13/7/2005 Les yeux grand ouverts


Dans son dernier chef d’œuvre de noirceur, Spielberg raconte une histoire personnelle de l’œil, laquelle s’accomplit dans la béance. Qu’est-ce que La Guerre des Mondes ? Un œil crevé.
Véritable odyssée du regard, le film ne met pas en scène la faillite d’un père mais bien une hémorragie du "voir". Pendants organiques à cette effusion, les Tripodes, cyclopes qui trouvent dans l’herbe rouge viscérale, leur nerf optique. Les machines incarnent la surpuissance du "voir". Une fois éventrées, elles déversent leur humeur (la cuve de sang) dans une séquence finale qui évoque l’œil lacéré du Chien Andalou de Bunuel.
Premier coup porté à l’intégrité de l’organe oculaire, le trou dans la vitre, percée du canal, ouverture de la brèche salutaire et délétère par où s’engouffre le visible, et partant, la connaissance. Dans la mire, s’inscrit le père puis, plus tard sa fille, à travers un pare-brise. Rien ne peut dès lors enrayer l’endémie. C’est inéluctable : une fois que les personnages ouvrent les yeux, ils ne pourront plus jamais les fermer.
- Don’t he never sleep ? s’exclamait le garçonnet dans La Nuit du Chasseur, à propos de l’inhumain pasteur (vraie machine de mort lui aussi), lancé à ses trousses. Autrement dit, "ne ferme t-il jamais les yeux" ?
La monstruosité se matérialise à travers cette surexposition au et du réel. A cette différence que dans La Guerre des Mondes, le moindre cillement de l’œil s’avère crucial. Il y a donc déplacement d’un film à l’autre, du monstre à l’enfant. La jeune héroïne, chez Spielberg, devient ce monstre de clair-voyance.
"Garder les yeux grand ouverts", telle est l’injonction. Tim Robbins, l’ancien ambulancier, rappelle que seuls les blessés qui restent les yeux ouverts jusqu’à l’hôpital ont une chance de s’en sortir. Avant de sombrer dans la folie.
Le monde aveugle, cavités d’où émergent les robots, révèle son insoutenable vérité, sa béance monstrueuse. L’horreur se dévoile par une autre métonymie : la croisée d’une fenêtre, celle-là même par laquelle le mal est entré, avec la balle de base ball. La vitre, et avant elle les écrans de télévision, derniers remparts de distanciation, ont volé en éclats depuis longtemps, selon la logique de l’œil crevé, évidé de sa substance. Impossible de se dérober au mal.
Loin d’être un énième récit de préservation du groupe, La Guerre des Mondes, au contraire, entérine l’idée que les enfants doivent faire par eux-mêmes leur propre expérience du mal. Le père aura beau boucher la vue de sa progéniture, la fillette dorénavant sait et voit avant tout le monde : les cadavres dérivant sur le lit du fleuve (scène primitive et envers mortifère de La Nuit du Chasseur) ou le tripode sur les hauteurs de la colline, quand un cortège de dos tournés l’ignore encore. Le fils s’affranchit, quant à lui, de la tutelle paternelle, pour éprouver seul son regard :
- Il faut que je voie ça !
En somme, c’est par l'occlusion que la vérité advient dans La Guerre des Mondes. Là où Spielberg réaffirme magistralement l’omnipotence du regard, un certain cinéma américain tend vers la cécité, un cloisonnement accru du visible.
Le film de Spielberg inspire de belles notes, à lire ici et là.



Commentaires
Sur une belle journée (annonce la météo)
Et toujours pas de texte publié !!!
A ces lecteurs impatients qui se lève si tôt !!
Aucune indulgence...
Tout ça pour les beaux yeux d'un scientologue... :-)
>> la salle hurle de rire.
A part ça, RAS : enfilade de clichés narratifs et de non-événements.
Si, un seul : une petite fille qui me fait penser à celle de Jeux Interdits. Eclipse.
En tout cas, je suis très satisfaite de trouver des détracteurs du film.
Willy, rien d'étonnant ! Writ (bienvenue), je vais m'employer à vous convaincre.
Vous pouvez d'ores et déjà aller lire la belle critique de Sébastien qui, outre trépigner d'impatience, est aussi en lien chez moi.
Enro (bienvenue chez les fous !) : vous avez tout compris. L'essentiel, c'est bien les yeux hallucinés de Dakota Fanning !
A bientôt
Non, tu n'anticipes pas du tout sur le texte à venir car je ne comptais pas évoquer Carpenter mais bien m'attacher uniquement à la mise en scène magistrale de Spielberg, autour de la thématique du regard. Mais je n'en dirai pas plus pour le moment. :-)
PS : as-tu reçu mon mail à propos du veejaying ?
Vincent,
Effectivement, il y a beaucoup à dire et je te remercie de ton soutien ! :-) J'ai le même ressenti que vous : des joies de la spectacularisation, du sentiment mitigé suscité par le happy end.
Texte ce soir donc car malheureusement écrire sur le cinéma n'est pas mon job à temps plein !
spielberg après Le Terminal plutôt sympathoche, nous offre un mauvais film ponctué d'une morale divine et providencielle, une oeuvre de propagande scientologique en somme...
ps: c du 200ème degré où je ne m'y connais pas
(Tirez your own conclusion.)
spielberg après Le Terminal plutôt sympathoche, nous offre un mauvais film ponctué d'une morale divine et providencielle, une oeuvre de propagande scientologique en somme..."
la morale, c'est celle du livre, que vous n'avez manifestement pas lu... HG Wells l'a écrit au début du 20e siècle, et la scientologie n'existait alors pas...
C'est étrange d'écrire un billet sur le décloisonnement du regard, et de constater qu'il n'y a pas qu'au cinéma qu'il y a des aveugles !
Je rejoins Tlön dans ses excès amoureux, en dépit de quelques réserves sur la fin. Mais j'attends les lumières de JS à ce sujet. L'occasion de ferrailler encore et toujours !
Sur la scientologie : ça me semble franchement hors sujet.
Cette remarque ne dénie en rien le possible talent de Spielberg, notamment sur le jeu du regard que semble évoquer S., mais mérite une réelle interrogation.
- Out !
- Second service…
- Out !
- Double faute.
Can Niala et Scanner be more explicit ou ai-je déjà le cerveau ramolli par 3 journées de plage intensives ?
Love.
S.
Seulement le « service des yeux » that made me react, foolish pour foolish, tac au tac. The machine has quelquefois his own irrational behavior, savez. I must have had un coup (et not du plomb) dans l'aile.
Enjoy farniente mam'zelle. I'll stay quiet.
réponse:
peut -etre que la scientologie n'existait pas du temps de welles, evidemment que dis-je!
peut-être que je n'ai pas lu le bouqui, c'est d'ailleurs vrai: je n'ai pas lu "la guerre des mondes".
maintenant qu'est-ce qui m'empêche, comme simple spectateur, de pouvoir critiqué ce film de Spielberg.
La guerre des mondes est antérieur à l'eglise de scientologie, donc, qu'est-qui m'empêche de penser qu'elle est l'une des ouevres ayant pu inspirer son fondateur?
qu'est-ce qui m'empêche de penser que Spielberg, sous la pression plus ou moins perceptible de son producteur "Cruise" a offert un film de propagande scientologique...
malgré les qualités incontestables de mise en scène, Spielberg s'est peut-être planté!
a vérifier...
Oui, bien sûr, on peut arguer, avec justesse du reste, qu'un film ou une image est ce qui est vu, est le regard déjà ; mais justement, parfois aussi le regardant prend le pas sur le regardé, le dépasse, existe en dehors de lui.
C'est votre regard qui présente un intérêt dans cette "affaire" : pas l'objet regardé. Si vous étiez cinéaste, vous feriez une Guerre des Mondes que j'aimerais voir. Vous avez déjà entamé celle que Spielberg n'a pas faite, mais que peut-être déjà vous désiriez et dont vous aviez le bâti dans le fond de l'oeil.
(Tlon, vous êtes un subtil ironicien, j'en profite pour vous dire merci pour votre adorable lettre à W.)
J'entends bien votre propos, mais rien ne l'étaye. Faîtes-moi la preuve que Wzr of The Worlds est un film de propagande, au service de la scientologie, en vous fondant sur la mise en scène, l'argument narratif. J'ai vu le film plusieurs fois et cet aspect là ne m'a décidément pas frappée.
De triste mémoire, il existe bien un film "scientologue" : Battlefield Earth avec John Travolta, d'après Hubbard (le fondateur de cette secte) et signé par un obscur réalisateur.
Writ,
Rouge de confusion je suis ! En même temps, vous signalez implicitement une faillite : je n'ai pas réussi à faire la preuve de la force de la mise en scène de Spielberg, si ce texte semble être une extrapolation toute droit sortie de la camera obscura de mon esprit. Las ! Je me réjouis du compliment. :-)
D'un autre côté, il est assez difficile de trancher entre ce qui est "dedans" et ce qui est "dehors" : si vous avez eu ce regard sur la mise en scène, ce n'est pas pure invention, ça ne tombe pas du ciel et n'a rien d'une pièce rapportée. Cela me fait un peu penser à ces discussions entre ceux qui tiennent que les impressionistes peignaient ce qu'ils voyaient, et ceux qui disent que le ciel n'est pas rose. Votre vision a un côté impressioniste. Elle dépasse. Elle est une image à elle toute seule.
Là où je suis plutôt d'accord avec vous, c'est sur l'absence de rapports entre le film et la scientologie. Ce n'est pas parce que l'actualité de l'acteur principal est liée à la sciento qu'il faut la voir dans le film. La scientologie n'est qu'une pièce rapportée ici.
Sur ces rapports à la scientologie, qui m'agacent un peu, il faut rappeler que Cruise est un acteur et rien de plus (c'est déjà pas mal). Un grand réalisateur est parfaitement capable d'obtenir ce qu'il veut de quelqu'un qui ne partage pas ses idées. tant que ce ne sont pas des idées de mise en scène. Et comme cela a été souligné, à aucun moment le personnage de Cruise ne se lance dans des déclarations qui pourraient passer, même de loin, pour de la propagande. Cruise sait s'effacer pour incarner, comme chez Kubrick, et cela nous suffit.
propagande est peut etre un bien grand mot pour un si "moyen" film...
ps: néammoins Spielberg est quand même un maître et là aussi ça s'échappe dans sa "Guerre des Mondes".
Petit rappel : http://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_K._Dick
Si Philip K Dick a effectivement plus ou moins frayé avec la Scientologie vers la fin de sa vie, il aurait tout aussi pu être membre de la Secte des Adorateurs de l'Oignon Sacré, dans l'état psychique où il était à l'époque. Ca m'étonnerait beaucoup que Minority Report, écrit en 1956, ait une quelconque filiation avec la Scientologie... Ah si il y a un rapport (minoritaire, mouarf), on y parle de pouvoirs supranormaux...
Quant à la Guerre des Mondes de H.G Wells la trame en est tellement simple (des extra-terrestres débarquent et exterminent les humains, trame exactement reprise dans le film) qu'on se demande vraiment ce qu'on peut en tirer comme "thèse". Ah si, c'est vrai, il y a encore un rapport, on y parle d'extra-terrestres pas gentils, comme dans "Terre, Champ de bataille".
Bref, si tout oeuvre qui parle d'Extraterrestres et/ou de pouvoirs supranormaux est d'inspiration "Scientologue" (avec l'effet "a posteriori", c'est très fort !), je crois que vous pouvez vous abstenir de fréquenter 90% de la Science-fiction, ou même de toute la litterature de l'Imaginaire.
Enfin, puisque vous avez l'air de causer sans savoir, quelques petits liens pédagogiques :
http://www.clambake.org/
http://www.prevensectes.com/miller.htm
Il faudrait aussi un lien du genre "la SF pour les nuls", mais j'ai bien peur qu'il s'agisse là d'une culture à acquérir...
En partant de ce genre de réaction, je pense qu'on devrait facilement trouver l'influence de la Scientologie dans "Pulp Fiction" ou bien dans "La fièvre du samedi soir", à cause de Travolta. C'est marrant comme ce dernier échappe assez facilement à l'étiquette "Scientologue" qu'on colle systématiquement à Cruise, sans doute parceque Travolta, moins lisse que Cruise, a moins de succès et plus de navets à son actifs (dont effectivement l'inénarrable adaptation Hubbardienne "Battlefield Earth", un désastre du plus haut comique).
Pour en revenir au film lui-même, il est vraiment l'oeuvre de Spielberg d'un bout à l'autre (sauf la fin, qui m'a l'air d'être dictée par la dictature commerciale du Happy-end, le critique du Monde parle même de "faux-raccord"), traversé par les monstres symboliques qui hantent la conscience collective des américains et de bien des occidentaux. J'ai aussi remarqué quelques scènes ou détails qui m'ont l'air d'être tout sauf gratuits, assez pour en faire un texte. Un jour peut-être...
En tout cas, bravo à Sandrine, cela fait plaisir de voir que des gens sont capables de voir un peu plus loin que le bout de leur nez sur ce film, plus loin que la facile association d'idée blockbuster-de-
Spielberg-avec-Tom-le-Scientologue, à laquelle se limite certains, avant même d'avoir vu le film, d'ailleurs.
C'est lamentable de laisser passer cela. Et ça annule tout possible approbation du film...
C'est ça voir plus loin que le bout de son nez !!
N'en déplaise à tous les encenseurs du film !!
Et j'ai du mal à croire que Spielberg se soit laissé dicter cette fin par je ne sais quelle puissance occulte d'Hollywood, il est assez puissant lui-même, son film est produit par son propre studio donc arrêtez de croire qu'il est un petit agneau innocent dans une prairie truffée de loups sanginaires...
Ton propos est pour le moins incohérent. Tu amalgames des choses qui n'ont rien à voir entre elles !
De plus, par "happy end", on entend les retrouvailles familiales et non la dégénérescence des extra terrestres. Qu'y-a-t-il de révoltant dans le fait que les bestioles soient anéanties par des bactéries ? Tu regrettes que le cinéaste n'ait pas filmé une insurrection ? En somme, qu'on ne t'ait pas asséné un énième blockbuster manichéen ? Quelle morale guerrière que la tienne !
De plus, le thème de l'engagement est traité en filigrane par Spielberg, à travers le fils : face à l'ennemi, faut-il fuir ou s'engager ?
Je t'invite à relire l'excellente note de JS (en lien sur ce blog) sur le faux happy end.
Et puis, tant qu'à faire et je rejoins TheSnaiper, relis de la SF : rien que de très classique ici !
Je ne comprends pas que ce film t'échappe à ce point et qu'avec l'arrogance qui te caractérise, tu t'en prennes si violemment à ceux qui ont su voir et apprécier ce film pour ce qu'il est : une vraie oeuvre de cinéma, à la mise en scène magistrale.
Je n'ai guère extrapolé sur la Guerre des Mondes : tous les éléments que je décris sont présents. Il ne s'agit même pas de "voir plus loin que le bout de son nez", mais juste d'identifier et d'assembler, dans l'exercice critique, des éléments purements cinématographiques.
Et c'est sur cette seule base là que l'on peut formuler un argumentaire digne de ce nom.
Ce que tu écris à droite à gauche, ou sur ton blog, me paraît catastrophique car ton propos n'est soutenu par aucune justification par l'image. On est dans le simple ressenti, la critique d'humeur, façon "café du commerce".
Tu n'as pris en compte aucune des analyses ici et là, pour t'en nourrir et les contrer intelligemment.
On est à chaque fois dans la "réaction", voire l'attaque personnelle, quand seuls les arguments cinématographiques doivent primer.
Ce n'est pas en disant que Spielberg ne fait rien de telle ou telle scène qu'avancera la pensée critique. Etaye ton propos, que diable ! Et cesse de donner des leçons à tout va : c'est insupportable. Ici, les lecteurs avaient pour habitude d'échanger, dans le respect mutuel.
TheSnaiper,
Intéressants les liens ! Batterfield Earth ? J'ai tenu 20 mn. Inepte et d'une laideur consommée ! Merci pour votre intervention qui remet une bonne fois pour toutes (je l'espère !!) les pendules à l'heure.
Cependant, je tiens ici à m'excuser auprès de ceux que j'aurais agressés par la violence de ma réaction, ce n'était nullement mon intention.
D'autant plus que cette mort des extra-terrestres, c'est bien celle qui est décrite dans le Livre de Wells, et personnellement, j'aurais été chagriné que celle du film de Spielberg soit différente :-) Donc, à moins de prétendre que HG Wells, visionnaire hors-pair, avait prévu Ben Laden, je ne suis pas sûr qu'on puisse en interpreter grand'chose ;-)
"attendre que les méchants meurent d'eux-même, ou si vous préférez : attendons que Monsieur Ben Laden choppe un vilain cancer de la prostate..."
Perso, j'aurais une préférence pour une cirrhose du foie et/ou une MST quelconque, ça serait drôle...
"C'est lamentable de laisser passer cela. Et ça annule tout possible approbation du film...
C'est ça voir plus loin que le bout de son nez !!"
Quand bien même, si c'était effectivment "la morale" du film, j'y adhère plutôt, je trouve plutot ça sympathique et courageux, dans un pays mené pour le moment par des "warmongers"...
Ca me fait penser irresistiblement à ce proverbe chinois qui dit en substance : "Si tu brules de te venger, assies-toi plutot au bord de la rivière, et attends de voir passer le corps de ton ennemi..."
Ca m'est arrivé quelques fois, et j'avoue que c'est autrement plus "gratifiant" que n'importe quelle vengeance élaborée, toujours au goût amer.
"Et j'ai du mal à croire que Spielberg se soit laissé dicter cette fin par je ne sais quelle puissance occulte d'Hollywood, il est assez puissant lui-même, son film est produit par son propre studio donc arrêtez de croire qu'il est un petit agneau innocent dans une prairie truffée de loups sanginaires..."
Bah non, personne n'a dit une chose pareille, et certainement pas moi, je sais evidemment que Spielberg est maintenant suffisement puissant et fortuné pour faire ce qu'il veut dans ses films, et je ne pensais evidemment pas d'affreux-vilains producteurs dictant la fin du film à Steven... La dictature commerciale
que j'évoquais, c'est tout simplement celle du public et du nombre d'entrées, particulièrement du nombre d'entrées aux USA. Le public (moi y compris, j'avoue ;-)) n'apprécie pas forcément les films qui finissent mal, particulièrement quand ils sont, comme celui-ci, extrêment sombres.
Spielberg est assez puissant pour se permettre de faire des films "d'auteur", mais comme il est justement homme d'affaire avisé, il garde quand même un oeil sur le porte-monnaie ;-)
Avec Massacre à la tronçonneuse, l'un des plus grands films d'horreur.