De gauche à droite, photogramme extrait de Decasia et portrait de Bill Morrison.


Première vraie découverte de L'Etrange Festival, le réalisateur américain Bill Morrison, qui a rencontré une assistance hypnotisée par son film Decasia (titre qui vient du verbe "to decay", "se décomposer"), un projet composite en collaboration avec le compositeur Michael Gordon.

A travers un montage poétique de films altérés par le temps - il n’y a donc ici aucune intervention sur pellicule, procédé courant dans le cinéma expérimental - Morrison interroge la mémoire et la trace.
A la circularité du film de Morrison, qui s'ouvre et se referme sur le même plan signifiant de dervich tourneur, répond l’envoûtante symphonie de Gordon.
Sa musique répétitive et cyclique se déploie parfois jusqu’à l’effroi. La dimension anxiogène des images, comme habitées par la conscience intime de leur propre disparition, se couple avec leur fabuleux pouvoir hallucinogène. Au détour de taches, éraflures et striures apparaissent des silhouettes fantômes, naissent des raccords inattendus. Une splendeur visuelle et sonore.