30/3/2007 Femmes de pouvoir. De Catherine II à Marie-Antoinette.

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A bientôt sur Contrechamp Media 

 

 


26/3/2007 Studio Magazine a eu 20 ans (moi aussi).



 

Ah, lecteur ! Je te vois déjà vouer aux gémonies Contrechamp, cette demi-mondaine honteuse qui alla s’encanailler jeudi dernier au Showcase, en robe de soirée, négligeant à cette occasion le port du soutien-gorge (dos nu oblige).
Tout cela pour aller boire le champagne d’un magazine qu’elle n’a même jamais lu et qui fêtait ses 20 ans d’existence. Précision tout de même : Studio ne se lit pas mais se regarde. Ca tombe bien, j’étais là pour regarder moi aussi !
Red carpet : les flashes crépitent à l’entrée. J’ajuste ma mise mais c’est Vincent Cassel que l’on photographie derrière moi. Je suis pourtant bien coiffée et rasée de près, contrairement à lui. Il est des mystères insondables...
Je veille à ne pas chuter du haut de mes 10 cm de talons et retrouve Sabrina Mireille, munie du précieux carton d’invitation. A l’intérieur, c’est la remise des César ! Toute la fine fleur du cinéma français transpire de concert et s’embrasse. Tant de chaleur humaine fait vite monter la température ambiante. L’open bar champagne étanche ma soif inextinguible et me rend tellement…sociable !
Au bout de deux heures, j’ai fait la connaissance de tout Canal+, du journaliste du Grand Journal au photographe de plateau. Je maîtrise absolument tous les sujets de conversation : de l’état du documentaire en France à la boxe ! Sujet que je mets en pratique pour me mouvoir parmi la foule démentielle qui se frotte sans vergogne contre moi.
Je retrouve régulièrement Sabrina Mireille, en grande conversation avec Shirley Bousquet, Ludivine Sagnier ou Mélanie Laurent. Alain Chabat manque, dans une bousculade, d’emporter ma robe qui ne tient qu’à un nœud.
A côté de moi, un jeune homme coince Virginie Efira pour lui dire que La Nouvelle Star est la meilleure émission du PAF. Laura Smet a l’air nerveuse et disparaît très vite. Jérémie Régnier m’envoie promener. J’aperçois la discrète et néanmoins excellente actrice Florence Loiret Caille (Trouble Every Day, J’attends quelqu’un), dont la seule apparition me console de ma belge rebuffade. Régis Wargnier se demande ce qu’il fait là. Je l’ai entendu le penser.
On ne serait pas tout à fait VIP si l’on ne se voyait pas remettre de petits sacs cadeaux à la sortie. Parfum, bijou, magazine. Me voilà Muglerisée, Pilgrimisée et Studiosée, comme Gaspar Noé qui a l’air très content. Je l’aurais été également si je n’avais pas oublié mes clés à l’intérieur de mon appartement. J’ai donc erré, clocharde chic, à travers les rues parisiennes. J’aurais toujours 20 ans.


 


24/3/2007 Apprendre à ne plus avoir peur.

A revoir Rocco et ses Frères de Luchino Visconti, chronique familiale poignante, on mesure la presque systématique incapacité du cinéma contemporain à saisir les mouvements de l’âme. Tant au niveau des dialogues que de la mise en scène de l’intime. Il suffit d’une scène de café pour s’en convaincre.
Annie Girardot et Alain Delon se donnent la réplique. Leur beauté fulgurante est celle de victimes sacrificielles en sursis. Nadia, la prostituée, sort de prison. Rocco achève son service militaire. Leur histoire est impossible et pourtant… Dans la tension d’un dialogue où se manifeste toute l’intelligence de jeu des deux comédiens, les personnages tombent amoureux.
La mise à nu des sentiments passe par la littéralité du dévoilement. Nadia ôte ses lunettes noires, une larme roule sur sa joue.
Visconti filme d’abord en plan large, puis enchaîne les champs- contrechamps, pour resserrer sur les visages et achever sa séquence par un plan de détail : des mains qui s’unissent dans l’ignorance d’un destin funeste, à ce moment scellé. Du général au particulier, n’est-ce pas ainsi que se manifeste l’inclination amoureuse ? On aime d’abord l’idée d’une personne, avant d’aimer la personne.
Il y a chez Visconti ce mouvement naturel des choses, une vérité de tous les plans qui va au-delà du paradigme esthétique propre au néo-réalisme. Le changement de proportion des images s’opère ici par rapport à l’importance émotionnelle des échanges. Ce n’est plus un dialogue, mais une partition. Un crescendo servi avec maestria par des interprètes au sommet de leur art.

Extrait :

Nadia : Et de moi, qu’est-ce que tu penses ?
Rocco
: Rien.
Nadia : Courage, va. Je ne me vexerai pas. Tu peux être sincère.
Rocco
: Bah, je pense… Quel âge tu peux avoir ?
Nadia
: Et c’est tout ? 25 ans et après ?
Rocco
: Tu m’as demandé ce que je pensais.
Nadia
: Tu as raison. Si c’est tout…
Rocco
: Tu es fâchée ?
Nadia
: Pourquoi ? Et qu’est-ce que j’ai pour que tu continues à me regarder comme ça ?
Rocco
: Je te demande pardon, mais je ne sais pas pourquoi, tu me fais tellement de peine.
Nadia
: Voilà un compliment choisi ! Te frappe pas, c’est la fatigue. Tout compte fait, j’ai pas eu des vacances tellement folichonnes. Et ce qui m’attend n’est pas tellement marrant non plus.
Rocco
: Mais pourquoi dis-tu ça ? Chacun peut avoir la vie qu’il veut s’il le veut vraiment. Mais il ne faut pas avoir peur et toi, tu as toujours l’air d’avoir peur.
Nadia
: T’es un drôle de numéro, toi ! Il vaut mieux que tu ne me dises plus rien, tu sais. Tu vois l’effet que ça me fait.
Rocco
: Tu préfères que je m’en aille ?
Nadia
: Tu es bête. Raccompagne-moi jusqu’à la gare. Et ne me parle plus de moi parce que c’est le genre de conversation qui me déprime. Et à ma place, qu’est-ce que tu ferais ?
Rocco
: J’aurais confiance. J’aurais plus peur. J’aurais vraiment confiance.
Nadia
: Et en quoi ?
Rocco
: Je ne sais pas. En tout !
Nadia
: En toi aussi ?
Rocco
: Oui, en moi aussi.
Nadia
: Tu viendras me voir à Milan ? Tu arriveras peut-être à m’apprendre à ne plus avoir peur.
Rocco
: Oui. Oui…. (Leurs mains se serrent).