20/7/2006 Si tu as des mots plus forts que le silence....
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Commentaires
Tiens vous aimez Griffith qui ne fut pas, c'est le moins que l'on puisse dire, un modèle de progressisme...:)
et si, plus simplement, Paul Auster ne savait pas voir les images, ne savait pas déceler leur ambiguité...(et je suis d'accord avec Hypogriffe, la pureté dans ce cas là, c'est d'un bête...)
La moitié de mes réponses sont refusées sur ce blog et me voilà contrainte au silence que je recherchais en m'absorbant dans le cinéma muet.
Auster n'est pas un cinéphile, au sens, où il ne manifeste pas une vraie expertise du regard. Ses considérations sur le medium restent fragementaires. Elles sont celles d'un amateur, au sens noble du terme. C'est d'autant plus frappant dans le très décevant Livre des Illusions.
Son point de vue n'en demeure pas moins intéressant, même si, comme le soulignent fort justement Hypogriffe et JS, cette question de "pureté" est sujette à caution. Terme très connoté depuis Bazin, mais je pense que l'écrivain n'en a pas la même acception. La pureté est à entendre, il me semble, du point de vue du dépouillement originel des images, de le poésie secrète qui s'en dégage.
En cela donc, Auster n'a pas tort. Je ne pensais pas être si remuée face aux premiers films de l'histoire du cinéma (disponibles en DVD sur play.com : Early primitives and Pionneers par le British Film Institute).
Mais cette frontalité, un langage cinématographique qui s'invente en direct, ses intuitions, sa modernité, en somme, émeuvent.
J'ai bien sûr choisi Griffith sciemment, mais on est déjà plus tout à fait dans le cinéma primitif...
Ce passage associé à cette photo me touche...il ne s'agit pas d'énoncer une position, un principe mais de mettre en evidence un rapport, une relation aux images.
Comment rendre compte de ce rituel qui consiste à se rendre dans un lieu ou apparaissent/disparaissent des formes, des figures qui nous interpellent parfois de très loin ( cf la photo choisie )
Je viens de lire le livre d'un Ethnologue Patrick Deshayes " les mots, les images et leurs maladies " essai chez les indiens Huni Kuin, leur projetant des images que celui-ci a pris, celles-ci sont assimilées par les indiens à des visions sous hallucinogène pris lors de rituels chamaniques...peut-être que le cinéma a finalement à voir plus avec la vision, comme une manière de rechercher, de retrouver, de faire émerger des choses souterraines
Peut-être que je m'egare...
Il existe un documentaire " sur un film à faire..." ( je ne suis pas sûr du titre ), j'avais trouvé sa pensée saissisante.