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<wml xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><head><meta http-equiv="Content-Type" content="text/vnd.wap.wml;charset=ISO-8859-1"/></head><card id="main" title="KAYWA"><p><big>Contrechamp</big><br/>Voyages en cin&#xE9;philie<br/></p><p><small>17.9.2006,&#xA0;16:28</small><br/><b><a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/japonizz/sono-sion-le-songe-dun-homme-eveille.html">- Sono Sion : le songe d'un homme &#xE9;veill&#xE9;</a></b></p><p>[<a href="http://contrechamp.kaywa.com/files/images/2006/9/30/mob1398_1158503363.gif">image</a>]
Qu&#x2019;est-ce que la vie ? Un d&#xE9;lire.
Qu&#x2019;est donc la vie ? Une illusion,
Une ombre, une fiction
Pedro Calderon de La Barca (La Vie est un Songe)

&#xA0;
De sang et de r&#xEA;ve, la mati&#xE8;re instable du cin&#xE9;ma de Sono Sion infuse une &#x153;uvre r&#xE9;flexive, en qu&#xEA;te de son essence.<br/>
La filmographie, tout en lignes de fuite, investit de plain-pied le geste cr&#xE9;ateur, par o&#xF9; se d&#xE9;bride la pulsion. Regarder un film de Sono Sion revient &#xE0; s&#x2019;immerger dans une culture patriarcale, o&#xF9; la figure masculine de l&#x2019;autorit&#xE9;, mise en &#xE9;chec, signale la crise de la famille, et partant, d&#x2019;une soci&#xE9;t&#xE9; d&#xE9;liquescente.<br/>
Tout a commenc&#xE9; avec Suicide Club et sa s&#xE9;quence liminaire proprement sid&#xE9;rante (un segment presque autonome). On y voyait 54 coll&#xE9;giennes se jeter sous les rails d&#x2019;un train, dans un geyser de sang. Ce paroxysme visuel intervenait apr&#xE8;s une s&#xE9;rie de plans documentaires, vol&#xE9;s dans le m&#xE9;tro de Tokyo. A l&#x2019;image, des visages impassibles se d&#xE9;tachent, arrach&#xE9;s &#xE0; la rumeur urbaine. Calme effervescence, rien n&#x2019;annonce la catastrophe imminente, laquelle se charge d&#x2019;une puissance cathartique et d&#x2019;un sens du grotesque consomm&#xE9;.<br/>
Suicide Club avait d&#xE9;j&#xE0; imprim&#xE9; en nous sa marque d&#xE9;ceptive. Prospectif et projectif, le film traduit le profond d&#xE9;sarroi d&#x2019;une jeunesse en rupture. O&#xF9; il est question d&#x2019;un cercle de candidats &#xE0; la mort, recrut&#xE9;s sur internet, des otaku fascin&#xE9;s par un groupe d&#x2019;idoles d&#xE9;l&#xE9;t&#xE8;re. Profond&#xE9;ment d&#xE9;sabus&#xE9;, Suicide Club ne pontifie pas, n&#x2019;&#xE9;chafaude aucune tentative de rem&#xE9;diation et se referme sur un constat inquiet.<br/>
A l&#x2019;occasion de L&#x2019;Etrange Festival, qui consacrait cette ann&#xE9;e une r&#xE9;trospective &#xE0; Sono Sion, on a pu d&#xE9;couvrir le m&#xE9;lancolique Requiem pour Noriko (Noriko&#x2019;s Dinner Table). R&#xE9;alis&#xE9; dans le m&#xEA;me temps, ce pendant visuel et narratif de Suicide Club, a tout du greffon r&#xE9;ussi. Brim&#xE9;e par un p&#xE8;re tyrannique, une jeune fille fugue &#xE0; Tokyo. Elle se retrouve enr&#xF4;l&#xE9;e dans un groupe de com&#xE9;diens lesquels louent leurs services &#xE0; des particuliers, souhaitant pallier &#xE0; un d&#xE9;ficit familial et affectif. Cannibalis&#xE9;e par son r&#xF4;le, Noriko perd progressivement le contact avec la r&#xE9;alit&#xE9; et devient son personnage.<br/>
D&#xE9;personnalisation, schizophr&#xE9;nie, pr&#xE9;&#xE9;minence de l&#x2019;&#x153;uvre et de la repr&#xE9;sentation sur la vie, tels sont les th&#xE8;mes qui traversent, de mani&#xE8;re r&#xE9;currente, le cin&#xE9;ma de Sono Sion. Si l&#x2019;on retrouve des &#xE9;chos visuels et sonores de Suicide Club (le r&#xE9;alisateur reprend m&#xEA;me la s&#xE9;quence sanglante du m&#xE9;tro), l&#x2019;impression de "d&#xE9;j&#xE0; vu", plus que de le dissiper, intensifie davantage le trouble. L&#x2019;&#xE9;motion culmine dans une s&#xE9;quence finale de repas, &#xE0; l&#x2019;issue tragique. Reform&#xE9;e le temps d&#x2019;une soir&#xE9;e, la famille que l&#x2019;on rejoue dans une harmonie factice, signe son an&#xE9;antissement au profit de l&#x2019;artefact.<br/>
M&#xEA;me dispositif dans Into a Dream qui suit la trajectoire triviale d&#x2019;un com&#xE9;dien contrari&#xE9; par une MST. Morsure de la miction, br&#xFB;lure du r&#xEA;ve auquel s&#x2019;ajoute un work in progress : les filages d&#x2019;une pi&#xE8;ce de th&#xE9;&#xE2;tre. Les diff&#xE9;rents espaces s&#x2019;enchev&#xEA;trent all&#xE9;grement mais &#xE0; trop vouloir densifier sa structure filmique, Sono Sion &#xE9;puise rapidement son mat&#xE9;riau, film&#xE9; en vid&#xE9;o, un support qu&#x2019;il transcende n&#xE9;anmoins.<br/>
Avec le d&#xE9;rangeant Strange Circus, l&#x2019;iconoclaste r&#xE9;alisateur (par ailleurs, auteur de pornos gay) radicalise ses th&#xE8;mes. De nouveau pr&#xE9;sente, la figure d&#xE9;miurgique s&#x2019;incarne en une auteure de best sellers, pseudo paralytique. Mais encore dans une ma&#xEE;tresse de c&#xE9;r&#xE9;monie d&#x2019;un th&#xE9;&#xE2;tre baroque o&#xF9; des volontaires offrent leur mort en spectacle. L&#xE0; encore, le r&#xE9;el est contamin&#xE9; par l&#x2019;&#x153;uvre, v&#xE9;ritable d&#xE9;bauche fantasmatique : inceste, p&#xE9;dophilie, voyeurisme, transexualit&#xE9;, parricide, matricide, rien ne manque au chapitre des tabous. Une gamine, viol&#xE9;e par un p&#xE8;re qui la contraint &#xE0; observer les &#xE9;bats de ses g&#xE9;niteurs, enferm&#xE9;e dans l'&#xE9;tui d&#x2019;un violoncelle (espace corporel transitoire) se substitue, par l&#x2019;imaginaire, &#xE0; sa m&#xE8;re. Ivre de jalousie, l&#x2019;&#xE9;pouse la maltraite. La fillette tue la m&#xE8;re, au propre comme au figur&#xE9; et devient le jouet des turpitudes paternelles. Aux fous, l&#xE2;chez les chiens ! N&#x2019;en jetez plus ! Ce condens&#xE9; de d&#xE9;viances, outre des qualit&#xE9;s plastiques ind&#xE9;niables (somptueuse photographie de Yuichiro Otsuka), p&#xE8;che par un final trop explicatif o&#xF9; la v&#xE9;rit&#xE9; reprend ses droits. Dans l&#x2019;intervalle, on aura &#xE9;t&#xE9; terrass&#xE9; par une crise cardiaque, cons&#xE9;cutive aux limites assign&#xE9;es par une &#xE9;ducation catholique stricte (dont on a encore bien du mal &#xE0; se d&#xE9;prendre). <br/>
Aura-t-on, au final, trouv&#xE9; en Sono Sion l&#x2019;auteur inesp&#xE9;r&#xE9;, sorti de la graisse du fa&#xE7;onneur d&#x2019;images ? La r&#xE9;ponse est sujette &#xE0; caution. Mais l&#x2019;univers foisonnant et transgressif du metteur en sc&#xE8;ne, qui voit le r&#xE9;cit exulter, int&#xE9;resse. Songes &#xE9;veill&#xE9;s, les films r&#xE9;affirment la pr&#xE9;cellence de l&#x2019;art par o&#xF9; se mat&#xE9;rialise la profonde crise morale d&#x2019;une soci&#xE9;t&#xE9; d&#xE9;cadente.
Photogramme : Strange Circus. &#xA0;

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&#xA0;&#xA0;</p><p><small><a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/japonizz/sono-sion-le-songe-dun-homme-eveille.html">Commentaires</a>&#xA0;(11)
        <br/>Cat&#xE9;gorie:&#xA0;<a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/japonizz">Japanizz</a><br/></small></p><p><a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/p521.html">&#xAB; pr&#xE9;c</a>
	   	 &#xA0;|&#xA0;
	   	 <a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/p519.html">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- COMMENTAIRES -</p><p><b>Eliot</b><br/>18.09.2006, 10:27<br/>Videodrome meets Calderon de la Barca<br/><br/><b>Georges</b><br/>20.09.2006, 02:22<br/>La vie c'est la libert<br/><br/><b>sandrine</b><br/>21.09.2006, 01:37<br/>Eliot,<br/>
Bien vu ! Cette s&#xE9;quence, tr&#xE8;s organique (canal vaginal et t&#xE9;l&#xE9;visuel), &#xE9;voque en effet le cin&#xE9;aste canadien dont j'attends avec impatience le Eastern Promises, esp&#xE9;rant qu'il tienne toutes les promesses de son titre (Naomi Watts et Vincent Cassel au g&#xE9;n&#xE9;rique).<br/>
Georges,<br/>
La vie est une prison. Suicidons-nous ! (Attention, l'exposition prolong&#xE9;e au film Suicide Club peut avoir des cons&#xE9;quences directes sur votre app&#xE9;tit de vivre et votre productivit&#xE9;). D'ailleurs, je m'inqui&#xE8;te pour vous car vous n'avez pas fini votre phrase. Le coup sera parti trop t&#xF4;t ?<br/>
<br/><br/><b>Georges W. B.</b><br/>22.09.2006, 00:05<br/>La libert m'a tu&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;&#xE9;<br/><br/><b>willy</b><br/>22.09.2006, 01:18<br/>Cela semble tr&#xE8;s impressionant !<br/><br/></p><p>1-5&#xA0;/&#xA0;
			  <a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/japonizz/sono-sion-le-songe-dun-homme-eveille.html&#38;page=2">11</a><br/><a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/japonizz/sono-sion-le-songe-dun-homme-eveille.html&#38;page=1#comments">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- LAISSER UN COMMENTAIRE -</p><p><fieldset>Nom<br/><input name="commentauthor" emptyok="true"/><br/>Email<br/><input name="commentauthoremail" emptyok="true"/><br/>Url<br/><input name="commentauthorurl" emptyok="true"/><br/>Commentaire<br/><input name="commentcontent" emptyok="true"/><br/></fieldset><br/><anchor><go href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile/japonizz/sono-sion-le-songe-dun-homme-eveille.html" method="post"><postfield name="ID" value="520"/><postfield name="action" value="moblog"/><postfield name="moblog[comments][comment_author]" value="&#36;commentauthor"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_email]" value="&#36;commentauthoremail"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_url]" value="&#36;commentauthorurl"/><postfield name="moblog[comments][comment_content]" value="&#36;commentcontent"/><postfield name="moblog[comments][comment_autobr]" value="on"/><postfield name="moblog[comments][_submit]" value="OK"/></go>OK</anchor><br/></p><p align="center">- NAVIGATION -</p><p><a href="/mobile">Accueil de Blog</a><br/><a href="/mobile/latestcomments">Derniers commentaires</a><br/><a href="/mobile/all">Cat&#xE9;gories</a><br/><a href="/mobile/galleries">Galeries</a><br/><a href="/mobile/blogroll">Liens</a><br/><a href="/mobile/archive">Archives</a><br/><a href="#top">Haut de page</a><br/><a href="#bottom">Bas de page</a><br/><a href="/mobile/about">A mon sujet</a><br/></p><p align="center">- META-NAVIGATION -</p><p><a href="http://home.kaywa.com/mobile">Accueil de Portalog</a><br/><a href="http://register.kaywa.com/mobile">Inscription</a><br/><a href="http://help.kaywa.com/mobile">Aide</a><br/><a href="http://about.kaywa.com/mobile">Impressum</a><br/><a href="http://tos.kaywa.com/mobile">Conditions</a><br/></p><p>&#xA9; 2004-2006 Kaywa AG. Tous droits r&#xE9;serv&#xE9;s.</p></card></wml>
