Le Désert Rouge de M. Antonioni.


"Antonioni, incorrigible Italien, ne cesse jamais, lui, de se réclamer de l'esthétique. Ses objets de beauté sont ceux des peintres actuels. Détritus, surfaces rouillées, eaux croupissantes, mécaniques incompréhensibles, murs rongés, Picasso, Gonzalez, Calder, Kemeny, bien d 'autres sont passés par là."

"Quand, dans une parenthèse exaltée, il consent à laisser chanter la nature, c'est d'une nature assez peu "naturelle" qu' il s'agit, où le sable est rose et les rochers semblent faits de chair. Encore est-ce là un paysage non "déformé", soit par les hommes, soit par le cinéaste, un paysage né surréaliste, qui se range naturellement dans le musée de l'auteur, auprès des moments à la De Chirico maintes fois remarqués dans son oeuvre, ces coins de rue déserts et hantés (...)".

Roger Tailleur, Viv(r)e le Cinéma, Institut Lumière, Actes Sud, 1997.