10/9/2004 Ishii mania

Qu'on ne se fie pas aux manières douces de cette humble petite personne : Teruo Ishii, à qui l'Etrange Festival consacre une rétrospective, rivalise d'imagination en matière de sévices infligés à des héroïnes consentantes ! Femmes Criminelles, Orgies sadiques de l'Ere Edo, rien ne manque au panthéon des perversions sexuelles et des châtiments. Ecartelées, empalées, tatouées, brûlées, violées, les séduisantes victimes goûtent aux raffinements sadiques les plus élaborés ! S’inscrivant dans un genre historique nouveau – le Tokugawa – destiné à relever les studios Toei en pleine crise artistique et économique, Femmes Criminelles se décline en trois tableaux distincts. Ces récits, inspirés de la nouvelle de Ryunosuké Akutagawa, Figures de l’Enfer, s'enchainent avec leur lot de perversions sado-masochistes, incestueuses ou saphiques et témoignent de l’asservissement séculaire de la femme japonaise à l’homme.
Le film, qui a été diffusé dans un circuit normal au Japon, résiste au cloisonnement, comme en attestent les débats à l'issue des projections. Le référentiel occidental s'avère en effet bien déplacé pour appréhender une oeuvre dont les codes esthétiques appartiennent à la tradition.
En tout cas, lorsque l’on rencontre Teruo Ishii, on a bien du mal à imaginer que c'est lui le grand ordonnateur des passions charnelles débridées qui consument à l’écran ses personnages. Du nécessaire refoulé propre aux grandes civilisations ?



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