05/8/2006 Le bruit qui semble les fasciner
Nous comprîmes l'emprisonnement que c'est d'être une fille qui vous oblige à réfléchir et à rêver et finit par vous apprendre à marier les couleurs.
Nous apprîmes que les filles sont des femmes déguisées, qu'elles comprennent l'amour et même la mort et que notre tâche est de faire le bruit qui semble les fasciner.Nous apprîmes qu'elles savent tout de nous alors qu'elles nous demeurent insaisissables.
Extrait d'un monologue de Virgin Suicides.




Commentaires
C'est doux, acidulé comme un roudoudou, et ça laisse un gout chimique dans la bouche...
Je peux me tromper...
"les filles sont des femmes déguisées" je crois que c'est vraiment la meilleure formulation du thème décliné par Sofia Coppola dans sa "trilogie"...
Sweetback,
Vous êtes maintenant en lien chez moi. Je suis désolée mais vous l'avez bien cherché ! Revoyez le film, le meilleur de la trilogie, à l'aune aussi du billet précédent et de l'analyse in extenso que j'avais pu en faire à l'époque (j'ai remis un lien). Il y a là-dedans une violence qui vous sidérera.
Acidulé, en effet.
David,
Merci pour le lien sur votre texte. Marie-Antoinette me paraît nettement en-deçà de Virgin Suicides. Il faut savoir que ce thème récurrent de l'enfermement occupait Sofia Coppola bien avant qu'elle ne devienne cinéaste. Elle avait signé pour son père le scénario du sketch qu'il a réalisé dans le cadre du film New York Stories (une gamine s'ennuie dans un appartement).
Je vous rends la pareille. Ma politique étant de linker tou(te)s ce(lles)ux qui déposent un commentaire chez moi.
Cela dit, je ne vois pas en quoi "je l'ai bien mérité". Je ne savais pas que cela se méritait justement. Pas encore revu Virgin Suicides, un fois que ce sera fait, je vous tiendrai au courant, en espérant qu'effectivement, j'y trouve plus d'intérêt quèà ma première vision.
Je sais qu'on dira que mon reproche manque d'honnêteté, mais à mon sens le film est trop "parfait". Je m'explique. Toutes les intentions (que vous relevez d'ailleurs dans votre analyse) m'apparaissent parfaitement mises en scène. Tout y est parfaitement clair, précisément dit, presque trop explicité grace à une direction artistique hors pair, à une photo sublime, bref nous sommes là confronté à du cinéma dans ce qu'il à de meilleur. Mais, je trouve l'ensemble trop théorique, trop froid, donc finalement dénué de toute sensibilité, c'est ce qui fait je crois toute la différence entre un bon film et une véritable oeuvre. Ce déficit d'émotion tend à me placer comme extérieur au film, simple spectateur là où je voudrais en être un des acteurs. Certainement que l'intelligence et le clinquant exposés accentuent ce sentiment. C'est d'ailleurs le reproche que je ferai aux films suivants de la réalisatrice. Deux séquences trouvent malgré tout grace à mes yeux, sans doute parce que ces séquence font appel à plus de "circulation". Celle des disques qui dialoguent par téléphone (et là justement le split-screen, vient - presque encore une fois - trop surligner, cette circulation), car il se joue ici, justement un échange, une communication, dans le film qui m'en semble toujours privé. Et, la séquence finale du suicide collectif, où, comme vous l'avez justement remarqué, les moyens utilisés pour ces suicides sont tous plus ou moins liés à une idée d'asphyxie et d'étouffement. La sobriété utilisée dans cette séquence est touchante. La "joliesse" du film s'échappe ici pour laisser véritablement la place à la mort.
Voilà à peu près ce que je voulais vous en dire...
Mais sans abuser de politique des auteurs, la réunion des trois films, la déclinaison du thème me parait vraiment intéressante. Je n'ai pas vu New York Stories, je vais essayer de trouver ça.
je me rappelle plus de ce monologue, mais c'est beau