21/12/2004 Parfum de femme

"Une femme sans parfum est une femme sans avenir" affirmait l'icône de mode Coco Chanel, créatrice du mythique Numéro 5, pour lequel Nicole Kidman prête son image.
Conçu comme un long métrage de cinéma (une production de 10 millions d'euros soit le budget de deux films français, un travail de communication offensif, une volonté de raconter une "histoire éternelle"), le spot ne laisse cependant pas un souvenir impérissable. Vague resucée du baroque Moulin Rouge, la publicité s'origine dans le medium cinématographique dont elle emprunte les codes narratifs et esthétiques. Nul besoin cependant de s'émouvoir. Les noces entre le cinéma et la publicité ont été célébrées depuis longtemps. Ne perdons pas de vue, non plus, que le cinéma est une industrie.
Alors qu'est-ce que cette gesticulation publicitaire produit ? un sentiment de vanité certain. Mais pas uniquement.
Que la publicité soit ratée n'est pas l'important. Il reste Nicole Kidman et sa mythologie. Au firmament de sa beauté et de sa carrière, l'actrice incarne son propre rôle dans une troublante mise en abyme.
La publicité pour Chanel N° 5, objet dérivé, se transforme en un film documentaire sur une star qu'il n'est plus même utile de nommer ("la femme la plus célèbre du monde" entend-on en voix off).
Kidman a annoncé qu'elle mettait fin à sa carrière, ne supportant plus la pression médiatique et les contraintes des tournages. Quand la publicité, miroir réputé déformant, se fait le reflet de la vérité !
Pour faire écho à la phrase de Coco Chanel, Nicole Kidman a aujourd'hui un parfum...et l'éternité devant elle.



Commentaires
L'économique te trouble ? Si j'ai mis en regard la somme investie pour la pub et le budget moyen de deux films français, c'est pour donner la mesure de l'entreprise. D'aucuns diront "du gâchis" mais comme ce spot m'intéresse pour les raisons que j'ai évoquées, je ne m'y risque pas, préférant laisser le lecteur libre de son opinion.
Skot,
Quel sens de l'à-propos ! :-)
Garder d'une actrice le souvenir d'un spot publicitaire ou celui d'un visage de plus en plus beau dans Dogville ?
Bigre.
Icône du succès populaire, peut-être.
Ayant vu un reportage sur le tournage de la pub, je peux donner des détails budgétaires pour expliquer qu'une somme aussi astronomique ait été investie, car ça a l'air de beaucoup vous troubler !
IL y a déjà le cachet de Kidman, équivalent à celui qu'elle demande pour un film; sa robe, en véritables plumes d'autruche, ses bijoux, la construction du décor, la communication etc...
Quant à "Dieur", cher Philippe[s], j'adeure...
Skot,
T'es pas un peu hypocrite là ?
Quant au budget, de toute façon, ce sont les acheteurs(teuses) qui le paient in fine; alors à quoi bon se formaliser.
Je pense juste que son icônicité ne se fonde pas sur une classe naturelle (elle a pas de "gueule" elle a une "bouille"), ni sur sa singularité (plastique banale) mais sur une image qui va au-delà de la beauté féminine : la beauté-pour-le-peuple, concept peu exploré et pourtant prometteur.
Ceci dit, il faut avouer que tu limites le talent de métamorphose de NK à sa "bouille" papier glacé, alors qu'elle peut être classe aux cheveux courts dans Birth, look prolo dans l'adaptation du roman de Philip Roth (c'est koi déjà le titre ?), ou femme fatale dans tant d'autres de ses films...D'ailleurs, S. a choisi un look particulier pour illustrer son billet, puisqu'on n'a pas l'habitude de la voir brune, et ça lui va bien, non ? Enfin bon, m'est avis que tu lui préfères une autre icône glamour comme Monica B.
NK est avant tout une très grande actrice..
Et au fond tout cela n'est pas bien important. Hips. Joyeux Noël. C'est ma tournée !
... et 2 francs dans le petit cochon !
après je prends les résolution d'arrêter de courir après les trains et d'oser des phrases trop longues pour moi.
bonne année!
Je viens juste pour te souhaiter une très bonne année 2005 avec santé, amour, bonheur, liberté et musique !
Je me contenterai d'un « Welcome home ! » chaleureux, à l'américaine.
Tlön s'autorise une affection que je partagerai donc, sweetheart.
Moland subit une panne internet en ce moment et est sur d'autres projets avant tout. Il va bien, rassurez-vous !
Quant à moi, je reprends du poil de la bête petit à petit.
Bientôt le retour des quizz interdits, du fameux Vibro d'Or que vous vous disputez tous jalousement et de mes considérations pompeuses sur des choses qui n'en valent pas la peine !
En tout cas, vos marques d'affection me font du bien, ainsi que le nombre d'internautes qui a fréquenté ce blog le mois dernier : près de 16 000 ! C'est incroyable ! Je compte monter une SARL prochainement, attirer des sponsors (notamment pour me fournir en "vibros d'or") ! Enfin, j'ai hâte en somme.
J.S. : je veux dire par là que tu es souvent « glacé », « terrifié » etc. — du moins c'est ce que tu donnes à lire…
Moi je dosi dire que sans tes articles, je trouve la blogosphère un peu raz des paquerettes. Et je sais de quoi je parle en la matière. Retape toi vite.
Cyrille
Bon retour sur ton blog ... silencieux !
Ce blog est désincarné : mon corps n'y est pas exposé sciemment ! Donc, même si l'on repousse encore plus loin les limites, je ne peux me figurer 300 internautes fous de mon corps, s'adonnant à un immense gang bang virtuel. Euh... mais tu ne l'avais pas dit ça !
Christian,
Je ne suis pas vraiment fan de Woody Allen mais tu peux d'ores et déjà lire la critique de Sébastien sur Melinda et Melinda, en allant le site de Plume noire, en lien sur ce blog (www.plume-noire.com).
Merci encore à tous pour vos bons voeux. Je poste ce soir un nouveau billet mais d'un cyber café car ma ligne n'est toujours pas raccordée. Aussi, désolée s'il y a un léger temps de latence entre vos commentaires et mes réponses.
Chaque femme est un parfum:
Chaque femme est une star