Nul abattement dans mes propos. Tout juste une timide tentative de filer la métaphore.
Si je suis loin d'adopter le pessimisme de Moretti - trop occupé à mettre en équation fin des idéologies, déclin de la religion et hypothétique mort du cinéma - je peine à voir dans la pratique cinéphile contemporaine (tout comme dans les différents renouveaux religieux, d'ailleurs) une quelconque fonction communautaire traditionnelle. Autres temps, autres moeurs - et grand bien nous fasse.
Ceci précisé, l'ouverture de La Messa e finita n'en reste pas moins poignante et parvient toujours à m'arracher quelques frissons.
Plus que de l'hypothétique mort du cinéma, Moretti stigmatise sa profonde perte de sens, son caractère déprécié et sa perversion par la loi du marché qui tend à sacrifier la création pour une logique de profit. C'est un moraliste.
Personnellement, je préfère Bianca, film plein d'étrangeté et de tristesse.
J'ai grossi le trait et tout comme vous, je ne pense pas, au fond, qu'il y ait,dans la séance de cinéma, une "fonction communautaire traditionnelle". Quoique... Certaines oeuvres tendent à édifier les foules. Proche de nous, le pamphlet de Moore, quelque soient les réserves qu'on ait sur ce film.
Mais au-delà de cela, je voulais rendre compte d'une expérience de spectatrice qui reste intimement convaincue que la projection de cinéma relève tout à la fois du sacré et du profane, dimensions héritées de la tradition.
Au fait, qui est Adam Belinski ?
Ce dont Moretti fait état semble indubitable - bien qu'il ne retienne de l'époque que ses aspects les plus sombres - et ne vaut pas seulement, selon lui, pour le cinéma : religion et politique seraient sacrifiés au même individualisme exacerbé, à la même recherche hédoniste de la sensation immédiate et du profit. Pour s'en convaincre, proche de nous également, le monstre enfanté par Mel Gibson conjugant fondamentalisme religieux, marketing outrancier et démagogie de la sensation. J'aurais tendance à penser que l'effervescence collective générée par ces films est à l'opposé du sacré traditionnel (je n'y place aucun jugement de valeur), voire même le signe d'une sécularisation accrue.
Je vous rejoins pleinement sur Bianca, dont pour le coup je retiens l'extraordinaire séquence finale (il me semble), jaillissement éruptif et fantasmé d'une colère trop longtemps contenue.
Qui je suis ? j'ai ma foi bien peu à dévoiler : ni blog, ni quoi que ce soit d'approchant. Je profite de ce que quelques cinéphiles et critiques de qualité aient choisi de rendre compte de leur cheminement sur la toile, pour y trouver matière à stimuler ma propre réflexion et ma propre cinéphilie.
Commentaires
Si je suis loin d'adopter le pessimisme de Moretti - trop occupé à mettre en équation fin des idéologies, déclin de la religion et hypothétique mort du cinéma - je peine à voir dans la pratique cinéphile contemporaine (tout comme dans les différents renouveaux religieux, d'ailleurs) une quelconque fonction communautaire traditionnelle. Autres temps, autres moeurs - et grand bien nous fasse.
Ceci précisé, l'ouverture de La Messa e finita n'en reste pas moins poignante et parvient toujours à m'arracher quelques frissons.
Personnellement, je préfère Bianca, film plein d'étrangeté et de tristesse.
J'ai grossi le trait et tout comme vous, je ne pense pas, au fond, qu'il y ait,dans la séance de cinéma, une "fonction communautaire traditionnelle". Quoique... Certaines oeuvres tendent à édifier les foules. Proche de nous, le pamphlet de Moore, quelque soient les réserves qu'on ait sur ce film.
Mais au-delà de cela, je voulais rendre compte d'une expérience de spectatrice qui reste intimement convaincue que la projection de cinéma relève tout à la fois du sacré et du profane, dimensions héritées de la tradition.
Au fait, qui est Adam Belinski ?
Je vous rejoins pleinement sur Bianca, dont pour le coup je retiens l'extraordinaire séquence finale (il me semble), jaillissement éruptif et fantasmé d'une colère trop longtemps contenue.
Qui je suis ? j'ai ma foi bien peu à dévoiler : ni blog, ni quoi que ce soit d'approchant. Je profite de ce que quelques cinéphiles et critiques de qualité aient choisi de rendre compte de leur cheminement sur la toile, pour y trouver matière à stimuler ma propre réflexion et ma propre cinéphilie.
Un grand merci à Cinétribulations pour le trackback !