Un film dégueulasse que ce Manderlay, suite de Dogville, dédié à l'esclavage et s'inscrivant dans une trilogie consacrée à l'Amérique.
Je dis tout de suite que j'ai quitté la salle au bout d'une heure de projection, l'insulte au bord des lèvres. Qu'on en juge : nous sommes en 1933 et l'escalvage a été aboli depuis 70 ans. Mais un village vit toujours sous le joug d'une vieille blanche qui a édicté des règles de vie, consignées dans un livre. Bonne fille, Grace prend les choses en main et décide de libérer ces noirs, de leur donner les moyens de s'en sortir. Du néo-colonialisme en somme.
Mais, ô le beau twist : on apprend au final que ce sont ces méchants noirs qui ont écrit le fameux ouvrage. Grace se fait malmener comme il se doit (somiser par un noir !) et se retrouve prisonnière du village, éternelle victime, toujours prête à rempiler !
Infâme cinéma dépourvu de toute dimension politique à l'instar de Trier qui ne voit décidément pas plus loin que le bout de son nez. Et de déclarer qu'il ne croit pas aux séries où il y a un président noir. N'empêche, 24h Chrono réussit là où son cinéma échoue, en conciliant l'intime et le politique. Un marchand de tapis !

De haut en bas : Lars Von Trier, Willem Dafoe, Isaach de Bankolé, Danny Glover.