23/10/2005 Quelque chose de toi est passé en moi
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Ce texte a déménagé ! Vous pouvez désormais le lire à cette adresse.
A bientôt sur Contrechamp Media
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Commentaires
Exterieure, à travers le portrait de solitaires en marge de la société ( Rage, Scanners, Dead Zone...), la métamorphose ( comme déréglement ) s'installe aussi à l'intérieur de la normalité : la famille ( Chromosome 3 ), l'individu dans son quotidien et ses objets ( Frissons, Videodrome...).
Paradoxalement ( pour certains ! ), je ne ressens aucune peur, horreur à la vision de ses films mais de la fascination.
Nous aussi, ne souffrons nous pas d'une identité inachevée, pour désirer la perdre, la dissoudre en la transformant dans un devenir autre...vertige de la dépossession, de la perte de soi...
Je garde un souvenir halluciné de Crash, son côté crépusculaire et nocturne, l'érotisation et le fétichisme, la douleur et la souffrance comme vecteurs de la connaissance sensible au monde ( manière de le rejoindre et d'y être ). D Cronenberg rejoint là un autre grand cinéaste : A Ferrara pour qui le passage par la dépossession, la perte de soi ( chez Ferrara cela prend l'aspect de la figure du vampirisme, de la drogue, de la dissolution de l'être dans la passion, de la transgression..) constitue non pas un moyen d'échapper au monde mais de le rejoindre. Chez celui-ci, le film emprunte dans sa forme le chemin de cette expérience entre dislocations, béances, jaillissements ( je pense à Blackout )...l'intériorise en quelque sorte...à la différence de Cronenberg qui porte un regard plus distant ( clinique dirait certains ). Le Festin nu m'avait impressionné dans les risques pris dans une représentation littérale, frontale issue peut être de cette distance.
Voilà quelques impressions écrites dans l'urgence matinale...sont-elles pertinentes ? Délirantes ?
Toutes mes excuses pour leurs côtés chaotique
La linéarité est ce qui frappe d'emblée dans le dernier Cronenberg. Histoire simple en apparence, mais traversée par un réseau complexe de sens. Cependant, je ne suis pas vraiment d'accord avec toi sur le caractère gore du film. La violence y est fulgurante, pléthorique, certes, mais nous ne sommes pas dans le registre du gore.
D'autre part, History n'est pas un film sur la schizophrénie (et je te rejoins sur le ratage de Spider). Il pointe une ambivalence intrinsèque, toute entière contenue dans notre propre rapport à la violence (Cronenberg en parlait à la Cinémathèque). C'est en cela que la scène de sexe dans l'escalier, qui cristallise ces sentiments ambivalents, est un sommet.
"Un opus néo-classique de Ford à Shyamalan, conjuguant le western et le film noir, dans lequel une famille doit prendre en charge la figure du héros, et la violence qu'elle charrie. "
Très juste !
Je n'ai pas à juger de la pertinence de vos écrits car ils traduisent une vraie expérience de spectateur. En cela, ils sont largement légitimes ! :-)
En plus, vous me parlez de Ferrara, dont je suis une inconditionnelle. Je ne peux que souscrire. Certains rapprochent à tort Lynch et Cronenberg, ce qui énerve respectivement les deux cinéastes. Raccourci hasardeux car la démarche diffère radicalement.
Crash ou l'amour fou, pour poursuivre sur votre tour d'horizon de la filmo. Chromosome 3 est, à mon sens, le film le plus malaisant et le plus violent de son auteur.
Cronenberg venait de se séparer de sa 1ère épouse et se battait pour le droit de garde de ses enfants....
tu ne pourras pas nier la présence de plusieurs plans gores, c'est ainsi qu'ils incitent à relativiser la sobriété du film, quand bien même ils opèrent en tant que ponctuation(puisque ces plans concluent les séquences d'action). Il en va de même pour l'humour, et cette mesure est justement ce qui permet l'équilibre néo-classique. Ensuite, si je parle de "schizophrénie", c'est pour ne pas déflorer l'intrigue, car il ne s'agit pas de l'étude d'un cas clinique, mais plutôt, en effet, d'une ambivalence intrinsèque, qui opère au quotidien. Enfin, cette dimension quotidienne est justement ce qui en fait un film shyamalanien, puisque l'élément exogène met à l'épreuve l'intégrité de la famille, pour mieux en révéler ses secrets.
Quant à Shyamalan, outre le fait que Cronenberg, lui, ne se regarde pas filmer, je ne vois pas d'élément exogène. C'est le propre passé de Tom Stall qui menace sa famille.
Spider, enfin, bel essai expressioniste, est certes le portrait d'un schizophrène, mais peut-être pas tant un film sur la schizophrénie que sur l'écriture, le processus créatif vécu comme un mal intérieur, un besoin vital.
puisqu'il y a du Hitchcock chez De Palma, il y a du De Palma chez Hitchcock(c'est le propre du maniérisme), en particulier dans Frenzy. Quant à ta comparaison en elle-même, est-ce à dire que l'un des deux cinéastes a fait plusieurs navets ? Enfin, je maintiens que la fin de A History of Violence est typique de Shyamalan, puisqu'elle procède d'une réunion familiale, communiant dans la mort et le silence, tout en étant ouverte, donc sujette à discussion.
Ensuite, si le Cronenberg ne s'inscrit effectivement pas dans une logique sécuritaire(ou comment préserver la communauté?), il n'en reste pas moins que la conclusion consiste à préserver la famille, et donc l'intérieur.
Enfin, qui dit que chez Shyamalan, la communauté est inchangée, et surtout, que les personnages n'ont pas peur d'eux-mêmes ?
Certes, la préservation de la famille est l'enjeu, mais celle-ci est définitivement altérée : le fils a pris conscience de sa violence atavique, la mère de famille sait qu'elle est attirée par la part monstrueuses de son époux. Chez Shyamalan, la peur est générée par un agent extérieur (les aliens, le loup, les fantômes). Il n'y a que dans Incassable (de loin, le film le + intéressant de son auteur) où le héros est angoissé par sa condition extraordinaire.
En somme, chez Cronenberg, il y a contamination du mal (l'endémie, thème de prédilection du cinéaste), quand chez Shyamalan, le mal finit par être circonscrit, contenu, étouffé, écarté.
Dans History, Tom Stall ne se bat pas contre les mafieux mais contre lui-même, et sa part intime : ses propres origines.
pour commencer: j'ai ri,
ensuite, s'il faut bien reconnaître que tout ceci est très théorique, il faut en arriver là pour faire passer l'idée que la dernière séquence de A History of Violence me fait penser à Shyamalan. Idée toute simple à la base, d'autant qu'elle ne dépareillerait pas dans Signes.
http://www.kayuko.com/blog/2005/10/23/12-a-history-of-violence
Etonné que personne n'ait mis ce film en perspective avec Funny Games de Michael Haneke.
Sébastien.