26/2/2005 Simone Simon a fermé les yeux

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25/2/2005 L'écran dévorant


Self-portrait


Je venais d’éteindre la télévision, après un zapping nocturne rituel. Que fait une cinéphile privée d’images ? Elle les rêve !
«Plus on regarde la télévision, plus on a le sentiment d’être regardée par elle» observait Chris Marker. Sans doute ai-je fait les frais de ce curieux phénomène de réflexivité ? J’étais enfermée dans un programme de télé réalité.
Ce n’est pas tant d’être passée de l’autre côté du miroir qui était effrayant que l’aphasie qui en résultait. Je conduisais une rébellion immobile et sommais mes compagnons de ne plus faire ce qu’on attendait de nous : vivre !
Rigor mortis. Frappés d’immobilisme, nous regardions obstinément la caméra. Ou plus exactement, je me regardais scruter la caméra. Cette anxiogène mise en abîme se corrélait à un terrible sentiment de claustration. Présence muette, j’étais prise dans la glu de l’image et seul mon regard échappait à la doucereuse léthargie ambiante. Le rêve me poursuit depuis.
Tentative d’analyse, volontairement partielle : mon regard caméra est une manière de défi mais pas d’imploration. J’associe cette image à celle de Nina Myers dans 24. Quant au pendant inverse ? Janet Leigh dans Psycho, la scène de la douche. L’héroïne ne nous regarde pas vraiment lorsqu’elle succombe. Son regard est fixe mais la scène se referme néanmoins sur son œil. C’est bien pire : elle tend sa main dans le vide, à l’adresse d’un spectateur invisible. Marion Crane ME tend sa main pour que je l’aide mais je suis impuissante. Jamais il ne m’a été donné d’éprouver aussi violemment le contrechamp que dans Psycho car le contrechamp, c'est moi. Nina Myers, qui regarde à la fois Jack Bauer et le spectateur, se régénère par et grâce à l'image dont elle est une pure production quand Marion Crane est tuée par elle.


23/2/2005 L'homme blessé


Alain Libolt dans La Version de Browning


Vu hier soir La Version de Browning, pièce magistrale dont l’action se situe au sein d’une «public school» dans les années 50.
« En deux heures de temps réel, une fin d’après-midi, le dernier jour de l’année scolaire, Rattigan nous fait assister à l’émergence implacable de la vérité » écrit Didier Bezace, metteur en scène inspiré de ce théâtre de la cruauté.
Au soir de sa carrière, Crocker-Harris, un professeur émérite est renvoyé sans aménité à sa solitude, que trouble un jeune élève plein de sollicitude. Dans un décor unique d’une salle de classe vide, les conventions cèdent progressivement et le mensonge de toute une vie affleure.
Bezace emprunte davantage au cinéma qu’aux canons dramatiques pour nous narrer cette monstrueuse mascarade sociale. L’univers délétère et compassé de l'institution scolaire anglaise m’a d’ailleurs fait penser au troublant Accident de Joseph Losey.
Sorte de huis clos implacable, La Version de Browning avance comme un thriller. A la vacance du décor répondent des dialogues sobres, précis, coupants. Alain Libolt (vu chez Rohmer et Rivette) est tout simplement bouleversant dans son rôle d’homme blessé, drapé dans une douloureuse dignité.
A ne pas manquer.
Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, jusqu’au 25 février.


23/2/2005 Visage-miroir


Fury de Fritz Lang (1936)

"Une méthode souvent appliquée en microdramaturgie consiste à ne montrer que des répercussions. On ne montre pas ce qui est vu, mais celui qui voit. Nous apprenons ainsi par une seule et même image ce qui s'est passé et comment quelqu'un a réagi. "
(extraits de Béla Balazs, Le Cinéma : naissance et évolution d'un art nouveau, 1972, Paris, Payot)


La Féline de Jacques Tourneur (1942)

"Souvent aussi, on s'arrange pour que l'environnement se reflète, au sens littéral, dans le gros plan. Ces reflets sont devenus chose banale. Mais de temps à autre, ils sont destinés à voiler par une atmosphère émotionnelle la banalité ou la brutalité de la vision directe. Si, par exemple, une femme se jette à l'eau, la vision directe de cet acte serait d'un effet si banal que le tragique de l'affaire n'en serait pas même exprimé. Même les choses les plus effrayantes en soi doivent être montrées d'une manière nouvelle et particulière afin de produire un effet terrifiant." Béla Balazs, L'Esprit du Cinéma, 1972, Paris, Payot

Magie du hors champ.


22/2/2005 Tough ain't enough

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16/2/2005 What's your favorite scary..... ?


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16/2/2005 La nausée

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12/2/2005 Petite mort


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08/2/2005 Quizz interdit, saison 2 - n°3


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07/2/2005 Fétichisme


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Notes  1 - 10 /14