23/2/2005 Visage-miroir

Fury de Fritz Lang (1936)
"Une méthode souvent appliquée en microdramaturgie consiste à ne montrer que des répercussions. On ne montre pas ce qui est vu, mais celui qui voit. Nous apprenons ainsi par une seule et même image ce qui s'est passé et comment quelqu'un a réagi. "
(extraits de Béla Balazs, Le Cinéma : naissance et évolution d'un art nouveau, 1972, Paris, Payot)

La Féline de Jacques Tourneur (1942)
"Souvent aussi, on s'arrange pour que l'environnement se reflète, au sens littéral, dans le gros plan. Ces reflets sont devenus chose banale. Mais de temps à autre, ils sont destinés à voiler par une atmosphère émotionnelle la banalité ou la brutalité de la vision directe. Si, par exemple, une femme se jette à l'eau, la vision directe de cet acte serait d'un effet si banal que le tragique de l'affaire n'en serait pas même exprimé. Même les choses les plus effrayantes en soi doivent être montrées d'une manière nouvelle et particulière afin de produire un effet terrifiant." Béla Balazs, L'Esprit du Cinéma, 1972, Paris, Payot
Magie du hors champ.



Commentaires
Vous avez encore tout Eschyle et Euripide à me traduire pour demain. Sans cela, vous n'aurez jamais votre passage en première.
retour au cinéma, et évidemment ce que tu écris m'évoque "ring", et ce visage initial, celui de la première victime que sa mère découvre dans un placard, l'image à mon sens la plus terrifiante du film
ou encore "the blair witch project" que nous évoquions récemment, et je te propose une note sur la parodie du film dont tu parlais, histoire de sourire un peu et d'éviter les cauchemars ;-)
à bientôt, lh.
On ne peut rien te cacher. Tu lis en moi comme dans un livre ouvert !
Qui plus est, tu as initié cette série. Les cauchemars ? Je crois que je vais devoir raconter le dernier en date, assez terrifiant.
Quant à évoquer sur ce blog la scène parodique en question, je doute. L'affaire "teen movie" est déjà assez mal passée. Mais j'y reviendrai !
Le visage de Ring est devenu un topos. J'avais lu une critique très drôle dans Libé sur The Grudge (texte de Ph. Azoury, il me semble). Il écrivait quelque chose comme "la demoiselle au teint blafard et aux cheveux devant les yeux est priée d'arrêter son numéro". En gros, ça ne fait plus peur à personne. Sauf à moi qui continue à faire des sauts de cabri sur mon fauteuil.
Quand je pense que Mondzain se méfie de l'émotion au cinéma, "plus-value sur la vérité" ! Je ne parle plus que de mes émotions, au risque de l'indécence : plaisir, peur, larmes. J'en étais incapable quand j'ai commencé ce blog.
En tout cas, j'adore les deux films auxquels je fais référence dans la note.
Euh... Monsieur Crockerharris, c'est pas bientôt fini les conneries ? Je vais devoir parler de vous car hier, j'ai emporté un peu de votre douleur avec moi.
(Pour les non initiés, excellent spectacle de théâtre vu hier soir - La Version de Browning - mise en scène Didier Bezace).
Fury, La Féline, oui, très bons.
Je ne peux dormir tôt, les visages, ou plutôt les regards, même encore les 2 à la fois, sont effrayant, et m'enpêchent de dormir. Il me regardent, le sois, dans le noir.
Je les voyais déja durant mon adolescence difficile...
Je m'étais tellement habitué à les voir que je ne les voyais plus, c'était normal qu'il soient là, le soir, avant que je m'endorme.
Un amie m'avait un peu soigné, par un "dort avec les anges".
Savait t'elle que j'étais tourmenté par eux?
Pensait elle qu'il étaient gentils?
Et si oui, pourquoi font ils peur, est ce une mise en garde?
Les années passèrent, j'eu un grave accident, puis je rencontrai la femme de ma vie, qui dort, tandis que j'écris ici, peut être dans le vide, mon désarroi. Les visages était parfois revenus, mais plutôt partis, et me laissait en paix, avec ma chérie, mon ange chérie.
Ma mère est morte.
Je ne m'en remet pas facilement, et dans mes rêve, parfois elle est la, et je suis toujours si content de la revoir, comme quand j'étais enfant, quand je l'aimais, bien avant de la juger, j'en pleurerai presque...
Ici, loin du sud, égoiste, je ne me préocupait plus beaucoup des petits tracas quotidiens, des problèmes de ma mère, je me croyai soulagé...
Mais ma mère est morte, et j'ai changé, je n'arrive plus à être heureux, les petits bonheur de la vie sont partis, et ce que j'aimais tant ne me rend plus toujours heureux... je ne sais probablement plus donner, et je ne recois plus. Parfois...
Ai je besoin d'un psychiatre? et les visages, les regards, noirs, efrayants, comme des éclairs dans l'ombre, pourrait il les expliquer, autrement que rationnellement?
Si seulement ceci pouvait être rationnel, il aurait bien raison!
Je cherche sur internet, pourquoi il y a cette multitude de regards, de visages, le soir, qui m'observent...
C'est probablement une vision des autres qui me jugent, me regarde et dégueulent sur ma vie...
Enfin, je voulais juste essayer de comprendre mon problème, et éventuellement de vous l'expliquer, mais explique t'on toujours l'inexplicable?
Mes sens ne sont ils pas assez en éveil, ou trop?
Si quelqu'un avait une réponse, ou pouvait m'aider à comprendre cela, j'en serai vraiment très heureux, surtout si les visage voulaient bien dégager grace à cela, ou bien , si cela m'aidait à les apprivoiser, et pouvoir dormir, même sous leur regards...
Peut être qu'on se dispute mon ame dans un autre réel, ou peut être que le choix est fait, ou bien peut être que simplement le poids de ma culpabilité d'avoir abandonné ma mère se traduit ainsi.
Merci chers lecteur, et dites moi si vous le voulait bien, ce que vous en pensez, surtout si vous êtes qualifiés, d'une facon ou d'une autre.
Steph.