/conversations-secretes/quelques-variations-sur-ozu.html">Commentaires</a>&#xA0;(27)
        <br/>Cat&#xE9;gorie:&#xA0;<a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/conversations-secretes">Conversations secr&#xE8;tes</a><br/></small></p><p><a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/p549.html">&#xAB; pr&#xE9;c</a>
	   	 &#xA0;|&#xA0;
	   	 <a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/p545.html">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- COMMENTAIRES -</p><p><b>Frederic</b><br/><a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/exturl/http/www.rugby-pioneers.com">www.rugby-pioneers.com</a><br/>23.04.2007, 22:56<br/>Chic, des "Conversations secr&#xE8;tes"... &#xE7;a faisait d&#xE9;j&#xE0; un moment... plus de 6 mois m&#xEA;me, une paille....<br/><br/><b>Orph&#233;e</b><br/>23.04.2007, 23:13<br/>Il y en a un magnifique sur "Printemps tardif " dans "La Lettre du cin&#xE9;ma" n&#xB0;26, printemps 2004.<br/><br/><b>sandrine</b><br/>23.04.2007, 23:14<br/>Oui, c'est pourquoi je suis en train en ce moment m&#xEA;me de s&#xE9;lectionner des "morceaux choisis". On peut lire aussi des cin&#xE9;-po&#xE8;mes de Jacques Sicard sur le site des Cahiers du Cin&#xE9;ma.<br/><br/><b>sandrine</b><br/>23.04.2007, 23:48<br/>D'ailleurs, cher Orph&#xE9;e, je me suis laiss&#xE9;e dire que vous connaisiez bien La Lettre du Cin&#xE9;ma...<br/>
Fr&#xE9;d&#xE9;ric,<br/>
Ce n'est donc pas moi qui suis &#xE0; l'origine de cette conversation secr&#xE8;te. Je fais ventriloque ce soir.<br/><br/><b>Orph&#233;e</b><br/>23.04.2007, 23:57<br/>Ah bon ?<br/><br/></p><p>1-5&#xA0;/&#xA0;
			  <a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/conversations-secretes/quelques-variations-sur-ozu.html&#38;page=5">27</a><br/><a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/conversations-secretes/quelques-variations-sur-ozu.html&#38;page=1#comments">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- LAISSER UN COMMENTAIRE -</p><p><fieldset>Nom<br/><input name="commentauthor" emptyok="true"/><br/>Email<br/><input name="commentauthoremail" emptyok="true"/><br/>Url<br/><input name="commentauthorurl" emptyok="true"/><br/>Commentaire<br/><input name="commentcontent" emptyok="true"/><br/></fieldset><br/><anchor><go href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/conversations-secretes/quelques-variations-sur-ozu.html" method="post"><postfield name="ID" value="546"/><postfield name="action" value="moblog"/><postfield name="moblog[comments][comment_author]" value="&#36;commentauthor"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_email]" value="&#36;commentauthoremail"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_url]" value="&#36;commentauthorurl"/><postfield name="moblog[comments][comment_content]" value="&#36;commentcontent"/><postfield name="moblog[comments][comment_autobr]" value="on"/><postfield name="moblog[comments][_submit]" value="OK"/></go>OK</anchor><br/></p><p align="center">- NAVIGATION -</p><p><a href="/mobile">Accueil de Blog</a><br/><a href="/mobile/latestcomments">Derniers commentaires</a><br/><a href="/mobile/all">Cat&#xE9;gories</a><br/><a href="/mobile/galleries">Galeries</a><br/><a href="/mobile/blogroll">Liens</a><br/><a href="/mobile/archive">Archives</a><br/><a href="#top">Haut de page</a><br/><a href="#bottom">Bas de page</a><br/><a href="/mobile/about">A mon sujet</a><br/></p><p align="center">- META-NAVIGATION -</p><p><a href="http://home.kaywa.com/mobile">Accueil de Portalog</a><br/><a href="http://register.kaywa.com/mobile">Inscription</a><br/><a href="http://help.kaywa.com/mobile">Aide</a><br/><a href="http://about.kaywa.com/mobile">Impressum</a><br/><a href="http://tos.kaywa.com/mobile">Conditions</a><br/></p><p>&#xA9; 2004-2006 Kaywa AG. Tous droits r&#xE9;serv&#xE9;s.</p></card></wml>
