01/10/2006 India Song
Bonjour,
Ce texte a déménagé ! Vous pouvez désormais le lire à cette adresse.
A bientôt sur Contrechamp Media

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Commentaires
Vous remettez vous ?
OU Jeune homme au balcon d'un théâtre non ?
Pour ménager votre vue, j'ai agrandi l'image. Sinon, je suis toujours alitée et fiévreuse. Vous connaitriez quelques rites vaudou ?
Cher Gustave,
Réajustez donc votre monocle ! Caillebotte était un bourgeois, issue d'une famille de banquiers. Il est probable que cette scène ait été saisie dans l'Hôtel familial de Caillebotte, rue de Miromesnil. Le Paris moderne l'inspirait, ainsi que les jardins, la Seine et les voiliers... C'est le frère de l'artiste qui pose ici. Je trouve la composition du tableau extraordinaire : ses cadres dans le cadre, la superposition des points de vue, les contrastes de couleur.
Mais mon billet n'aura qu'un rapport lointain avec tout ceci. :-)
Mais, même si vos références au muet et au parlant, à l'écran du cinéma sont parfaitement de mise et donnent à ce billet toute sa profondeur et sa qualité, j'ai malgré tout envie de vous dire, que si c'est vraiment cette désynchronisation qui vous retient de composer son numéro de téléphone, vous avez sans doute raison, mais si cette désynchronisation n'est QUE le fruit de vos réflexions sur le cinéma, alors, merde, appelez-le...
Sinon, je connais bien des rites, mais des vaudous, non... Soignez-vous...
C'est en filtrant l'incident par le prisme du cinéma (donc a posteriori) que j'ai compris ce qui m'avait profondément déçue dans cette rencontre. Je chérissais l'image mais je n'ai pas aimé son incarnation. De manière générale, je suis très sensible à la voix de ceux qui m'entourent et à celle des acteurs. Certains jouent juste mais parlent faux. C'est surtout vrai au théâtre cette dissonnance. Chez Bresson, ce décalage, cette affectation dans la diction est tellement élaborée que les corps en sont transcendés. J'aime aussi les voix chez Dreyer, blanches, qui renvoient un peu à la musique de Bach.
Cependant peut-êre faut-il faire une distinction entre la diction et la tessiture. Le voix bressonniennes sont avant tout des dictions...
Les voix à accents des acteurs de la nouvelle vague sont une autre forme de recherche. J'éprouve beaucoup d'emotion à l'écoute de Karina ou Jean Seberg, mais peut-être suis-je encore plus touché par le silence de Seberg dans "Les Hautes Solitudes", le retour au muet, peut-être est-ce là, la solution... Je ne sais pas pourquoi je dis ça... La fièvre peut-être...
[Allitée et fiévreuse, on vous envierait cet état, dites...S'il n'est pas enviable, et qu'il dure depuis tant de temps, c'est que vous en aviez trop fait, et que votre corps obtient par l'épreuve du feu qu'il s'impose le repos que vous ne lui daigniez accorder...Rabibochez-vous, les deux...]
Vosu avez raison sur le dsitingo. Ce que vous me dîtes ("le retour au muet") me fait penser aux expérimentations de René Clair dans Sous les Toits de Paris. Et puis le silence est une invention du cinéma moderne. Les exemples abondent (HHH, E. Khoo pour les plus récents).
SoE,
Notre dialogue à nous est bien réel, même s'il emprunte la "voiX" du net. Je suis toujours étonnée ou ravie par vos interventions et vos billets dont je recommande expressément la lecture. Sinon, j'ai renoncé depuis bien longtemps à me réconcilier avec mon corps. Quant à mes désirs, ce billet est un exemple piteux de ce que je peux bien en faire !
Gaby,
Etes-vous certaine ? Le reflet dans la vitre, le sujet masculin dont on ne voit pas le visage mais le profil en amorce. C'est un tableau très sonore, ne trouvez-vous pas ? Puissance de l'évocation, on entend la rumeur de Paris qui remonte par la fenêtre ouverte. C'est presqu'une focalisation interne (ce qu'entend le personnage, ce qu'il voit et pense). Point de vue redoublé par celui du peintre et du spectateur qui regarde. Et puis enfin, la modernité. En tout cas, votre anecdote illustre à merveille le hiatus dont je parlais. Merci !
Ravi Shankar,
Ah, j'aurais du m'en douter ! Même Hitchcock doublait ses acteurs ventriloques !
SoE : le temps des fiacres était aussi celui du chauffage au charbon, et les murs de Paris en étaient noirs !
Sandrine, vous êtes trop bonne d'encenser le misérable vermisseau qui se prosterne devant vos lumineux geysers...La mécanique du désir est complexe, n'est-ce pas..? N'était l'humain si épris d'absolu, lotus aux pieds fangeux, dressant vers l'éther une tête orgueilleuse...
Vous parlez de Duras. Avez-vous vu "Les enfants"? Pas moi, mais y joue un acteur étonnant, Axel Bogousslavsky, qui a un corps de vieux et une voix d'enfant, d'où une inévitable étrangeté.
N'évoquais-je pas dès le départ le balcon d'un théâtre comme une ouverture sur la grande pièce de la ville ?
Après, nous célébrerons dignement les vainqueurs.
Mais effectivement, je m'engage à apparaître sur mon blog à cette grande occasion....
« Comme il habitait les Batignolles, étant employé au ministère de l’Instruction publique, il prenait chaque matin l’omnibus, pour se rendre à son bureau. Et chaque matin il voyageait jusqu’au centre de Paris, en face d’une jeune fille dont il devint amoureux. C’était une petite brunette, de ces brunes dont les yeux sont si noirs qu’ils ont l’air de taches, et dont le teint a des reflets d’ivoire. Il la voyait apparaître toujours au coin de la même rue. Elle courait d’un petit air pressé, souple et gracieux ; et elle sautait sur le marchepied. On rencontre parfois de ces femmes qu’on a envie de serrer éperduement dans ses bras, tout de suite, sans les connaître. »
(extrait d’une nouvelle parue dans le Gil Blas, 20 novembre 1883 )
Vive la ville et le quotidien comme lieu de rencontres impromptues au détour d'une vitrine, d'un omnibus , d'un café ...etc
Quelle impétuosité !
Gustave C,
Troublant, d'autant que j'aime particulièrement Maupassant....