06/7/2005 Le syndrome Solaris
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Commentaires
quant à "lost", more later...
lh.
syndrome "santa barbara"
syndrome "24"
je ne crois pas que la construction au jour le jour du développement d'un personnage nuise au récit, ou ne dénote un tant soit peu un manque de travail d'un réalisateur -particulièrement en ce qui concerne une série télévisée
syndrome "x-men" aussi, je pense au comicbook, pas aux films
il faut poser une idée de départ, les développements et le champ des possibles sont infinis; le but étant évidemment que le scénario initial ne vienne pas en conflit avec l'avancée de la série
revenir sur nina myers, qui aurait cru...?
l'intérêt de "lost" réside(rait, le conditionnel justifié par le fait que, comme vous, slothorp, je ne trouve pas que la construction en question ne soit jusqu'à présent ni riche ni surprenante) dans...
perdu le fil, l'intitution me harasse
je me reconcentre et reviens
lh.
étrange choix quand chaque épisode s'ouvre sur l'oeil d'un protagoniste
sandrine écrit que "l'île matérialise les visions et les souvenirs des héros", et comme elle, j'avais la sensation que l'île offrait à chacun un enfer personnel (dans lequel locke aurait symbolisé une entité maléfique), un peu à la manière multipliée du "huis-clos" de sartre (idée séduisante que ce huis-clos à l'air libre)
entre koh-lanta et "l'enfer" de dante, la série prometteuse déçoit et se régénère à chaque rebondissement
je survole les spoilers de sandrine et attends la suite
lh.
Slothorp : d'accord avec vous sur "24" (mais à partir de la troisième saison seulement). Cependant, je ne vous suivrais pas sur "Lost" ni sur "Alias". "Lost" (puisque c'est de ça qu'ils s'agit) gère de manière assez subtile le passage du singulier au collectif, c'est là sa force.
Bien sûr le récit est roi : c'est la loi des séries. Là-dessus, ne pas s'en tenir à un primat du scénario, que ce soi pour en faire le reproche ou au contraire pour n'encenser que lui. De nombreuses séries (de plus en plus A, de moins en moins B), ont comme "Lost" ou "Alias" le souci de leur mise en scène : soit l'art et la manière "d'enchaîner", d'établir des liens. Ici entre personnages, qui sont aussi des "lieux", une île chaque fois différente. Avènement du "personage-scéne" :chacun se fait le relais du plan suivant, investit l'espace filmique de son propre regard. Multiplicité des points de vue, brouillage constant des cartes. Nous ne sommes pas, de fait, dans un univers de petit malin, même si J.J. Abrams cherche évidemment à nous devancer: il faut trouver soi-même son chemin dans une fiction sans cesse redistribuée, par où le work in progress me semble plutôt un atout.
Abrams n'est jamais dans la fermeture, la volonté de pouvoir. Bien plutôt la volonté de "puissance": tout ce qui, justement, finit par échapper au contrôle du récit (c'est toute la part fantasmatique de ses deux séries phares). Il explore ainsi les possibles de la fiction, partant ceux d'un territoire donné : l'île, source de toutes les craintes et de tous les fantasmes.Il est donc bien question de mise en scène, si tant est qu'on la définisse, pourquoi pas, comme l'imprègnation d'un territoire par un regard, simple ou comme ici, multiplement constitué.
outre le fait que je suis ton analyse, une fois de plus très impressionné par elle
qu'il est amusant de constater combien chacun de nous "voit" la série comme il vit sa propre vie, ses propres cauchemars, ses propres fantasmes
tu parles de vrais rapports noués, tu ne ressens pas cet enfer que j'évoquais quand la série m'enferme moi monstrueusement dans une évidente et implacable présence de l'autre
que ne viennent briser que les apparitions cauchemardesques des uns et des autres -silhouette lynchéenne du père de jack de dos, je ne m'en remets pas
même si : dénouement parachuté, si j'ose dire
(sauf que : l'absence du corps, par souci des autorités de ne pas exporter le corps ou réelle disparition du cadavre?)
ou autre accident
autre avion
autre cercueil
la série noie, à l'image de cette femme au début d'un épisode, que j'aurais vue revenir, moi, indéfiniment, comme une sirène, une tentation d'échapper à l'île -noyez-vous, mourez, venez à moi…
je vous laisse, frissonnants
lh.