26/9/2006 Le 11 septembre n'aura pas lieu
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Commentaires
D'accord avec Carlito.
Je ne sais pas si le filmage d'Olier Stone est lyrique ou au contraire lourdingue (son intention est limpide mais les scenes de reminiscence familiale sont plutot ecoeurantes). Cela dit je trouve interessante l'idee d'une histoire vu d'en dessous, de sous les decombres, meme si son traitement s'avere tres decevant.
J'ajouterais que voir ce film dans une salle new yorkaise est une experiece assez etrange, ou l'on sait que la moitie des spectateurs vienent revivre, avec un peu de distance, ce qu'ils ont vu de leur fenetre ou depuis la rue ce jour la.
Vous voilà en lien chez moi ! Il est vrai que le postulat de départ de WTC (voir l'Histoire d'un point de vue restreint) était intéressant, mais le traitement invalide l'entreprise. Cette histoire de réception des événements du 11 spetembre par un public new-yorkais est absolument passionnante. Comment réagissait la salle ? Silence compassé ? Indifférence ?
Ludovic,
Vous voilà vous aussi revenu aux affaires, ce qui me réjouit au plus haut point ! Je n'ai pas vu le film que vous évoquez mais perçoit dans la démarche de Stone le même opportunisme, son film ayant pour vocation de prouver son patriotisme après quelques sorties de route et une carrière mal en point.
Sinon, pas trop le temps pour les commentaires, à mon retour peut-être...
Oliver Stone a bien choisi son moment pour la sortie du film. Il sait que c'est une periode delicate pour les new yorkais. C'etait d'autant plus etrange que dehors les deux faisceaux brillaient sur la ville. La salle n'a pas vraiment reagi (moi j'ai un peu rigole mais c'est tout). De maniere generale, tout ce qui touche a 11 septembre ici rend les gens extremement emotifs (du coup, la dramatisation du film et sa musique nont pas vraiment ete critiquees).
Verra-t-on, un jour, à propos du 11-09 des films aussi amples que les grandes réussites sur la guerre du Vietnam ? Pas sûr. Au-delà du Vietnam, « Apocalypse now » ou « Voyage au bout de l’enfer » parviennent à réinterroger la mythologie américaine (par rapport à son territoire, son héroïsme, son patriotisme). De ce que j’ai entendu sur Vol 93 et WTC, on reste vraiment au tout premier degré dans l’exploration de ces notions, sans dialectique ou ambiguïté.
Mais après tout, le film le plus onzeseptembresque du cinéma américain récent n’est-il pas sorti en…. 1999 ? N’est-ce pas « Fight Club », avatar limite de la fiction paranoïaque ? Qu’y trouve-t-on de commun avec l’Evènement ? La description d’une cellule terroriste, un ennemi « de l’intérieur » qui opère avec des moyens dérisoires pour un résultat spectaculaire, le fantasme de toute-puissance, la relation au gourou. Autant de traits propres à l’organisation d’Al-Qaeda. En cela, le personnage de Tyler Durden est un négatif de tous les super héros américains. Et surtout, le film a une approche « à la Paul Virilio » de la catastrophe : non pas un châtiment ou une malédiction, mais l’autre face du progrès, pas uniquement sa face obscure mais plutôt sa face déréglée.
Ce qui manque à cet évènement qui a beaucoup plus été médiatisé qu'il ne devait l'être, c'est un film qui le replacerais dans un contexte politique et historique. Ce qu'il faudrait au 11 septembre, c'est une vision des coulisses.