16/6/2005 Fenêtres
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Commentaires
aussi la phrase de baudelaire (idéalement spleené celui-là aussi), loin d'éveiller l'émerveillement de l'imagination, ravive mes terreurs nocturnes
lh.
qu'en est-il des aveugles, des miroirs -fenêtres fermées par excellence?
mince... je me sens intarissable soudain, et frustré évidemment, de ne pas lâcher les mots, tous, histoire de ne pas monopoliser l'espace ;-)
lh.
j'aime, et ça ne surprendra personne ici, l'idée, à l'opposé du poncife aplati qui prétend que le cinéma est fait pour se distraire, d'une noirceur cinématographique, proche de la psychanalyse (je pense à lynch, à cronenberg, à hitchcock justement, avec ces phrases que vous m'apprenez, l'une et l'autre)
lh.
Prends tout l'espace nécessaire. :-)
Ce que tu évoques ne me dit rien. A mon avis, ce doit être dans la collection "Hitchcock présente", programme inégal qui ne valait que pour les présentations du Maître, savoureusement mis en scène.
En revanche, je suis sujette à la claustrophobie et ta simple évocation me donne des sueurs froides (si, j'ose dire !). Quand je lisais la Sorcière de Michelet, l'auteur évoquait le supllice de l'in pace, réservé aux impies, emmurés vivants. Je n'étais pas tranquille....
Damien,
D'où vient cette citation ? J'aime beaucoup, tout comme la phrase de Baudelaire, ambigue et énigmatique.
Mais il est vrai que cette histoire d'yeux, de fenêtres, c'est un peu tarte à la crème, non ?
Topoi de la représentation, de la réflexion critique. "Le cinéma est une fenêtre ouverte sur le monde" (Bazin). Et s'il était fermé sur lui-même, "volets de fer" justement ? Ou fenêtres, paupières de sable ?
voyez-vous? (le cas de le dire)
je pense au célèbre "je est un autre", au "voyage autour de ma chambre" de maistre
comme si le volet de fer ne représentait pas un lieu clos, mais davantage un miroir -ne dit-on pas par ailleurs un "écran de cinéma", comme s'il fallait se protéger de quelque chose, sinon de soi-même?
à suivre, infiniment...
lh.
"Franz Kafka prenait toujours un air très étonné quand je lui disais que j’avais été au cinéma. Un jour, je réagis à sa mimique et lui demandai :
Vous n’aimez pas le cinéma ?
Après avoir réfléchi un instant, Kafka répondit :
En fait, je n’y ai jamais réfléchi. Il est vrai que c’est un jouet magnifique. Mais je ne le supporte pas, peut-être parce que je suis trop visuel. Je suis un de ces êtres chez qui prime la vue. Or le cinéma perturbe la vision. La rapidité des mouvements et la succession précipitée des images vous condamnent à une vision superficielle de façon continue. Ce n’est pas le regard qui saisit les images, ce sont elles qui saisissent le regard. Elles submergent la conscience. Le cinéma contraint à endosser un uniforme, alors que jusqu’ici il était nu.
C’est une affirmation terrible, remarquai-je. L’oeil est la fenêtre de l’âme dit un proverbe tchèque.
Kafka acquiesça et ajouta :
Les films sont des volets de fer."
merci, damien
lh.
fall to space, replier l'espace
le voyage sans se déplacer
est-ce le sable sur les paupières; ou l'ouverture sur le monde de bazin qui évoque chez moi le désert...?
revenir aux fenêtres, aux plans d'hitchcock, me souvenir du film de de palma, "body double", évoquer le voyeurisme, évidemment
ne pas concevoir le cinéma comme un art voyeuriste, alors que
me perdre sur contrechamp, aimer ça
lh.
Lo : tu devrais monter ton propre blog !
il part du principe que le regard est pur, libre, sans considérer une seule seconde que notre regard sur le réel puisse être conditionné par tout un tas de choses (pas besoin du cinéma pour ça)...
inversement, il part du principe que les images de cinéma bloquent la vision à partir d'une vision (le plan) qui nous serait imposée, erreur que font beaucoup de littéraires qui ne comprennent pas qu'une image puisse tout autant convoquer l'imaginaire qu'une phrase. Il y a des phrases qui n'évoquent rien comme il y a des images qui n'évoquent rien. Il y a des phrases et des mots qui sont tout autant des volets de fer (pas seulement pour les yeux mais pour la conscience), c'est une évidence...
C'est pourquoi je ne suis pas sûr d'adhérer complètement à la phrase de Baudelaire, sauf à considérer que certains plans de cinéma, certaine images sont l'équivalent de fenêtres fermées, dont on sent qu'elles montrent une chose pour mieux en cacher une autre (c'est cela je crois, convoquer l'imaginaire...)
C'est dommage que vous ne puissiez voir le film La Spectatrice de Paolo Franchi (qui ne sort qu'en septembre) qui rappelle à la fois Fenêtre sur cour et Vertigo, l'héroïne est sans cesse renvoyée à sa solitude, enfermée dans ce qu'elle observe depuis sa fenêtre. Elle ne vit jamais rien, une existence par procuration en somme. Qui coïncide tout a fait avec le "je est un autre" de Rimbaud, évoqué par lo (belles contributions, de même pour Damien).
A suivre donc.
Cela me dispense de l'écriture de la note ? On verra. Toujours est-il qu'on est arrivé exactement à ce point du débat souhaité !
C'est vrai qu'Odete se hisse pour regarder au dehors, à travers sa fenêtre aveugle pour voir la mort s'ébranler. Vision tronquée mais l'essentiel se joue, à ce moment là du film.
Evidemment Damien (merci pour ces références passionnantes), je ne peux pas adhérer à l'assertion kafkaienne car ce serait renier ma propre cinéphilie. Je comprends le "point de vue" de l'écrivain mais pour autant, JS, faut-il opposer la littérature au cinéma, y voir une sorte de détermination qui les opposerait immanquablement ?
Je te rejoins assez mais pas totalement. Car il y a, dans le cinéma, des images qui "bouchent" également les visibiltés : ce sont les stéréotypes. "Il y a des images qui n'évoquent rien" écris-tu. J'irais plus loin : il y a des images qui ne montrent rien, précisément parce qu'elles ne sont pas dans l'évocation, ne stimulent aucun imaginaire.
Combien de films ne laissent pas de place au spectateur, cet espace intime entre lui et l'oeuvre filmée ? Auquel cas, on est dans l'imagerie et la métaphore des "volets de fer" s'impose.
Et lo devrait ouvrir un blog (je me tue à le lui répéter, belle plume qu'il est mais il a des problèmes avec le support. S'en expliquera t-il ? ). Et Lilith devrait être plus présente, for sure !
Quelque chose m'amuse depuis tout à l'heure : on parle de l'évocation, du visible mais personne n'a remarqué le petit jeu auquel je me suis livrée.
Vous vous doutez bien que je n'ai pas choisi les photogrammes au hasard.Alors quel est le lien entre eux ?
(PS : ce n'est pas la phrase de Baudelaire).
En fait, il suffit de regarder. Levez le rideau de fer !
sinon, a ton petit jeu, ne serait-ce pas l'irrémédiable éloignement des deux membres du couple avec les années...! non?
Maintenant cette question me hante et remets en cause toute la suite du film. Elle serait donc la trace du fantôme qu'elle essaie d'incarner et qui finit par la rejoindre au final. Qui se fait réellement prendre par derrière donc ?
Décidément ce film est bien complexe, loin d'un rideau de fer, plutôt une fenêtre ouverte sur de multiples interprétation.
Pour ton jeux, on fête quelque chose, à la santé de qui faut-il lever son verre ?
Quant au jeu, Phil et toi êtes sur la voie, bien sûr. Mais j'attendais quelque chose de plus précis....
Vous souvenez-vous des personnages ?
Qui est sur le dernier photogramme ?
(je dois quitter l'ordi pour cause de vision de Desesperate Housewives). On y reviendra.
à propos de l'ouverture d'un blog
une idée qui m'effleure, à laquelle je renonce
il faut du courage
je crois
il faudrait aussi de la tolérance
je crois
il est plus facile, lâchement peut-être, de s'exprimer quand l'humeur vous en dit et de ne pas le faire quand
mais oui, c'est une lâcheté
donc : connais-toi toi-même
je l'ouvrirai, à terme, ce blog ;-)
quant au verre que je suis en train de boire moi-même et que je lève à la santé de grace... l'idée serait-elle d'avoir interverti la chronologie des photogrammes?
comme si, du mariage, il y avait peu à peu un éloignement
lh.
juste : le frisson quand grace fait signe, sans savoir que le meurtier revient ("body double", again, scène monstrueuse, cauchemardesque) -photogramme du bas
la voisine du dessus, solitaire, esseulée, lève son verre à l'absence, à l'absent
mariage au premier photogramme, l'homme ressemble à mr. big -non je ne vois pas
à vous
lh.
happy birthday, sandrine?
lh.
(par ailleurs dans le 1er, on dirait presque un tableau ou bien la photo du mariage qui serait encadrée et accrochée au mur;(si on fait abstraction du fait qu'on est dehors, l'arbre...))
Mais cette pensée projetée se met en mouvement à partir de signes. Tout dans le cinéma de A.H fait signe. Double dispositif donc : Projection et machine interprétative.
A noter la force du dispostif puisqu'à partir de 3 photogrammes, la machine s'est mise en marche...
- D'accord avec JS et Sandrine sur Kafka, mais quand même cette phrase est remarquable : "Ce n’est pas le regard qui saisit les images, ce sont elles qui saisissent le regard."
- Sur les trois photogrammes de "Fenêtre sur cour" (me souviens plus très bien du film), il y a une sorte de raccourci de la vie de couple :l'idylle (1), la séparation (2) ou l'indifférence (3)... bon OK ce n'est pas la réponse attendue !
- A Lo : j'ai moi-même longtemps attendu avant d'ouvrir mon blog car j'avais le même genre de scrupules (ou de trac), il ne faut pas en faire une montagne, tout ça n'a pas tant d'importance (façon de t'encourager à sauter le pas !)
(Si « je me souviens » bien, ensuite le rideau restera tiré, noces, then, baudelairiennes - ? - behind une fenêtre fermée. Fantasy.)
2. Miss Lonely Heart.
(Qui fait mine d'avoir un tête-à-tête amoureux. Fantasy pure of an old maid. She sees what she dreams, regard « du dedans ».)
3. The Fiancée et le Mari Meurtrier.
(Envoyée à la recherche of some trace de l'épouse disparue par Jimmy Stewart impotent et planqué, Grace Kelly « engaged et engagée » lui fait signe, meanwhile l'époux, murderer supposé, rentre sooner than expected… Regard du dehors par une open window. Fantasy in black.)
(NB : on number 3, la old maid, I believe, croit que c'est elle que Stewart épie, et, outrée, elle alertera le tueur involontairement.)
So what, mam'zelle ? Three ways of Loving, Looking/Locking, and Killing ? Fantaisies.
Like Mister T said, cabine de projection (and de protection). Besides, l'intrigue, c'est le décor.
So much has been already dit sur ce film, I confess…
Let the curtain be torn.
Quizz en three actes (récapitulons) :
1. Parle avec elle.
2. Une femme est une femme.
3. Driller Killer.
(Just kidding ? Bye.)
Pour le jeu, comme d'autres, je ne peux aller plus loin, car justemment le film est trop loin dans mes souvenirs.
Vous tourniez tous plus ou moins autour de l'idée : conjugalité certes, mais traitée avec ironie par Hitchcock. L'idée du raccourci était aussi là, Damien. 3 photogrammes pour raconter le film en résumé.
Alors une note serait bien inutile après vos commentaires si pertinents. Rien de plus stérile et de redondant qu'une image et le commentaire de celle-ci, quand, en plus, tout a été dit.
Et comme je crois à la force des images, à leur pouvoir d'évocation, je n'ajouterai rien.
(En fait, avec les beaux jours, l'appel des terrasses se fait plus pressant. Qu'on m'excuse cette paresse). :-)
Salutaire par cette chaleur !!