28/4/2005 Le regard trahi

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22/4/2005 Austère Cannes



Ma photo de Jim Jarmusch (droit dans les yeux), Cannes 2003.

Quand je vais faire ma valise, dans moins de trois semaines, pour me rendre au Festival de Cannes, j'aurai le sentiment d'aller voir mes grands-parents. Du moins, une famille que je connais bien, avec ses rituels, son protocole empesé et surtout, ses figures charismatiques : Cronenberg, Gitaï, Haneke, Van Sant, Jarmusch, Wenders, HHH .... La politique des auteurs pratiquée avec application par les sélectionneurs !
Valeurs sûres, dit-on communément. C’est bien le hiatus ! Je veux être mise en danger, sortir du cadre, en explorer les limites. Ne pas me dire que « je suis en sécurité ici », tandis que je contemple les vignettes d’un album photo trop souvent repassé.
Je ne doute pas de la capacité des cinéastes à se renouveler. D’ailleurs, Gitaï l’a prouvé avec son très expérimental Terre Promise, film suffocant sur le corps prostitué. Mais je voudrais que le cinéma soit définitivement cet art de la friction, qu’il ose se colleter au réel, à de nouveaux régimes d’images. Parenthèse : le Festival Némo, dédié aux images nouvelles, a été une grande déception. Rien d’innovant là-dedans, au-delà du support -le multimédia- brandi haut et fort !
Plus que tout, je crains l’ennui, que la machine à rêves se dérègle pour ne me livrer que de lénifiants cauchemars filmés. Je n’aime pas la sagesse et les conventions. C’est pourquoi, j’ai été comblée par Un Nuage dans le Ciel, film de Tsaï Ming Liang, à sortir en septembre prochain. Encore un auteur me direz-vous ? Assurément ! Mais que cet auteur se pique de filmer une histoire d’amour sur fonds de pornographie, en reculant les limites de son propre système, force le respect. La bande se referme par le gros plan d’une femme pleurant, un sexe dans la bouche. L’histoire qui se noue entre l’homme et la femme emprunte des chemins peu conformistes. Un amour non conventionnel, en somme. Ce que le cinéma se devrait toujours d’être.

18/4/2005 L'oeil en coulisses



"Le style est ce qu'utilise un artiste pour fasciner le spectateur, pour lui transmettre et ses sensations et ses émotions et ses pensées. Celles-ci doivent être ce qui doit être mis en évidence, et non le style. La dramatisation doit trouver son propre style. Elle réussit si elle a réellement saisi le contenu".

Photo et citation de Stanley Kubrick, 1961.

Le cirque vu par Kubrick : lieu du jeu et de la transgression.


14/4/2005 Le soutien-gorge de Mrs Peel

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12/4/2005 All by herself

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09/4/2005 Toujours vivants



Rachel Griffiths dans Six Feet Under

On commençait à se dire que Six Feet Under (saison 4, dimanche soir, Canal Jimmy) sentait sérieusement le chloroforme, quand deux événements coup sur coup sont venus infléchir ce sévère jugement : l’épisode diffusé la semaine dernière et l’annonce de l’arrêt de la série, dont le tournage de la 5è et ultime saison s’achève. Dès lors, le projet de ce petit monument télévisuel prend tout son sens : achever un cycle.
Depuis la saison 3, très mitigée, les personnages évoluaient dans la gangue ouatée d’une vie normative, évidée des débordements passés. Oubliés les excès, muselés les instincts, envolée l’euphorisante étrangeté ! La frontière entre les vivants et les morts s’amenuisait à vue d’œil. Rien ne semblait plus distinguer, en effet, les Fisher des cadavres qu’ils embaument à longueur d’épisodes, inlassablement. Le gel paralysant du conformisme avait engourdi leur manière d’existence, celle qu’on aimait tant, loin des convenances, mais terriblement humaine, au fond. Les héros, que nous avions vus « grandir » sous nos yeux se dérobaient. A moins que ce ne soit nous qui n’avions plus notre place dans ce grand maelström psychologisant ?
Et puis, il y a eu un mort (Lily Taylor/Lisa, épouse de Nate Fisher) et la saison 4 s’est ouverte sur sa mise en terre, au sens littéral du terme. Effet de proximité, nous avions réintégré, sans nous en rendre compte, la famille de croquemorts.
L’épisode diffusé dimanche dernier n’a fait que confirmer ce qu’on pressentait : les personnages tentaient de faire le deuil d’eux-mêmes, de leur ancienne personnalité dévorante. Un échec. «Je crois que je ne changerai jamais » confie l’exubérante Brenda, en post cure de désintoxication. Et la série d’en prendre acte et de retrouver ses fulgurances narratives, son impertinence et sa gravité.
Parce que Brenda, incontestablement le personnage pivot de la série, celui qui lui donne son souffle, ne changera jamais sa nature profonde, mais «fera avec», elle révèle le projet secret de cette série climatique : regarder des personnages composer avec leurs instincts pour se conformer aux attentes sociétales, trouver un moyen terme enfin dans l’acceptation de ce qu’ils sont intimement. Passe sur le visage de l’excellente Rachel Griffiths un sourire triste, presque une manière de s’excuser. Moment d’extrême dénuement et d’une rare beauté.
Six Feet Under s’envisage donc dans un continuum, un tout insécable, à l’image d’une vie. Un cycle s’achève. Le temps de vivre, le temps de mourir…

06/4/2005 Le jeu de Takeshi Kitano









Heureuse et originale initiative que celle de Kitano, invité par les Cahiers du Cinéma, à l'occasion du 600è numéro : proposer à des cinéastes (Bonnello, Van Sant, Rithy Panh...) de raconter une histoire à partir de 4 photogrammes, choisis parmi 69 clichés du cinéaste.
Comme on raffole des concepts chez Contrechamp, je me saisis de ce "ciné manga" et vous le propose.
Bien que n'étant pas réalisatrice, je crois à une pédagogie de la création, bien résumée par l'axiome de Jean Renoir : "regarder un film en étant un cinéaste en puissance" .
A votre tour d'être ce cinéaste en puissance, du moins, un scénariste !

Voici l'histoire racontée par KItano sur ces 4 photogrammes :
" Deux étrangers viennent au Japon dans l'intention de rencontrer des yakusas. Ils rencontrent un yakusa qui possède un katana (sabra japonais). Mais ils sont abattus. De nombreux yakusas assistent à leurs funérailles".

Voici mon histoire :
" Une multinationale organise un recutement, conduit par deux pontes de la boîte. Un yakusa invisible se présente à l'entretien d'embauche. Les deux hommes sont séduits et décident de l'engager sur le champ. Mais l'individu sort une arme et assassine les deux boss car c'est un altermondialiste qui a résolu de décapiter les grands groupes d'affaires mondiaux. On ne retrouve que l'arme du crime et aucune trace d'effraction. Le mystère reste entier tandis que, désoeuvrée, s'ébranle une cohorte de salariés démunis".

A vous de jouer !

04/4/2005 Audrey of light

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01/4/2005 Quizz interdit saison 2 - N°4




C'est le printemps, tout le monde s'effeuille. Dans quel film ? Quelle interprète ?