"Une femme sans parfum est une femme sans avenir" affirmait l'icône de mode Coco Chanel, créatrice du mythique Numéro 5, pour lequel Nicole Kidman prête son image.
Conçu comme un long métrage de cinéma (une production de 10 millions d'euros soit le budget de deux films français, un travail de communication offensif, une volonté de raconter une "histoire éternelle"), le spot ne laisse cependant pas un souvenir impérissable. Vague resucée du baroque Moulin Rouge, la publicité s'origine dans le medium cinématographique dont elle emprunte les codes narratifs et esthétiques. Nul besoin cependant de s'émouvoir. Les noces entre le cinéma et la publicité ont été célébrées depuis longtemps. Ne perdons pas de vue, non plus, que le cinéma est une industrie.
Alors qu'est-ce que cette gesticulation publicitaire produit ? un sentiment de vanité certain. Mais pas uniquement.
Que la publicité soit ratée n'est pas l'important. Il reste Nicole Kidman et sa mythologie. Au firmament de sa beauté et de sa carrière, l'actrice incarne son propre rôle dans une troublante mise en abyme.
La publicité pour Chanel N° 5, objet dérivé, se transforme en un film documentaire sur une star qu'il n'est plus même utile de nommer ("la femme la plus célèbre du monde" entend-on en voix off).
Kidman a annoncé qu'elle mettait fin à sa carrière, ne supportant plus la pression médiatique et les contraintes des tournages. Quand la publicité, miroir réputé déformant, se fait le reflet de la vérité !
Pour faire écho à la phrase de Coco Chanel, Nicole Kidman a aujourd'hui un parfum...et l'éternité devant elle.