16/5/2005 Odieux Manderlay

Un film dégueulasse que ce Manderlay, suite de Dogville, dédié à l'esclavage et s'inscrivant dans une trilogie consacrée à l'Amérique.
Je dis tout de suite que j'ai quitté la salle au bout d'une heure de projection, l'insulte au bord des lèvres. Qu'on en juge : nous sommes en 1933 et l'escalvage a été aboli depuis 70 ans. Mais un village vit toujours sous le joug d'une vieille blanche qui a édicté des règles de vie, consignées dans un livre. Bonne fille, Grace prend les choses en main et décide de libérer ces noirs, de leur donner les moyens de s'en sortir. Du néo-colonialisme en somme.
Mais, ô le beau twist : on apprend au final que ce sont ces méchants noirs qui ont écrit le fameux ouvrage. Grace se fait malmener comme il se doit (somiser par un noir !) et se retrouve prisonnière du village, éternelle victime, toujours prête à rempiler !
Infâme cinéma dépourvu de toute dimension politique à l'instar de Trier qui ne voit décidément pas plus loin que le bout de son nez. Et de déclarer qu'il ne croit pas aux séries où il y a un président noir. N'empêche, 24h Chrono réussit là où son cinéma échoue, en conciliant l'intime et le politique. Un marchand de tapis !
De haut en bas : Lars Von Trier, Willem Dafoe, Isaach de Bankolé, Danny Glover.



Commentaires
Après le studio Lars, à quand le parc d'attraction Von Trier !!
Mais c'est pas sûr que la grenouille explose à vouloir avaler le boeuf...
Mais Roger n'a pas tout à fait tort, ça ne fait pas si longtemps qu'il se déplace corporellement à Cannes.
A-t-il garé son camping car à Antibes...
Nevertheless, Mac Mahon for ever !
Pour en revenir à Pierre & Djemila, c'est un beau film sur la tolérance, mais comme toujours chez Blain, c'est sombre, pour ne pas dire plombé, pas très optimiste, un peu daté (1986), surtout par les décors, mais le propos est encore très présent, puisqu'il évoque déjà les possibles ravages de l'intégrisme et des mosqués dans les immeubles. Vraiment si tu peux le voir n'hésite pas.
(comment tu fais pour parler du twist final si tu as quitté la salle au bout d'une heure, hein, hein ??)
'Afternoon gentle(wo)men of the press.
J'ajoute que depuis un quart de siècle que je suis leur lecteur, je n'ai jamais trouvé sous leur plume ne serait-ce qu'une allusion raciste ou antisémite.
Mais, bien sûr, ils ne sont pas marxistes, et c'est justement cela qu'on leur reproche. Le totalitarisme qui sévit dans les milieux culturels affuble de l'infâmante étiquette de "fascistes" tous ceux qui osent penser en dehors des sentiers battus.
Moi, c'est la critique freudo-marxiste qui me jette dans un univers irrespirable, un monde concentrationnaire où règne la police de la pensée, où toute parole qui s'écarte de la norme est disqualifiée et doit être étouffée.
Et ce sont au contraire des francs-tireurs comme Mourlet ou Marmin qui m'évoquent la dissidence, la rebellion, la liberté.
Sur ce thème je conseille la lecture d'un texte d'un autre esprit libre, Christian Lançon, intitulé "De l'inversion des valeurs". Il est publié sur différents sites et on peut facilement le trouver par Google.
Claude Agève